«Il suffit de déclarer tellement de choses hors la loi qu’il devient impossible de vivre sans l’enfreindre. Qui voudrait d’une nation de citoyens respectueux des lois ? Que pourrait-on en tirer ? Mais si on promulgue des lois qui ne peuvent être ni respectées ni appliquées, ni objectivement interprétées, on fabrique une nation de fraudeurs... Et là, il ne reste plus qu’à en récolter les fruits.» – Ayn Rand
C’est l’argument de tout policier, de tout bureaucrate tatillon sans autre légitimité qu’un texte législatif obscur pour raison d’être. Nul n’est censé ignorer la loi. Mais quelle loi, d’abord ? En ce pays, bien malin qui pourrait savoir de tête les quelques 69 codes aux milliers de pages. Les députés d’ailleurs sont les premiers à n’en rien savoir. Alors de deux choses l’une. Soit cette formule n’est qu’une manière de faire taire tout récalcitrant. Soit elle exprime un fond de vérité. Et si les deux étaient vrais, exprimant toute la fourberie législative ?
Vocabulaire. Il y a le droit et il y a la loi. La loi s’affiche au singulier, mais il y a en réalité des milliers de lois, d’où le sujet. La loi cache la législation délirante sous un voile abstrait d’autorité. Elle n’est pas faite par les hommes, qui l’ignorent. La loi est usurpatrice du droit.
Le droit peut être positif ou naturel. Le droit positif est celui qui est, ce n’est donc qu’un autre visage de la ‘loi’. Reste le droit naturel. Il est simple, universel. Tu ne voleras point, tout le monde comprend. Tu ne tueras point, aucun homo sapiens sapiens n’ignore cet ordre.

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