RSS Amplifier

House Of Esther · Mar 14, 2025

C'est le printemps…

0
Sign in to vote or save

Clara Mouilleseaux · House Of Esther

Auront la référence ceux qui ont gardé leur âme d’enfant. Mais pour les curieux qui ne l’auraient pas, je vous invite à écouter “le printemps” d’Henri Dès. D’ailleurs, elle refait régulièrement surface sur les réseaux sociaux français dès le début du printemps, elle ne devrait donc pas tarder à accompagner les vidéos joyeuses et pleines d’énergies qui se mettent à éclore à cette période au même titre que les fleurs de cerisiers et les mimosas.

C’est l’énergie qui s’insuffle dans le monde vivant après la période froide et sombre de l’hiver qui invite plutôt au cocooning sous un plaid qu’aux sorties et aux exubérance colorées de la saison suivante. Le printemps c’est les bourgeons, les fleurs, et la vie qui vient frapper à la porte, qu’on le veuille ou non. C’est les rayons de soleils qui viennent nourrir nos coeurs et nos âmes de sérotonine

Si l’on devait prendre des résolutions, d’ailleurs, elles seraient sans doute psychologiquement et socialement plus adaptées à cette période de l’année. Quelle idée de les prendre le premier janvier quand le froid nous coupe encore les jambes! Ce n’est pas pour rien que le printemps est associés aux grands ménages et aux réaménagements. La motivation revient avec les premiers rayons, et les bilans dressés l’hiver, près de la cheminée deviennent possibilités d’action à la lumière de l’équinoxe.

Historiquement, on constate que beaucoup de révoltes, révolutions et rebellions ont fleuris à cette saison. Le printemps, c’est des forces retrouvées pour lutter contre ce qui nous a oppressé, mais aussi la dureté de l’hiver qui s’est accumulée sur nos épaules. Une dureté et une froideur qu’on veut secouer et évacuer. C’est aussi tout simplement pouvoir se retrouver en nombre sans le froid de l’hiver ou la chaleur écrasante de l’été pour entraver les rassemblements. C’est vouloir, comme la Nature, faire muer ce qui nous entoure. C’est l’envie pour les individus, comme pour les peuples, de faire renaître les couleurs.

Les couleurs, le soleil, les températures clémentes, les pluies sous lesquelles on veut courir. Le printemps invite à regarder le monde avec des yeux neufs. A ne plus les détourner ou les baisser. A ne plus se renfermer, au chaud, sur soi. Le printemps invite à désirer, à vibrer, à danser avec la Nature qui célèbre sa renaissance autour de nous. Le printemps c’est l’envie — mais pas la jalousie, non, l’envie comme dans “envie de vivre”, “envie de croquer la vie à pleines dents”.

Pour toutes les raisons mentionnées plus haut. Le printemps c’est ce mélange de rage, de vie, de couleurs, d’amour, de joie, de colère, de changement, d’impulsion, de rires et de volonté. Et cette année le printemps et l’espoir qu’il porte me semble une nécessité, que ce soit sur un plan personnel (avec le besoin de se débarrasser des restes de l’asphyxie d’une relation abusive et toxique) que général et politique. Mon coeur et ma tête s’emparent de ce printemps et s’y accrochent à toute griffe. De la reprise d’activités militantes face aux nouvelles qui font froid dans le dos émanant de partout dans le monde à de petits gestes anodins et quotidiens pour me dégager d’une emprise qui m’avait mise en miettes.

Le printemps et le mois de Mars c’est aussi le mois de la journée de lutte pour le droit des femmes et le mois de l’Histoire des Femmes. Le mois de Mars c’est lire, c’est échanger, c’est réapprendre à se mettre debout, c’est écouter Paris Paloma en lisant Lola Lafon et Titiou Lecoq. C’est ré-apprendre à dire tout haut. Parce que ma fille, au mois de Mars, aura 9 ans. Parce qu’elle grandit. Parce que quand je vois le recul du droits des Femmes (toutes les Femmes, pas de Féminisme sans intersectionnalité radicale et inclusion des Transidentités) et des minorités, quand je vois les discours masculinistes et la haine des femmes qui s’étale, quand je vois le racisme qui n’essaye même plus de se cacher, l’économie qui s’effondre et l’Histoire qui se prépare à se répéter, je sais qu’être debout, me révolter et garder espoir n’est pas une option, c’est une nécessité.

Read the original on liilouve.substack.com

Comments

Nothing yet. Say the first thing.

    Sign in to join the conversation.