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Peggy Wihlidal · Dec 17, 2025

L'irréprochabilité des femmes : ce piège.

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Peggy Wihlidal · Peggy Wihlidal

Cette newsletter est l’objet reporté de to-do en to-do depuis 6 mois. Est-ce que j’ai mis 6 mois à l’écrire ? Bien sûr que non : bien davantage (impression ressentie : 18 mois).

Je m’y suis accrochée car j’aime tout à la fois son format - qui permet la nuance et l’exploration, la liberté qu’elle offre - à la fois relativement aux contenus partagés, à la fréquence et la non-dépendance vis à vis d’un algorithme qui me déteste, l’objet lui-même - comme un journal virtuel qu’on déplierait en ne lisant qu’un article ou l’autre et parfois même, pas l’article entier mais qu’on aurait plaisir à lire.

Et si j’ai mis si longtemps à le sortir, c’est parce que j’ai beaucoup lutté.

Avec moi-même évidemment.

Mon perfectionnisme, ce meilleur ennemi.

Avec mon cortisol aussi - qui me fait beaucoup procrastiner (et vice-versa).

Ça a été long aussi parce que j’avais envie d’y mettre tout mon coeur (mais que ce n’est pas possible), et mon envie de vous apporter quelque chose qui puisse trouver une place dans vos cerveaux surchargés - quelque part entre la découverte, l’information et le plaisir - je fais le vœu d’y parvenir, petit à petit.

Je souhaite y décliner mon sujet favori. Celui de la puissance des femmes - celles qui sont absolument irréprochables en tout - et qui ont besoin de se construire un autre monde où avoir leur juste place.

Ce serait donc quelque chose comme la newsletter des femmes qui cherchent à comprendre et réussir selon leurs propres règles - j’y décrypterai donc les mystères de leur puissance invaincue.

Bref, merci de me lire, parcourir, partager, aimer ou détester.

Florence (non, ce n’est pas son vrai prénom) est cadre supérieur dans une industrie aéronautique chargée des relations extérieures . La forte pression mise sur les salariés et la concurrence entre eux est au cœur de toutes les interactions.

Elle est brillante et va très vite en tout - son chef, qu’elle a en horreur, lui confie de plus en plus de missions dont elle s’acquitte sans ciller et avec brio.

Elle prend aussi à sa charge beaucoup de tâches qui dépassent sa fiche de poste en matière de ressources humaines, de planification et parfois aussi de stratégie.

Ça fait 5 ans qu’elle est en poste - elle est reconnue par sa hiérarchie, surtout pour son caractère affirmé (on dit qu’elle a mauvais caractère), mais n’est toujours pas promue, ni augmentée.

Elle est épuisée, dort de moins en moins et de plus en plus mal. Il lui arrive de pleurer sur le chemin du retour. A la maison, elle est sur les nerfs et son mari est de plus en plus en colère face à son irrascibilité et démuni face au malaise qu’il sent chez elle.

Elle voudrait changer de job mais son salaire est indispensable à l’équilibre familial. Elle refuse de voir les symptômes d’épuisement qui sont les siens.

Elle se pense responsable de la situation qui lui semble inextricable.

C’est là que j’interviens - et je n’ai ni cape ni potion, la preuve :

Alors j’ouvre grand mes deux oreilles et je reformule ce que j’ai compris.

Florence deviendra comme ma patiente zéro - et je lui en suis infiniment reconnaissante.

Car son histoire dessine un motif que je vais retrouver chez beaucoup de mes clientes. En fait, chez presque toutes.

Les femmes cadres les plus brillantes sont épuisées par leur propre excellence.

Depuis toujours, elles s’acquittent de toutes les missions qu’on leur donne avec honnêteté et pertinence, y compris quand elles sortent de leur premier domaine de compétences. Elles atteignent leurs objectifs et donnent l’impression que tout leur est facile.

Le truc un peu magique, c’est que cette méthode de travail forge leur réussite en même temps que celles de l’entreprise.

En parallèle, elles évoluent sous le poids de la charge mentale domestique de plus en plus lourde à mesure qu’elles avancent en âge.

La charge mentale est le fardeau cognitif résultant de l’organisation, de la gestion et de la coordination de tâches, souvent non rémunérées ou sous-évaluées.

Le concept a émergé de recherches en psychologie sociale et organisationnelle, notamment des travaux de Christine Delphy (1970) sur le travail domestique et Susan Walzer (1998) sur les tâches domestiques invisibles.

Aujourd’hui, on estime que la charge mentale affecte particulièrement les femmes, qui effectuent 76,2% du travail non rémunéré (OIT, 2020).

50% des femmes (contre 39% des hommes) voient la charge mentale comme une source majeure de stress. Ce qui est plutôt logique quand on sait que les femmes passent 3h20 sur des tâches domestiques (contre 2h16 pour les hommes, OCDE, 2020).

Olga de Amaral - Fondation Cartier - 2025

Le phénomène que j’observe dépasse la sphère de l’intime.

Les femmes portent, de manière subreptice et néanmoins réelle, une charge professionnelle cognitive au fonctionnement similaire à la charge domestique.

Dans le cadre de l’entreprise, les femmes répondent toujours présentes - qu’il s’agisse de finir un dossier en urgence, de donner un coup de main à l’organisation du pot de départ de Catherine ou de la présentation à préparer pour le n+2.

Au final, c’est sur elles que repose en grande partie la réussite de l’entreprise.

On leur en demande toujours plus.

Considérant que c’est ainsi qu’elles ont tout réussi, elles continuent à accepter.

Et à en faire toujours davantage.

Le cercle est tout droit sorti de l’enfer mais elles tiennent bon.

Le problème survient quand il s’agit de prendre de nouvelles responsabilités - un nouveau poste, plus engageant, plus stratégique, plus visible.

Cette habitude d’être irréprochables en tout, de se charger de chaque mission comme si leur vie en dépendait, leur a bien réussi depuis leurs études.

Mais elle les rend profondément fragiles.

En tant que leader, il convient de déployer (entre autres) un niveau supplémentaire de

  • vision

  • d’anticipation

  • et de capacité à décider.

Or, la surcharge cognitive, ce poids réel sur leurs épaules, les empêche de le déployer.

La hiérarchie, le système, leurs pairs ont beau faire et leur demander d’être

  • plus combatives

  • plus audacieuses

  • plus assertives,

Plus rien n’y fait - ça ne passe plus.

Il y a trop à porter. C’est trop lourd.

C’est là qu’il convient de créer un nouveau modèle.

Il commence par un allègement - et croyez-moi, il y a matière.

Prendre rendez-vous pour en parler

Et sinon - et cela à tout à voir - j’organise une retraite yoga-coaching, échappée de printemps après celle de rentrée du mois d’octobre dernier, du 22 au 25 mai dans le Morvan avec mon amie Anne Saint-Cirgue - prof de yoga (et bien plus) - et Christelle Klein (naturopathe).

Franchement, ça va être canon : du yoga, de la méditation, de la respiration, des ateliers de partage et d’exploration, des clés de naturopathie.

Pour en savoir plus : contact.echappee@gmail.com.

Et, pour les managers en santé, une formation intensive “Leadership et projet en santé” les 26 et 27 mars prochain.

Avec Adeline Jenner - consultante de haut vol, et avec deux guests stars.

Deux jours pour décharger et recharger les batteries : on va parler management de projet, leadership et capital santé dans un cadre magnifique.

Pour en savoir plus : peggy@troisieme-lieu.com

C’est ici que s’arrête cette première newsletter et j’aurais très envie de la faire durer un peu plus. La prochaine en janvier - vœux, champagne et nouvelle année. Youpi.

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