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Cette semaine, nous parlons musique, ressenti de l’effort et plaisir.
Nous allons voir comment la musique agit comme un “hack” sur notre perception de l’effort.
Petite nouveauté aujourd'hui : je vous propose une mini-rubrique en fin d’article avec quelques contenus sélectionnés pour aiguiser votre curiosité 💡
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La musique empêcherait de se concentrer sur l’effort, d’être à l’écoute de soi et inhiberait notre capacité à profiter du paysage en trail.
Pourtant, en trail, qui dit musique dit aussi départ de l’UTMB et détonation de Conquest of Paradise.
La majorité des coureurs et des suiveurs attendent ce moment car il décuple les émotions, offrant aux athlètes un supplément de motivation bien réel.
Les hymnes nationaux lors d’une rencontre de sports collectifs jouent exactement le même rôle : plus généralement dans nos vies, nous constatons que la musique modifie ou accentue notre état émotionnel face à une situation.
Preuve en est : la Fédération Française d’Athlétisme interdit le port d’écouteurs lors de ses épreuves.
Et la science confirme ce que ressentent les athlètes de tous niveaux : le ressenti de l’effort est positivement impacté par la musique.
Une revue de littérature menée par Karageorghis et al. vient d’ailleurs confirmer ce que nous ressentons :
À des intensités faibles à modérées (endurance fondamentale et proche du premier seuil), la musique réduit la perception de l’effort de 10 %.
L’amélioration du ressenti de l’effort reste la même, que vous choisissiez vos morceaux ou qu’ils soient imposés.
Quelle que soit l’intensité, la musique améliore l’état émotionnel (le plaisir ressenti), même si cet impact varie selon les individus.
Enfin, la musique a un effet “ergogénique” : elle améliore concrètement la performance physique sur une large variété d’exercices, tout particulièrement lors des efforts sous et proches du premier seuil.
Je cite les auteurs :
Un effet ergogénique est manifeste lorsque la musique améliore la performance à l’exercice, soit en retardant la fatigue, soit en augmentant la capacité de travail.
Typiquement, cet effet se traduit par des niveaux d’endurance, de puissance, de productivité ou de force plus élevés que prévu (Karageorghis, 2008).
En ce sens, la musique peut être considérée comme un type de drogue légale améliorant la performance.
Les effets psychologiques de la musique sur l’exercice incluent la manière dont la musique influence l’humeur, l’émotion, l’affect (sensations de plaisir ou de déplaisir), la cognition (processus de pensée) et le comportement.
Il n’est pas très intéressant de quantifier le pourcentage d’amélioration de la performance grâce à la musique.
Le papier mentionné ci-dessus ne traite pas uniquement de la course à pied et encore moins des épreuves longues (marathon et ultra-endurance).
Par contre, il faut mettre ces résultats en regard des travaux de Groslambert sur le pacing. 👇
👉 Le modèle de régulation de l’allure de Groslambert et al.
Ils ont modélisé la façon dont les athlètes d’ultra-endurance gèrent leur effort.
En résumé : l’allure à un instant T est le fruit d’un calcul que notre cerveau met à jour en permanence pour optimiser notre dépense énergétique et s’assurer que l’on franchisse la ligne d’arrivée ou que l’on optimise le temps pour y parvenir.
Ce calcul prend en compte les données objectives (kilomètres restants, dénivelé, technicité…), et une donnée subjective : notre réserve de motivation.
Imaginez cette réserve comme une jauge. Elle représente l’écart entre deux éléments :
Votre plafond de tolérance maximal : le niveau de souffrance/d’inconfort maximum que vous êtes capable d’accepter mentalement (ce plafond est également mis à jour durant l’épreuve).
Votre état émotionnel à l’instant T : comment vous vous sentez là, maintenant (un état fortement dicté par votre niveau de plaisir et la pénibilité perçue de l’effort, le RPE).
Plus l’écart entre ce que vous ressentez (l’instant T) et ce que vous pouvez supporter au maximum (le plafond) est grand, plus la difficulté de la tâche est basse, plus la capacité à réussir la tâche renforcée, et plus la capacité à maintenir l’allure ou l’augmenter renforcée.
Dans le modèle de Groslambert, la musique vient agir directement comme un levier sur l’état émotionnel. En augmentant le plaisir ressenti, elle abaisse la perception de l’effort (le RPE).
L’état émotionnel à l’instant T s’améliore et s’éloigne de votre plafond de tolérance maximal, qui lui aussi peut être rehaussé.
Suivre son intuition et son plaisir.
Ce serait très prétentieux et peut-être même contre-productif de proposer des protocoles précis afin de savoir quand écouter sa musique.
Les quelques éléments que je vous ai partagés permettent au moins de comprendre un peu mieux les mécanismes motivationnels à l’œuvre lorsque vous écoutez un son que vous appréciez tout particulièrement.
💡 Quelques contenus à lire, voir ou à suivre
🎥 La rencontre Baptiste Chassagne x Vincent Luis
Notamment sur l’importance de l’état émotionnel sur la performance et les blessures, minute 52.
📖 Ben Dhiman présente sa préparation hivernale en vue de la Transvulcania 70K
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À très vite,
Maxime 😉

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