Bonjour à toutes et tous,
Si vous ne le faites pas déjà, en plus de lire Adaptable(s), vous pouvez :
vous former à Accompagner la transformation des entreprises avec l’économie circulaire; la formation de ce semestre commence ce mardi 3 mars pour 8 semaines intenses et en groupe. Vous êtes coaché par le très expert Fabrice Sorin. La prochaine ne sera pas avant octobre. > L’inscription se passe là.
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Fini la promo, place à la lettre de la semaine.
Avant de commencer, peut-être une précision utile pour les lectrices et lecteurs qui ont grandi après les années 90, qu’est-ce que KITT ? Cet acronyme de Knight Industries Two Thousand désignait une voiture mythique issue de la série K2000 en VF, conduite par l’acteur digne d’AB Production David Hasselhoff (visible aussi dans Alerte à Malibu).
Cette Pontiac Firebird Trans Am de 1982 était dotée de ce qu’on appelait à l’époque un ordinateur de bord, et qu’on appellerait aujourd’hui une intelligence artificielle. KITT discutait avec son conducteur, donnait l’itinéraire, se conduisait seule, dépassait facilement les 300 km/h (ne me dîtes pas que la vidéo était juste accélérée !?), faisait des blagues, échangeait via la montre de son conducteur quand il était à distance, mettait la musique qu’on lui demandait et bien d’autres trucs incroyables et inaccessibles pour l’époque.
Messieurs, Dames, qui avez vu la série comme moi, je suis obligé d’avouer que cette introduction était nécessaire pour les plus jeunes… Mon rapide sondage auprès d’une partie plus jeune de mon équipe m’a rappelé que les années passaient plus vite que je ne voulais bien l’admettre…
Toujours est-il que cette série nous donnait une vision du futur tellement cool que j’étais un grand fan. Certes, les scénarios et effets spéciaux ont très mal vieilli mais mon œil n’était pas aussi exigeant que maintenant. Dans chaque épisode, la technologie nous apparaissait surpuissante, facilitatrice mais surtout bienveillante.
Back in 2026.
Mon regard sur la technologie a bien changé. Sans être un gros geek, j’estime que j’ai toujours eu un regard ouvert sur la technologie comme un moyen utile pour faire avancer Circulab sans pour autant tomber dans l’excès.
Je ne suis pas là pour survendre l’IA ou vous décrire l’apocalypse. Pourtant, l’IA générative a débarqué en novembre 2022 dans nos vies. Un peu plus de 3 ans. Mais déjà, nous comprenons collectivement que cette technologie est en train de tout chambouler :
les cols blancs que ce soit chez Microsoft, Amazon, Accenture, McKinsey et j’en passe sont licenciés à tour de bras.
le passage à l’IA incite ces mêmes entreprises à ne plus recruter de jeunes diplômés à minima aux États-Unis, et peut-être même déjà en France.
les impacts cognitifs de l’IA semblent exister, une première étude du MIT donne des signaux peu encourageants mais à confirmer car l’échantillon n’est que de 54 personnes… mais si déjà l’utilisation de Google Maps éteint certaines parties du cerveau, je ne vois pas en quoi l’IA pourrait être moins néfaste.
les tensions géopolitiques ne font que commencer, les USA et la Chine se battent sur les puces, les modèles et les chercheurs sur le sujet.
les investissements IA de plus de 250 milliards de dollars rien qu’en 2025 tendent à concentrer encore un peu plus les moyens dans les mains de quelques uns.
les impacts énergétiques de l’IA sont délirants, même Sam Altman, le patron
irresponsabled’OpenAI a reconnu en mars dernier que leurs serveurs fondaient par moments ou Microsoft et Google prévoient de brancher directement leurs data centers sur des réacteurs nucléaires.l’ONU vient de déclarer le monde en faillite hydrique mais l’impact en termes d’eau utilisée par l’IA est là aussi hallucinant. D’ici 2027, la consommation pourrait représenter 4 à 6 fois la consommation de la population du Danemark.
Vous avez probablement encore plein de faits incroyables sur l’IA mais lorsqu’on en revient à notre position de dirigeant ou dirigeante d’entreprise, comment gère-t-on le sujet ?
Je suis tellement partagé sur le sujet que je ne vais qu’exprimer mes doutes actuels, déjà un peu exprimés il y a deux ans déjà avec Justine dans ce debrief.
Comme dans beaucoup d’entreprises je suppose, nous utilisons l’IA pour des usages disons introductifs : lancer des recherches, rédiger des synthèses, chercher des idées ou encore assurer des relectures de documents.
Après avoir testé ChatGPT pendant 2 ans, nous avons coupé notre abonnement et sommes passés à Euria, la solution proposée par notre hébergeur Infomaniak. Solution basée en Suisse, 100% alimentée par de l’électricité renouvelable et qui récupère la chaleur pour chauffer des logements. L’impact de nos travaux est considérablement réduit et on reste cohérent par rapport à ce qu’on défend.
Personnellement, je garde le réflexe de faire par moi-même d’abord et si besoin, je m’aide ensuite de l’IA. Même cette newsletter est écrite la plupart du temps à la main, sauf quand je suis à la bourre comme ce soir, là je suis déjà sur mon clavier… et la relecture est faite disons 2 fois sur 3 par l’IA.
Chez Circulab, on a aussi des usages un peu plus poussés de l’IA. Nous avons automatisé quelques aspects de notre veille pour bien catégoriser ou résumer des exemples de façon à les retrouver plus facilement. Nous avons aussi utilisé l’IA pour des vidéos de formations que nous devions traduire dans d’autres langues ou même générer des sous-titres par exemple.
On teste petit à petit en se posant toujours la question de l’utilité avant de foncer tête baissée. On automatise déjà beaucoup, merci pour le no code, mais remplacer par l’IA, on le fait principalement sur les choses hyper chronophages comme les retranscriptions d’entretiens par exemple.
Mais jusqu’où aller ? Nous avons produit et accumulé depuis 14 ans des tas de contenus sur l’économie circulaire et la résilience des entreprises. L’IA pourrait redonner une nouvelle utilité à nos formations, livres, exercices, veille sur les business models, newsletter et autres podcasts. N’importe quel.le professionnel.le pourrait y avoir accès et aurait une réponse instantanée basée sur ces contenus. Nous pourrions faire partie à notre échelle de ceux qui bénéficient de l’IA.
Alors nous rentrerions pleinement dans la course. En donnant en même temps aux GAFAM nos contenus et en nous rendant pleinement dépendants, cela nous rendrait finalement obsolètes dans quelques temps.
Mais en même temps, sortir de la course alors que d’autres peuvent se lancer aussi, n’est-ce pas là aussi se mettre de côté à plus ou moins court terme ?
Faut-il résister seuls contre tous ?
L’intelligence artificielle change en profondeur notre système. La dynamique est lancée et je ne vois pas comment elle pourrait s’arrêter mis à part si un accident majeur advenait. Notre écosystème humain et vivant devient de plus en plus fragile, de nombreux jobs deviennent obsolètes et cette techno réduit notre adaptabilité individuelle et collective.
Être une entreprise adaptable aujourd’hui, est-ce rester dans la course qui mène collectivement dans une impasse ou proposer une autre voie au risque de disparaitre seul ?
J’ai beau retourner le sujet dans tous les sens, j’ai beaucoup de questions et peut-être qu’une simple conviction : notre responsabilité n’est peut-être pas d’aller plus vite mais de rester capable.
KITT et les années 90 me manquent un peu parfois, l’insouciance de l’époque m’imposait moins de questions profondes. Heureusement, en 2026, vous êtes là et vos retours sur la question m’intéresseront grandement.
J’ai quand même essayé de rédiger, en repartant de MO-D-R-A-C, mes quelques conseils habituels avec encore des précautions d’usages étant donné mon faible niveau de certitude, vous l’aurez compris.
Repartir de la raison d’être de son entreprise et questionner les usages de l’IA par rapport à ses impacts économiques, sociaux ou environnementaux par exemple. Qu’est-ce que nos usages vont provoquer à court ou moyen terme ? Plus de positif ou plus de négatif ?
Adopter l’IA en gardant la capacité de savoir faire par soi-même. L’IA vous aide, elle vous assiste, mais si elle vous remplace, posez-vous régulièrement la question : êtes-vous toujours capable d’exécuter cette tâche en autonomie ?
Garder la main sur le rendu final, c’est une partie de vos capacités d’analyse et de jugement qui se jouent ici, l’IA a aussi pas mal d’hallucinations quand elle s’y met.
Cultiver ce qui fait de nous des humains. Cultiver ce qu’aucune IA ne pourra jamais faire : rester créatif, créer sans cesse, faire émerger de nouvelles choses (puisqu’elle ne fait qu’avec ce qui existe déjà) et créer du lien et de la cohésion entre les humains comme Circulab le fait autant que possible chez ses clients et dans son écosystème.
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