Bonjour 👋
En novembre 2025, j’ai senti que mon toucher devait évoluer : devenir plus structuré, plus thérapeutique, pour accompagner au mieux des femmes épuisées, surmenées, parfois en rupture avec leur corps - jusqu’à ne plus l’écouter que lorsqu’il crie.
Devenir une shiatsushi accomplie, c’est un peu comme passer un cap en musique ou en sport : à un moment, la “technique de base” ne suffit plus. Quand la complexité des histoires et des symptômes augmente, il faut affiner, approfondir, pratiquer davantage - et accepter de redevenir élève.
Alors j’ai plongé dans un stage intensif. Et ce que j’y ai vécu a fait plus que me former : cela a réveillé ma soif d’apprendre… et m’a donné l’élan de devenir une meilleure praticienne.
Au sommaire :
Un stage intensif qui porte bien son nom
Un planning dense et discipliné
Prendre conscience de son propre luxe
Place à la digestion
La puissance des synergie
Un nouveau défi à 5 ans
Bonne lecture, on se retrouve à la fin.
Le stage intensif de Lembrun est celui qui me générait le plus d’anxiété. J’en avais déjà entendu parler l’année dernière mais j’avais peur d’y aller et de ne pas me sentir à la hauteur. Je voyais cette expérience comme une semaine en immersion chez shiatsushi d’élite et j’avais peur qu’on me dise ou fasse sentir que je n’y avais pas ma place.
60 heures en 5 jours par canicule et avec 60 personnes. C’est rude.
Chaque pause m’a permis d'apprécier les moment de rien, des moments de silence, d’observation et d’inaction.
C’est le thème qui m’a convertie : Les émotions, les traumatismes et les troubles psychiques.
Je savais que j’allais pouvoir mettre en pratique en cabinet tout ce que j’ai appris alors peu importe l’inconfort, l’anxiété et le manque de matériel, j’avais l’essentiel.
En 5 jours, nous avons parcourus :
les 7 émotions,
la psyché chinoise face à l’inquiétude,
l’anxiété et l’angoisse,
les émotions par catégories,
le manque de confiance en soi,
l’amour possessif,
la culpabilité,
les troubles de l’attention avec hyperactivité,
les TOC,
les traumatismes,
la honte, (j’avais écris la newsletter #12 à ce sujet)
la bipolarité,
l’histoire de la naissance de la médecine traditionnelle chinoise.
Chaque sous-thème a son protocole de shiatsu. Nous n’avons pas pu aborder tous ces sujets en profondeurs. Il faudrait un stage par sous-thème et encore car la théorie ne sert à rien si l’on ne pratique pas avec le toucher.
Nous commencions par une méditation en zazen à 6h30 et à 21h pendant 30 minutes.
Le Zazen est une méditation assise face à un mur pour entrer en pleine conscience et ne pas être tentée de regarder les gens et l’environnement. Habituellement, on ne parle pas mais là, chaque méditation était guidée car elle était liée à une émotion. Je me suis plusieurs fois assise face à une fenêtre ouverte et au lieu de fermer les yeux, j’ai vu la beauté des levers des soleil sur la pinède au chant des oiseaux.
La méditation entraine notre esprit à rester centré et créatif et garde notre cœur ouvert.
Puis de 7h à 8h, 1h était consacrée au renforcement musculaire (l’un d’entre eux m’a valu 3 jours de vives courbatures aux quadriceps. Je ne ressentais plus que ça.) ou assouplissements et étirements ou qi gong. Le corps et l’esprit sont les outils des shiatsushi. Nous nous devons de les entretenir car c’est par cette discipline que nos shiatsu sont plus précis et soutenant.
De 8h à 9h, nous prenions notre petit-déjeuner tant attendu. Nos repas étaient végétariens et préparés au domaine de Lembrun par un chef et son équipe. Chaque plat était un délice pour les estomacs affamées.
Nos cours et nos pratiques étaient au coeur de nos journées, de 9h à 12h et de 14h à 18h. Chaque jour avait son thème et certains témoignages de cas vécus en cabinet (comme les traumatismes) nous ont brassés. Un silence pesant s’ensuivait et nous poussions parfois des exclamations d’effarement. Certaines personnes nous rendent empathiques
Nous parlions de psychologie classique, de médecine chinoise, de tableaux pathologiques, d’histoire de la médecine chinoise et bien sûr de shiatsu.
À 21h, nous étions de nouveau en méditation pendant 30 minutes. Elle clôturait la journée et nous permettait de redescendre en énergie pour nous aider à dormir et recommencer le lendemain à 6h30.
Tout ce planning s’est répété pendant 5 jours entiers sous une chaleur étouffante. Imaginez 60 personnes dans un petit dojo par 38-40°C.
Une étuve.
L’air et nos corps sont moites voire même liquéfiés. La concentration et la pratique sont difficiles. Face à la fatigue, c’est notre force mentale et notre discipline qui prenaient le relais.
Nous accueillions chaque pause avec bonheur et en profitions pour nous rafraîchir dans la piscine. Nous avions tellement chauds que voir des volutes de vapeur s’échapper de nos corps en entrant dans la piscine ne m’aurait par surprise. Ont aurait pu entendre des pschhh.
Une des shiatsushi du groupe a fait plusieurs séjours humanitaires avec une école de shiatsu au Bénin. Elle m’a dit qu’avec cette canicule de début juillet, il faisait aussi chaud à Agen que là-bas au Bénin. Sauf que là-bas, cette chaleur dure sur toute la saison sèche pendant 4 mois, il n’y a pas de piscine pour faire pchhh et la pratique se fait sur un tissu recouvrant un sol en béton.
Les femmes qui viennent y apprendre le shiatsu viennent quand elles le peuvent, souvent avec un bébé sur le dos et une poule dont la tête dépasse d’un sac. Dans ce pays, s’instruire est un luxe qui peut s’arrêter à tout instant. Beaucoup d’entre elles ont aussi vécu des traumatismes physiques, psychologiques et sexuels liés aux conflits militaires, politiques et religieux.
Peu important l’inconfort dans lequel je me suis volontairement plongée, c’est dans ces récits-là que je que je prends du recul et prends conscience de l’opulence dans laquelle je vis.
Ces femmes forcent le respect et l’humilité.
Cette édition résonne en toi ? Partage-la à deux personnes fatiguées autour de toi.
Après le stage, j’ai passé 4 jours en famille dans le Limousin. Je me suis imposée deux jours de repos avant d’accepter les demandes de soin de ma famille. Leurs demandes se font parfois à demi-mots face à moi : j’ai mal aux pieds, je suis bloquée à la nuque, j’ai mal au bassin. Il y a la peur de déranger, mais l’espoir de recevoir.
Je suis devenue la rebouteuse de la famille et quelque part, c’est la place que je me suis donnée et j’aime ce rôle. On ne peut pas prétendre vouloir soulager la souffrance des gens si on refuse notre aide à nos plus proches.
Après tant d’intensité, j’ai ressenti un contre-coup et une grosse lassitude. Je fais face à un plateau d’apprentissage où tout se mélange et où je ne me fais plus confiance. Dans ces moments-là, ce sont les autres qui me sortent de ma rumination par leur visage délassé, par leur corps assouplis et par leurs partages de “ ah ça m’a fait du bien ces pressions juste là. Je sens que mon corps s’est étiré et que le brouillard dans ma tête s’est dissipé. ”
Leurs retours me rassurent. Si eux se sentent mieux après un shiatsu voire plusieurs semaines après, alors c’est que cela fonctionne.
Ce plateau est une phase de digestion lente. Quand il passera, j’avancerai encore d’un pas sur la voie du shiatsu.
Ce stage m’a fait sentir plus ancrée, plus confiante dans mes capacité à accueillir des cas plus complexes. J’en ressors avec la certitude de prendre le bon chemin.
Quand on commence une activité, le plus important est de s’en acquitter consciencieusement. Le plus important est d’accumuler sans cesse et avec soin de petites expériences.
Bienvenue à la librairie Hyunam - HWANG Bo-reum
En shiatsu, nous avons avons tous conscience de nos limites et du besoin de créer des synergies avec d’autres praticiens. Diététicienne, psychologue, psychiatre, EMDR, ostéopathe, kinésithérapeute, médecins généralistes ou spécialistes, réfléxologue, acuponctrice, shiatsushi, chacun et chacune apporte sa pierre au service de l’être humain.
Créer cette synergie est ma prochaine étape.
Notre pire ennemi est le syndrome du sauveur. Penser que nous seuls pourront sauver l’autre malgré lui et malgré nous-même nous entraîne dans le triangle de Karpman et dans les tranchées de l’épuisement.
Nous voulons être meilleure qu’hier et regarder en arrière avec fierté. Nous ne voulons pas être un touriste mais être un maillon de la santé intégrative.
Les femmes qui viennent me voir souffrent souvent d’un épuisement mental et corporel, combattent un trouble du comportement alimentaire, rejettent un corps qui ne fait pas ce qu’elles veulent, et/ou se reconstruisent après un traumatisme qu’il soit unique et extrême ou larvé de moments répétitifs ou chroniques.
Elles cumulent et ont essayé beaucoup de choses avant de venir au shiatsu. Après plusieurs suivi avec elles, j’ai le sentiment d’apporter du bon par le toucher, de réconcilier des corps avec des têtes et des intestins.
Pour elles comme pour moi, j’ai le sentiment d’avoir trouvé ma place.
Enfin, lors de ce stage, il y a eu les remises de attestations de stage et les certificats des examens post-graduate. Chaque personne qui réussi cet examen est accepté au sein de l’école Ryoho Shiatsu et voyant ce grand livre avec tant de noms écrits à la manière japonaise, je me suis aussi lancée dans un nouveau défi : dans 5 ans maximum, je passerai cet examen et j’intègrerai cette belle école. C’est sûrement mon besoin de reconnaissance qui a parlé mais cette fois-ci, ce sera pour ma reconnaissance de moi à moi.
À toi qui a lu jusqu’ici sans décrocher, je te remercie. maintenant, à ton tour. Raconte l’événement qui a marqué un tournant dans ta vie et qui t’a fait sentir que tu es à la bonne place.
Affectueusement 🌱
Emilie ~ Ma Pause Slow
P.S. : et si tu as d’autres questions, n’hésite pas à les poser en commentaires !
P.P.S. : Si tu es lyonnais·e, que tu veux te soulager du stress et de l’anxiété et retrouver ton calme et ta joie de vivre, découvre mes accompagnements en shiatsu à Lyon sur mon site web ou réserve ta séance directement ici.

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