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Transparente · Jul 5, 2026

La décision radicale que j'ai prise pour arrêter d'être absente à ma propre vie

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Déborah Laurent · Transparente

Je suis mère d’un enfant de 10 ans, installée à Los Angeles, et ici, j’explore les zones floues - celle entre l’enfance et l’adolescence, et celle que l’on traverse à 40 ans. Chroniques d’une femme, mère et journaliste, qui essaie de comprendre le monde, son monde, alors qu’il part en vrille.

Nous sommes le vendredi 3 juillet 2026 et aujourd’hui, c’est le premier jour du reste de ma vie… sans scroll.

Je vous explique plus bas ce que j’ai mis en place - et qui est un peu drastique. Mais avant, un peu de contexte et le triste constat que je fais de moi.

Le sujet des réseaux sociaux revient régulièrement dans cette newsletter.

Je vous en parlais ici: Je gagne ma vie avec les réseaux sociaux. Mais pas comme vous l’imaginez! Ou encore ici: Les commentaires horribles que je reçois sur les réseaux sociaux impactent ma parentalité

C’est vous dire comme ça m’impacte. C’est vous dire la place terrifiante que ça prend dans ma vie. J’ai l’impression d’être une addict qui passe aux aveux. Mais ça suffit de me voiler la face.

Instagram impacte mon humeur et ma concentration.

Ca fait des mois que je finis mes journées en ayant l’impression de n’avoir rien fait, parce que je suis interrompue sans cesse par mes propres réflexes. Par mon pouce qui glisse malgré lui, emporté par la vie des autres.

Je regarde l’heure sur mon téléphone, je me retrouve à perdre 30 minutes sur Instagram et je me rends compte que je n’ai même pas jeté un oeil à l’horloge.

Je n’ai plus jamais l’esprit tranquille. Plus jamais la sensation d’avoir fait ce que je devais faire. Ce divertissement en continu a réussi à faire vriller mon cerveau: il croit désormais que c’est normal de ne jamais s’arrêter.

J’ai un grand garçon désormais qui ne se prive pas pour mettre le doigt sur mes comportements problématiques. Qui me fait remarquer que je ne l’écoute pas quand il me parle.

Il me raconte un truc et je plonge la main sur mon tel qui vient de vibrer pour donner la prioriété au message que je viens de recevoir.

Je tends vaguement une oreille et je ne le regarde pas. Je fais preuve d’une impolitesse monstrueuse, que je ne supporterais ni de sa part ni de personne. Je suis là sans être là.

Je suis absente à ma propre vie.

Evidemment, j’ai déjà essayé de m’empêcher d’y aller.

J’ai déjà envisagé d’ôter les applications problématiques de mon téléphone mais je ne me souviens jamais de mes mots de passe, du coup, je n’ose pas.

J’ai déjà défini une limite de temps pour certains app sur mon iPhone. Mais il suffit d’appuyer sur un bouton pour la faire sauter.

Je me suis rendu compte que j’avais passé trois jours sans réseau, à Yellowstone dans le Wyoming, et que rien ne m’avait manqué. Je n’avais pas l’urgence de poster, encore moins celle de voir ce que les autres faisaient.

Je n’avais pas peur de manquer quelque chose de vraiment important: mes proches ne me parlent jamais via Instagram. Tout le monde passe par Whatsapp.

Pendant ces trois jours-là, j’ai eu le temps de lire deux bouquins qui me faisaient de l’oeil depuis longtemps (je vous en parle plus bas). J’ai joué aux cartes avec Ezra. J’ai fait griller des chamallows.

La vie, donc.

Ce matin, après avoir lu quelques commentaires d’énervés du bulbe sur mon compte Insta Enjoy California qui excite quotidiennement une tripotée d’imbéciles et constaté qu’une fois encore ça impactait mon humeur, j’ai pris une décision radicale.

Read the original on seayouson.substack.com

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