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Ludi par écrit · Jun 5, 2026

À partir de quand a-t-on le droit de s'exprimer ?

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Ludivine Meytre · Ludi par écrit

Hello hello par ici !

Comment ça va vous ?

Je rentre tout juste de Terra Quinta, à Lisbonne. Enfin, tout juste… c’était il y a déjà une dizaine de jours, mais bon…

Il me semble en avoir déjà parlé ici mais vous connaissez sans doute cette impression après un break dans son quotidien (ici, une escapade de Pilates) : vous êtes rentrée physiquement, les valises sont défaites, le linge est rangé, les mails ont repris leurs droits, mais où une partie de vous est encore là-bas.

Cette escapade était merveilleuse.

C’était un plus grand groupe de femmes que d’habitude, venues d’un peu partout pour faire du Pilates avec moi évidemment, mais aussi un peu de surf, beaucoup de danse, des massages, des balades matinales et ces longues discussions qui font qu’en quelques jours seulement, certaines ont l’impression de se connaître depuis toujours… et faire des bains de minuit le dernier soir à la fraîche !

J’adore ces escapades je vous jure 🫶

Il n’y a en fait pas vraiment de transition possible entre l’énergie d’une escapade et la reprise du quotidien. On passe du jour au lendemain de 20 femmes autour de soi à son ordi, sa liste de choses à faire, comme attendre à la caisse au Monop, ses rendez-vous pros, ses mails… bref, la vie quoi !

D’ailleurs, à ce propos, je vais vous faire une confidence : la semaine dernière, je n’avais absolument aucune inspiration pour écrire cette newsletter. Rien. Nada.

Alors je me suis concentrée sur mes activités : donner les cours en ligne, reprendre l’organisation des prochaines escapades à Cassis et à Begur qui arrivent ces 2 prochaines semaines, la création de contenus pour les réseaux sociaux avec une fée en coulisses que je ne remercierai jamais assez, le tournage du nouveau Pack… bref, j’ai pas chômé !

Et puis je suis tombée sur une vidéo (pas celle sur la 🍌…j’en reparlerai bientôt)

Alors avant d’aller plus loin, bienvenue dans cette édition #70 de Ludi par écrit où nous allons nous demander à partir de quand on a réellement le droit de parler d’un sujet, de transmettre, de donner son avis ou simplement de l’ouvrir. Je vous parlerai également du live gratuit de demain matin et de la sortie du nouveau pack de Pilates « Se remettre en forme » qui arrive mercredi prochain.

Alors vous êtes installée comme il faut ? Doigts de pied en éventail ou presque ?

Ready ready ?

C’est parti parti !!!

C’est en regardant une vidéo de Vicky Pattison qui rappelait qu’à nos funérailles, personne ne parlerait de votre taille 36, du nombre de calories comptées, des repas sautés, du ventre plat, de l’écart entre les cuisses… on retiendra plutôt les expériences vécues, le week-end à Lisbonne, les fous rires, l’énergie ou ce que les gens ressentaient à votre contact.

Je trouve ce message très beau. Je l’avais déjà partagé moi-même lors d’une ITW parce que c’est tellement ce que je ressens aujourd’hui.

Mais comme souvent, on lit les commentaires sous les vidéos (oui je sais, ce n’est jamais une très bonne idée 😅…).

Et là, plusieurs personnes écrivaient en substance :

“Oui enfin avec le corps qu’elle a, c’est facile pour elle de dire ça.”

On me l’avait dit aussi (sous-entendu : lorsqu’on est grande, blonde, mince, jolie, bien foutue ou que sais-je encore, on n’aurait plus vraiment le droit de parler du rapport au corps.) !

C’est là que ça m’a encore gonflé…Pas à cause du commentaire en lui-même ou de la méchanceté éventuelle derrière (parce que c’est quand même récurent sur Instagram ou les réseaux en général) mais plutôt sur ce que cela raconte.

Parce qu’on peut se demander à partir de quel moment nous avons le droit de parler du rapport au corps finalement…

À partir de combien de kilos ? Quelle taille ?

À partir de combien d’années de souffrance ?

À partir de quelle profondeur de cicatrice ?

À partir de quel moment devenons-nous suffisamment légitime pour prendre la parole ?

Cette question « À partir de quel moment devient-on suffisamment légitime pour s’exprimer, pour exercer ? », on la retrouve dans plein de domaines différents.

La diététicienne qui devrait avoir un corps parfait, puisque c’est son domaine d’expertise… autrement c’est que ses conseils ne fonctionnent pas du tout.

Le dentiste devrait avoir une dentition irréprochable.

Le psychologue n’aurait pas le droit de traverser une période difficile et d’avoir une santé mentale défaillante parfois puisque son métier c’est justement d’accompagner les autres… (ça serait oublier qu’ils doivent tous se faire superviser).

Ahhh et que dire du professeur de Pilates (yoga, gym, fitness…. bref mettez ce que vous voulez à la place) devrait évidemment avoir le corps parfait, être souple, limite contorsionniste et tenir un poirier pendant 2h…

À ce rythme-là, il ne va plus rester grand monde pour transmettre quoi que ce soit je vous le dis 🤣

Evidemment, je pousse le bouchon volontairement loin mais pas tant que ça …

Parce que ce qui me gêne dans cette façon de penser, c’est qu’elle suppose que l’on sait ce qu’une personne a traversé. Or nous n’en savons rien. Absolument rien.

Une personne peut paraître parfaitement à l’aise dans son corps aujourd’hui et avoir passé vingt ans à le détester (Hello me 👋).

Une autre peut sembler très sûre d’elle et être rongée par le doute.

Une autre encore peut parler d’un sujet parce qu’elle est justement en train de le traverser.

Nous ne savons jamais vraiment ce qu’il y a derrière les apparences 😞

Jamais.

Cette réflexion m’a forcément ramenée à mes débuts.

Lorsque j’ai commencé à enseigner le Pilates, il y avait dans ma formation beaucoup d’anciennes danseuses avec ces corps que l’on imagine immédiatement lorsqu’on pense danse classique.

Des corps magnifiques d’ailleurs. Mais qui n’étaient pas le mien.

Je me souviens très bien de cette petite voix qui me soufflait qu’il fallait peut-être cocher certaines cases pour être légitime : avoir telle silhouette, tel niveau, telle souplesse.

Comme si la légitimité se trouvait quelque part à l’extérieur de soi.

Avec le recul, je remercie presque cette croyance. Elle m’a poussée à continuer d’apprendre, à me former, à lire, à chercher et à remettre régulièrement mes certitudes en question.

Car s’il y a bien une chose que quinze années d’entrainement en Pilates et 10 d’enseignement m’ont apprise, ce n’est pas que je sais tout. C’est plutôt que je mesure chaque année un peu plus l’étendue de ce que j’ignore encore.

Et finalement, cette position me convient très bien. Elle oblige à rester humble, nourrit la curiosité et évite de transformer ses opinions en vérités absolues.

Peut-être que la vraie question n’est donc pas de savoir si nous sommes suffisamment légitimes pour parler, mais plutôt de savoir d’où nous parlons.

Parlons-nous depuis une expertise, une expérience personnelle, une observation, une conviction ?

Je ne crois pas que tout le monde soit légitime à parler de tout. Sinon, l’expérience, la formation et le travail ne serviraient plus à grand-chose.

En revanche, je crois qu’il existe plusieurs formes de légitimité.

Et qu’on a le droit de s’exprimer dès lors qu’on est honnête sur l’endroit d’où l’on parle.

La légitimité ne vient pas de la perfection. Elle vient de l’expérience, du travail, de l’humilité et de la capacité à reconnaître ce que l’on sait… comme ce que l’on ne sait pas.

En écrivant ces lignes, je me rends compte que cette histoire de légitimité dépasse largement le simple fait de prendre la parole ou de transmettre quelque chose aux autres.

Combien de fois attendons-nous d’être suffisamment ceci ou cela avant de nous autoriser à faire une chose qui nous attire pourtant depuis longtemps ?

Combien de fois remettons-nous à plus tard un projet, un voyage, une rencontre, une activité ou même un simple cours de sport parce que nous ne nous sentons pas encore tout à fait prêtes ?

C’est probablement pour cette raison que ce que j’observe depuis quelques années, notamment lors des escapades, me touche autant.

Je vois de plus en plus de femmes qui n’attendent plus d’avoir perdu les kilos qu’elles voudraient perdre, d’être plus souples, plus sportives, plus douées en Pilates, plus reposées ou plus confiantes pour venir.

Elles viennent comme elles sont, avec leur énergie du moment, leurs doutes, leurs contraintes, leurs douleurs parfois, mais aussi leur envie d’être là. Ensemble. Et perso, je trouve cela formidable !

Vous savez quoi ?

Personne n’a le bon timing, le bon corps, le bon niveau ou la bonne énergie au même moment. Et bah heureusement moi je dis !

Sinon nous passerions notre vie entière à attendre…

À attendre le bon moment.

À attendre d’être plus ceci ou moins cela.

À attendre aussi une version améliorée de nous-mêmes qui n’arrivera peut-être jamais. Vous savez la fameuse « meilleure version de nous-même »… mais qu’est-ce qu’on s’en moque : nous sommes déjà la meilleure version de nous-même en fait !

Rien que de l’écrire j’ai les boutons qui ressortent partout !

Lorsque j’y repense, cette réflexion rejoint exactement ce dont je vous parlais il y a quinze jours dans la “ludi par écrit #69” où il était question de la guerre que l’on se mène parfois à soi-même.

Cette petite voix qui nous explique qu’il faudrait être autre chose que ce que nous sommes déjà. Un peu plus mince. Un peu plus forte. Un peu plus organisée. Un peu plus disciplinée…

Comme si la vie commençait seulement une fois toutes les cases cochées.

Quel temps perdu ! Quelle énergie dépensée à essayer de mériter une place que nous avons déjà !

Et pendant ce temps-là, on peut observer que beaucoup d’hommes se posent moins de questions. Je caricature évidemment, mais pendant que de nombreuses femmes cherchent encore l’autorisation d’y aller, eux y vont déjà. Sans se poser une seule question… c’est fou non ??

Je me dis souvent que nous gagnerions peut-être à faire la même chose : arrêter d’attendre la permission, arrêter d’attendre d’être parfaites, arrêter d’attendre cette pu*** de version idéale de nous-mêmes qui n’existe que dans notre imagination.

D’ailleurs, j’ai parfaitement conscience de participer moi aussi parfois à ce brouhaha lorsque je vous parle d’un legging que j’adore, d’un maillot de bain, d’une paire de baskets ou d’un partenaire avec lequel je travaille.

Mais aucune de ces choses n’a jamais été une condition pour commencer.

On peut faire du Pilates en pyjama, dans un vieux short qui a connu des jours meilleurs, en maillot de bain sur une terrasse au soleil ou dans le plus beau legging du monde.

On peut même, si cela nous chante, se mettre en mouvement à poil dans son salon, à condition de fermer les rideaux auparavant 😅

Parce qu’au fond, l’essentiel n’a jamais été là.

L’essentiel est de bouger. De respirer grand, de prendre soin de soi, de sourire ou de pleurer .. mais de vivre !

Et surtout de ne pas attendre d’avoir l’équipement parfait, le corps parfait ou les circonstances parfaites pour commencer. BORDEL !!!!!! 🤣

C’est d’ailleurs exactement dans cet état d’esprit que j’ai créé le nouveau Pack qui sortira mercredi prochain.

Parce que nous sommes en juin et que, comme chaque année, les programmes « summer body » et autres transformations express censées changer une vie en trente jours recommencent à pointer le bout de leur nez.

Et franchement… vous savez ce que j’en pense, pour avoir été moi-même très cliente à l’époque de ce genre de délire.

Mais ici, j’ai davantage envie de vous parler d’énergie retrouvée, de régularité, de mouvement, de plaisir et de confiance avec ce nouveau Pack.

J’ai envie de parler de ce que l’on construit dans la durée plutôt que de ce que l’on cherche à corriger dans l’urgence.

Comme beaucoup d’entre vous me disent préférer les packs aux abonnements parce qu’ils permettent d’avancer à leur rythme, j’ai imaginé ce nouveau programme “Se remettre en forme” comme une façon simple de (re)prendre le mouvement là où vous en êtes aujourd’hui. Pas là où vous étiez il y a dix ans. Pas non plus là où vous aimeriez être dans six mois.

Là où vous êtes maintenant. Et basta ! Il conviendra aussi aux abonné.e.s qui ont envie de varier les plaisirs.

Il sort mercredi 10 juin à 8h30 sur mon site, rubrique Packs vidéos

découvrir tous les Packs

Je vous en reparlerai plus en détail la semaine prochaine, mais si vous avez des questions ou simplement envie de bouger avec moi, je vous donne rendez-vous demain matin à 9h sur Instagram pour un cours gratuit suivi d’un moment d’échange (replay sera dispo)

Et pour les abonné.e.s, nous nous retrouverons dimanche sur le tapis pour notre cours de Pilates Stretch à 9h00 en ligne. Je vous rappelle que vous avez une semaine d’essai gratuite si vous cliquez ici

Personne n’a besoin d’être arrivé quelque part pour commencer à se mettre en route.

Que ce soit pour bouger, pour apprendre, pour transmettre, pour aimer….pour vivre !

Allez, on répète encore une fois pour que ça rentre 🤣🫶

Je vous souhaite une bonne journée / soirée et vous embrasse fort.

Le bisou,

Ludi ❤️

Read the original on ludipilates.substack.com

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