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Ma Pause Slow · Apr 19, 2026

Les regards croisés du 6B sur le burn out

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Emilie Thoumoux · Ma Pause Slow

Bonjour 👋

Il y a peu, j’ai assisté à une table-ronde sur “ l’éloge du travail, de l’engagement et autres folies ” avec deux psychologues cliniciennes, Rebecca Herzbrun et Blandine Duvilla.

Pendant 2h, elles ont interrogé notre rapport au “bien faire” et à l’engagement. Quand est-ce que ça nourrit, quand est-ce que ça consume ?

Je vous partage les notes que j’ai prise pendant cette table-ronde où tout le monde était libre de participer, poser des questions et partager son ressenti et ses expériences.

Bonne lecture, on se retrouve à la fin.

Groupe de 4 personnes dont Emilie Thoumoux à la montagne avec des raquettes de randonnée
Il y a 2 semaines, j’ai participé au bootcamp annuel d’Entrepreneurs Dans La Ville. Imaginez 150 personnes venues de toute la France rassemblées dans un seul lieu pendant 3 jours entiers, du matin au soir. On a beaucoup partagé et j’ai découvert des projets fascinants. J'ai aussi essayé la rando-raquette avec un guide et j'ai adoré !

Rejoins les 110 personne de cette newsletter et retrouve-moi - presque - chaque mois. Tu pourras aussi faire le premier pas sur la santé mentale, les émotions et la pleine conscience avec Mes 3 outils pour ne plus ruminer une pensée et/ou une émotion désagréable. Dis-moi ce que tu en penses, je suis avide de retours ^^

Nous faisons l’éloge du travail mais quid du vivant ? Nous faisons l’éloge de l’engagement pour son entreprise, mais quid de l’engagement sociétal, de l’engagement familial ?

C’est le genre de question que je ne me suis pas tellement posée depuis que je travaille, soit il y a deux dizaines d’années.

Celle-ci, en revanche, m’a plus fait réfléchir : depuis combien de temps est-ce que je travaille ?

En général, nous répondons que nous travaillons depuis que nous sommes diplômé·e·s. En réalité, nous travaillons déjà depuis notre plus tendre enfance, depuis l’école primaire : “ Travaille bien à l’école “. “ Il faut travailler pour avoir de bonnes notes. “ C’était même sur les bulletins de notes. “ Travaille bien. ” ou “ “ Doit travailler plus. ”

Alors, quel travailleur et travailleuse étions-nous avant même d’avoir un emploi ?

Pour ma part, j’étais du genre à m’investir à fond pour avoir de bonne notes, faire plaisir à tout le monde (sauf à mes camarades de classe qui me voyaient comme une fayotte) et donc être acceptée par les adultes.

Autre question à nous poser : pourquoi le travail social, associatif et domestique ne sont pas intégrés au PIB ? S’ils étaient englobés, cela nous permettrait de relativiser la place de l’emploi rémunéré.

La standardisation qui vient du monde de l’industrie manque de souplesse et de compréhension des réalités des autres fonctions. C’est l’orientation résultat qui intensifie le rythme et cette exigence vide de tout son sens la vocation d’une personne.

Quant à l’engagement, voici ce qu’il interroge : quand on s’engage, est-ce qu’on parvient à rester soi ? Étymologiquement, “ engagement “ signifie mettre en gage. On met en gage notre temps, notre qualité de travail, un résultat. On peut aussi se demander quelles sont les attaches que l’on a avec le travail. Qu’est-ce qui fait sens ?

Les métiers qui ont du sens engagent bien au-delà des horaires de travail. L’enjeu est donc de créer des espaces secours et ressources.

J’ai beaucoup travaillé ces questions lorsque j’allais chez le psychologue. J’avais besoin de remettre en question mon rapport avec le travail et toute ses implications. Je devais en finir avec le besoin de plaire à un adulte pour être acceptée. Je ne pouvais plus me travestir si je voulais respecter mes convictions et mes valeurs.

De manière générale, nous sommes tous et toutes attachées au beau travail et nous avons espoir de nous reconnaître dans une belle tâche accomplie.

“ Toutes et tous ” ne signifie pas que les équipes productives. Cela englobe aussi les managers, les directeurs et directrices de service, les chef·fe·s d’entreprise dont l’engagement va au-delà de l’encadrement.

Être attaché au beau travail, cela signifie que nous pouvons être digne de notre valeur et de notre qualité.

Le revers de la médaille, c’est que beaucoup d’entre nous ne voulons pas entendre les coûts cachés derrière cet engagement. Le burn in - période où les troubles physiques et mentaux s’installent - fait petit à petit son chemin.

Cette édition résonne en toi ? Partage-la à deux personnes fatiguées autour de toi.

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Il est difficile de trouver une distance à la fois juste et sûre. Il est parfois même impossible de continuer et il faut alors trouver un autre chemin pour vivre et nous accomplir.

C’est ce que tous les brûlés d’épuisement ont appris à la dure.

Le problème global est que la relation affective et entretenue au travail est souvent perçue de façon très gestionnaire et non valorisée.

Les chiffres et les indicateurs s’alignent dans des tableaux Excel - old school - ou des logiciels de suivi. Et il y en a à toutes les sauces, pour tous les goûts, avec IA en guise de conseiller.

À mon sens, le plus important est de se rappeler de mettre de la perspective car chacun·e a une vision différente de la qualité.

Si un dialogue équilibré ou un échange avec de l’écoute en amont permettrait d’éviter un burn out. C’est le but de la “ Prévention primaire ” des risques psychosociaux.

Quand on parle d’organisation du travail, on parle beaucoup des conditions et de la rémunération mais très peu sur la manière dont le travail s’organise. Il y a souvent une absence de capacité à parler.

Or, l’enjeu dans le monde de l’emploi et du travail est de ne pas rester seul·e dans sa frustration et de se sentir accompagné·e, épaulé·e.

Les émotions sont toujours présentes mais il y a peu d’intelligence émotionnelles. La question sous-jacente est donc comment le travail participe à une œuvre commune si les émotions et leurs significations ne sont pas entendues.

Comment s’exposer sans que cela soit préjudiciable et ne pas rester bloqué·e ? Comment créer un endroit sécurisant ?

L’enjeu est très fort : pour soigner l’individu, il faut soigner le travail.

C’est le dialogue collectif qui va permettre d’avoir plus de poids que seul lorsqu’une situation se dégrade. Car les visions différentes du travail qui ne se rencontrent pas amènent à des situations dégradées.

Par ailleurs, pour les chef·fe·s d’entreprises et les solopreneurs, le collectif va se chercher à l’extérieur avec des groupes de pairs, des réseaux d’entrepreneurs.

Les personnes sans emploi sont très stigmatisées et il ne s’agit pas seulement de la perte de salaire. Il s’agit de ce qu’on apporte, du projet social imposé.

Ces propos ont résonné en moi : Où est la voix/voie de l’individu ? Et si la personne est malade, veut se reconvertir, assume entièrement les soins d’un·e proche malade ?

J’ai été malade pendant ma formation de shiatsu. J’ai perdu mon emploi, mais je travaillais. J’ai étudié sans relâche, j’ai monté ma boîte - avec tout ce que ça implique d’être solopreneure - j’ai eu mes premiers et premières clientes et j’ai payé l’URSSAF.

Pourtant ça n’était jamais assez dans que je n’avais pas un emploi classique.

Quand j’ai repris un emploi à temps partiel pour respirer financièrement, j’étais fatiguée de cumuler travail salarié et travail en libéral. Par deux fois on m’a dit “ C’est ça de travailler. ”

Nous devrions parler d’emploi et non plus de travail.

Une personne du public a parlé d’un atelier vécu à l’APEC (Association pour l’emploi des cadres). À la question qui es-tu ?, ils avaient interdiction de parler de leur travail et ils devaient se définir autrement.

Ce comportement est très français.

Il y a un fort attachement autour du statut que confère l’emploi qui est très important. Quand on nous demande “ Que fais-tu dans la vie ? ”, nous donnons l’intitulé de notre poste ou bien une explication succincte ou enjolivée selon le cas.

C’est différent en Europe du Nord où il s’agit juste d’une relation contractuelle.

Le travail est une quête de sens sans fin. Une quête qui évolue avec nous.

Pour en sortir, il est essentiel pour la personne de retrouver un espace sécurisé pour commencer à s’apaiser et comprendre ce qu’il se passe pour elle. C’est le travail d’un psychologue. Cela prend à contrepied l’entreprise où l’on ne peut plus se parler.

Attention toutefois, si la recommandation de consulter un psychologue vient de l’entreprise.

Car le moment doit être choisi par la personne et cela peut aussi devenir une façon de déplacer le problème et de se voiler la face sur l’organisation du travail à l’origine du problème.

Comprendre pourquoi il y a tant d’attaches à cet endroit-là demande du temps et de l’apaisement.

Affectueusement 🌱

Emilie ~ Ma Pause Slow

P.S. : et si tu as d’autres questions, n’hésite pas à les poser en commentaires !

P.P.S. : Si tu es lyonnais·e, que tu veux te soulager du stress et de l’anxiété et retrouver ton calme et ta joie de vivre, découvre mes accompagnements en shiatsu à Lyon sur mon site web ou réserve ta séance directement ici.

Read the original on mapauseslow.substack.com

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