Il est trop facile de négliger le charme et l'importance des petits musées d'art locaux, comme celui de Gaillac (Tarn, France) par exemple. S’il est évident que leurs collections ne peuvent être comparées à celles des grandes institutions et que les pièces qui y sont présentées ne sont donc pas parmi les plus connues, ils n’en sont pas moins essentiels à la diffusion de l’histoire de l’art de manière générale, puisqu’on retrouve souvent des pièces dans des styles emblématiques des grands courants artistiques.
Ces petits musées souvent assez intimistes sont particulièrement intéressants à visiter avec des enfants. Plus petits, moins denses, ils vont demander moins de temps et seront moins exigeants en termes de concentration pour les plus jeunes qui pourraient vite être submergés dans les grandes expositions. C’est donc une très belle initiation, souvent peu coûteuse (et même régulièrement gratuite, comme ici avec ce Musée gratuit les deuxièmes dimanches du mois, et pour les moins de 12 ans).
Le château de Foucaud et son parc, construits et aménagés sous Louis XIV, abritent le musée des Beaux-arts de Gaillac. Les collections de peintures, sculptures, arts graphiques et arts décoratifs des XIXe et XXe siècles y sont présentées par mouvements artistiques allant du néoclassicisme à l’après-guerre et sa modernité, avec une part importante donnée à l’impressionnisme et au post impressionnisme. Ses collections sont composées de nombreuses peintures, dessins, estampes et sculptures issues de ces différents courants.
Dans ce petit musée plein de charme, on peut alors retrouver de nombreux portraits, permettant de mettre en avant différents courants artistiques, aussi bien que des représentations artistiques du quotidien de la population locale ou encore des villes et villages environnants. Artistes locaux, ou seulement de passage, plus ou moins connus, les différentes œuvres exposées proposent à la fois un voyage dans le temps à la fois à travers l’urbanisme local, et les différents courants artistiques représentés. Une très belle manière d’évoquer l’un comme l’autre avec les plus jeunes notamment.
J’ai personnellement beaucoup aimé le visiter avec Esther. Le Musée est à petite échelle, ce qui a permis à Esther de rester concentrée tout au long de la visite sans perdre patience ou être trop débordée d’information. Nous nous sommes beaucoup amusées à reconnaître places, ponts et paysages que nous connaissons bien dans leur look d’avant et sous différentes formes. Et il était aussi très agréable de pouvoir lui montrer des exemples de divers courants artistiques, et même de différents médiums. Alors, oui, nous n’avons pas croisé au Musée de Gaillac la “Nuit étoilée” (que ce soit celle de Van Gogh ou celle de Munch), la “Joconde”, et encore moins de grands noms de l’art contemporain, c’est vrai, mais nous n’en avons pas moins passé un excellent moment toutes les deux. Et puis le cadre est aussi très beau, et nous avons pu profiter des jardins du Parc Foucaud en sortant, qui incluent également une aire de jeux pour les enfants.
D’un point de vue politique, utilisons les grands mots, ces petits Musées sont aussi souvent la seule porte d’entrée disponible vers une culture artistique lorsqu’on vit en milieu rural et loin de grandes villes. Tout le monde ne peut pas aller se perdre au Louvre tous les samedis et respirer Orsay tous les dimanches. Tout le monde ne peut pas pousser la porte des galeries du marais à chaque nouvelle exposition qu’elles présentent. Ces petits musées jouent donc un rôle essentiel dans la diffusion de l’histoire de l’art au quotidien, mais surtout au développement du goût pour ce genre d’activité.
En proposant des espaces plus petits, ludiques, liés soit au terroir soit à un artiste ou un courant artistique particulier souvent lié à la région. Je pense ici au Musée Toulouse Lautrec à Albi, ou encore au Musée Goya de Castres par exemple. En poussant plus loin on peut également parler du magnifique Musée Soulages à Rodez, même si le qualifier de “petit musée local” serait une aberration. Ces musées sont le marchepied d’une Culture ouverte à toutes et à tous. Ils sont donc à choyer, respecter, nourrir.
D’ailleurs, si on les mettait plus souvent à l’honneur, peut-être pourraient-ils mettre en place de nouvelles expositions, proposer de nouvelles activités, et attirer des collections plus prestigieuses de temps en temps. Et donc, proposer une introduction à la culture renouvelée et de qualité toujours plus importante pour les populations rurales.
Après Gaillac, nous avons prévu de reprendre la route du Musée Toulouse Lautrec qui a préparé une très belle nouvelle exposition que je suis curieuse de découvrir avec Esther!
Merci de lire House Of Esther! Ce post est public, n’hésitez pas à le partager.

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