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SpaceX pourrait devenir l’une des introductions en Bourse les plus spectaculaires de l’histoire. L’entreprise d’Elon Musk, déjà dominante dans les lancements spatiaux et portée par la croissance de Starlink, viserait une valorisation pouvant atteindre 1 750 milliards de dollars lors d’une éventuelle cotation en 2026. À ce niveau, SpaceX ne serait plus seulement une entreprise spatiale : elle deviendrait instantanément l’un des plus grands groupes cotés au monde. Reuters évoque même une possible levée de 75 milliards de dollars, ce qui en ferait la plus grande introduction en Bourse jamais réalisée.
Mais derrière cette opération se cache un sujet beaucoup plus technique : la liquidité. Autrement dit, le nombre réel d’actions disponibles à l’achat sur le marché. Car une entreprise peut afficher une capitalisation gigantesque tout en ne mettant qu’une petite partie de son capital en circulation. Et c’est précisément ce qui pourrait rendre l’IPO de SpaceX aussi explosive que risquée.
Bonne lecture ☕
🇫🇷 La France face à un objectif de déficit de plus en plus difficile à tenir
🤑 GameStop veut racheter eBay : un pari à 55 milliards de dollars
🥊 Trump menace de relancer la guerre commerciale avec l’Europe
⚡ Les géants de la tech accélèrent encore dans l’IA, mais les investisseurs deviennent plus exigeants
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La trajectoire budgétaire française se complique. Le gouvernement vise toujours un déficit public à 5 % du PIB en 2026, mais cet objectif paraît de plus en plus fragile face au ralentissement de l’économie, à la hausse du pétrole et au retour de l’inflation.
Bercy table encore sur une croissance de 0,9 % cette année. Mais après une croissance nulle au premier trimestre, cette prévision devient ambitieuse. Pour l’atteindre, l’économie devrait nettement accélérer dans les prochains mois, alors même que le contexte international pèse de plus en plus lourd.
Le blocage prolongé du détroit d’Ormuz, lié au conflit en Iran, a fait grimper le Brent au-dessus de 125 dollars le baril. Un pétrole aussi cher augmente les coûts des entreprises, réduit le pouvoir d’achat des ménages et pèse sur la consommation. Selon l’OFCE, une hausse de 10 dollars du baril peut ajouter près de 0,1 point de déficit sur l’année.
L’inflation ajoute une pression supplémentaire. Mesurée à 2,2 % en avril, elle dépasse les hypothèses retenues par le gouvernement. Elle réduit le pouvoir d’achat, ralentit l’activité et alourdit aussi la charge de la dette, notamment parce qu’une partie de celle-ci est indexée sur l’inflation.
Le gouvernement a déjà annoncé 6 milliards d’euros d’économies, mais cela pourrait ne pas suffire si la croissance ralentit davantage ou si le pétrole reste durablement élevé. L’opposition réclame déjà un budget rectificatif, une option que l’exécutif écarte pour l’instant.
GameStop veut accélérer sa transformation en lançant une offre hostile sur eBay, estimée à près de 55,5 milliards de dollars. L’objectif : faire de la plateforme un véritable concurrent d’Amazon.
Le groupe propose 125 dollars par action, moitié en numéraire, moitié en actions. Cette offre représente une prime de 46 % par rapport au cours moyen d’eBay depuis que GameStop a commencé à acheter des titres. L’entreprise détient déjà environ 5 % du capital.
L’opération surprend par son ampleur. GameStop pèse environ 12 milliards de dollars en Bourse, contre près de 46 milliards pour eBay. Racheter une société presque quatre fois plus grosse est rare et suppose un financement très important. GameStop affirme disposer d’un engagement de 20 milliards de dollars de TD Bank, de 9,4 milliards de trésorerie, et promet 2 milliards d’économies annuelles après l’opération.
Cette offensive intervient alors que GameStop cherche toujours à se réinventer face à la montée du commerce en ligne. Son chiffre d’affaires a reculé de 14 % sur le dernier trimestre. À l’inverse, eBay affiche une meilleure dynamique, avec une action en hausse de plus de 19 % depuis le début de l’année.
Le marché a réagi positivement à l’annonce, mais les analystes restent sceptiques. L’écart de taille entre les deux groupes, les besoins de financement et l’incertitude sur les synergies rendent l’opération très complexe. GameStop tente donc un pari spectaculaire : se transformer en acteur majeur de l’e-commerce, au risque de se lancer dans une opération difficile à financer.
Donald Trump veut relever les droits de douane sur les voitures et camions européens importés aux États-Unis, de 15 % à 25 % dès la semaine prochaine. Il accuse l’Union européenne de ne pas avoir respecté l’accord commercial conclu l’été dernier, toujours pas entièrement ratifié.
Cette décision toucherait un secteur clé pour l’Europe : l’automobile. Les constructeurs allemands disposent déjà d’usines aux États-Unis, ce qui limite leur exposition, mais Stellantis pourrait être davantage affecté avec ses marques Alfa Romeo, Fiat et Maserati importées d’Europe.
Le risque est surtout diplomatique. L’accord entre Washington et Bruxelles reposait sur un compromis fragile : l’Europe acceptait de réduire certains droits sur les produits américains, en échange d’un plafonnement des taxes américaines à 15 % sur la plupart des marchandises européennes. En passant à 25 % sur l’automobile, Trump pourrait remettre en cause tout l’équilibre.
Reste à voir si la menace sera appliquée. Donald Trump utilise souvent les droits de douane comme levier de négociation. Mais si cette hausse entre réellement en vigueur, elle pourrait provoquer une riposte européenne et relancer une guerre commerciale transatlantique.
Google, Amazon, Microsoft et Meta devraient investir près de 725 milliards de dollars dans l’intelligence artificielle en 2026. C’est 300 milliards de plus que l’an dernier et plus du triple d’il y a deux ans. Ces montants colossaux servent principalement à construire les infrastructures de l’IA : data centers, serveurs, puces et capacités cloud.
Pour l’instant, les Big Tech ont les moyens de cette course. Leur rentabilité reste exceptionnelle et les banques se montrent prêtes à financer ces projets géants. Mais la question centrale devient celle du retour sur investissement : ces dépenses massives vont-elles réellement générer suffisamment de revenus ?
Les résultats trimestriels montrent déjà une différence entre les groupes. Google, Amazon et Microsoft rassurent davantage grâce à leurs activités cloud, directement portées par la demande en IA. Alphabet bénéficie de la croissance de Google Cloud et de Gemini, Amazon profite de la forte progression d’AWS, tandis que Microsoft continue d’accélérer avec Azure et ses services cloud.
Meta, en revanche, inquiète davantage. Le groupe a publié de très bons résultats, avec un bénéfice net de 26,8 milliards de dollars, mais ses investissements prévus dans l’IA pourraient atteindre 145 milliards de dollars en 2026. Contrairement à ses concurrents, Meta ne dispose pas d’une grande activité cloud pour monétiser directement cette vague d’investissements, ce qui rend sa stratégie moins lisible pour les marchés.
L’autre point d’attention concerne OpenAI, l’un des grands clients des infrastructures IA. Si l’entreprise peine à transformer sa croissance en profits solides, cela pourrait fragiliser une partie de l’écosystème, notamment les hyperscalers qui misent sur une demande durable.
La course à l’IA reste donc extrêmement puissante, mais les investisseurs commencent à faire le tri. Les gagnants seront probablement les groupes capables de contrôler toute la chaîne de valeur, des puces aux data centers, jusqu’aux services cloud et aux applications grand public. Pour l’instant, Wall Street semble surtout privilégier Google et Amazon, les deux seuls parmi les grands géants de l’IA à afficher une performance positive depuis le début de l’année.
En Bourse, la capitalisation d’une entreprise se calcule simplement : on multiplie le nombre total d’actions par le dernier prix coté. Si une entreprise possède 1 milliard d’actions et que la dernière transaction s’est faite à 100 dollars, elle vaut théoriquement 100 milliards de dollars.
Le problème, c’est que cette formule peut donner une illusion de richesse. Elle suppose implicitement que toutes les actions pourraient être vendues à ce prix. Or, dans la réalité, ce n’est presque jamais le cas. Le prix est fixé à la marge, par la dernière transaction, et non par la valeur à laquelle l’ensemble du capital pourrait être liquidé.
C’est particulièrement vrai quand le flottant est faible. Le flottant, c’est la part du capital réellement disponible sur le marché, celle que les investisseurs peuvent acheter et vendre librement. Si une entreprise ne met que 5 % ou 10 % de ses actions en circulation, le prix peut monter très vite, simplement parce que beaucoup d’acheteurs se battent pour très peu de titres.
C’est le même mécanisme que l’on observe parfois dans la crypto. Un token peut afficher une capitalisation gigantesque parce qu’une petite fraction de l’offre s’échange à un prix élevé, alors que la majorité des tokens reste verrouillée. Tant que ces tokens ne sont pas vendus, la valorisation tient. Mais si l’offre se libère, le prix peut brutalement s’ajuster.
L’enjeu devient encore plus important avec les nouvelles règles du Nasdaq-100. Historiquement, une entreprise devait respecter certaines conditions avant d’intégrer l’indice, notamment un délai de cotation et un flottant suffisant. L’objectif était d’éviter qu’une société trop récente, trop volatile ou trop peu liquide ne devienne immédiatement une position majeure dans les ETF et les fonds indiciels.
Depuis mai 2026, le Nasdaq a assoupli son fonctionnement. Les très grandes entreprises nouvellement cotées peuvent désormais être intégrées rapidement à l’indice si elles se classent parmi les 40 plus grosses capitalisations éligibles. Cette intégration peut intervenir après seulement 15 jours de cotation, sous réserve de respecter les critères applicables.
Le Nasdaq a aussi modifié sa manière de prendre en compte les entreprises à faible flottant. L’ancien minimum strict de 10 % de flottant a été supprimé. En contrepartie, le poids des titres à faible flottant est limité par un mécanisme de plafonnement à trois fois la valeur du flottant disponible. Concrètement, une entreprise avec seulement 5 % de flottant ne serait pas pondérée comme si 100 % de son capital était disponible, mais comme si 15 % l’étaient.
Cette règle limite le risque d’un emballement total, mais elle ne le supprime pas. Même avec un plafonnement, l’entrée rapide d’une entreprise comme SpaceX dans le Nasdaq-100 pourrait forcer les ETF et fonds indiciels à acheter plusieurs milliards de dollars d’actions en très peu de temps.
C’est là que l’opération devient fascinante. Lorsqu’une entreprise entre dans un grand indice, les fonds passifs qui répliquent cet indice doivent l’acheter. Ils ne se demandent pas si la valorisation est raisonnable, si le prix est trop élevé ou si le flottant est trop faible. Leur mandat consiste simplement à reproduire l’indice.
Si SpaceX entre rapidement dans le Nasdaq-100 avec une valorisation massive, une partie de la demande viendra donc mécaniquement des ETF. Cette demande ne sera pas nécessairement liée aux fondamentaux de l’entreprise, mais à sa présence dans l’indice.
Dans un marché très liquide, cet effet reste généralement absorbable. Mais dans le cas d’une IPO avec un flottant réduit, il peut provoquer une tension très forte sur le prix. Beaucoup d’acheteurs, peu d’actions disponibles, une marque extrêmement populaire, un dirigeant capable d’attirer une communauté mondiale d’investisseurs : tous les ingrédients seraient réunis pour créer une envolée spectaculaire du titre.
C’est ce qui rend l’opération potentiellement dangereuse pour les particuliers. Dans les grandes IPO très attendues, les investisseurs individuels obtiennent rarement beaucoup d’actions au prix officiel d’introduction. Ils achètent souvent après l’ouverture, lorsque le titre a déjà fortement monté. Ils deviennent alors les acheteurs marginaux, ceux qui paient le prix fort au moment où les premiers investisseurs, eux, sont déjà assis sur des gains considérables.
Pour autant, réduire SpaceX à une simple opération financière serait une erreur. L’entreprise possède de vrais actifs, une avance technologique considérable et une position stratégique rare.
Son activité historique, les lancements spatiaux, reste impressionnante. SpaceX a profondément transformé l’industrie grâce à la réutilisation de ses fusées, ce qui lui a permis de réduire les coûts et d’augmenter fortement la cadence de lancement. Reuters Breakingviews estime que SpaceX est aujourd’hui une entreprise rentable de communication satellitaire et de lancement spatial, avec un avantage majeur sur ses concurrents.
Mais la vraie pépite financière, c’est Starlink. Le service d’internet par satellite a dépassé les 10 millions d’abonnés en février 2026, selon Reuters, et son nombre d’utilisateurs actifs mensuels a plus que doublé au premier trimestre par rapport à l’année précédente.
Starlink change la nature de SpaceX. L’entreprise ne vend plus seulement des lancements ponctuels. Elle développe aussi un modèle d’abonnement mondial, avec des revenus récurrents, une base d’utilisateurs en croissance et des applications dans les zones rurales, les transports, la défense, l’aviation, le maritime et les marchés émergents.
Selon Reuters Breakingviews, SpaceX aurait généré environ 15 à 16 milliards de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier, pour environ 8 milliards de dollars d’EBITDA, et Starlink représenterait entre 50 % et 80 % des revenus du groupe.
La force de SpaceX ne repose pas seulement sur ses chiffres. Elle repose aussi sur un narratif extrêmement puissant.
L’entreprise est exposée à plusieurs grandes tendances : la conquête spatiale, la connectivité mondiale, la défense, l’intelligence artificielle et les infrastructures orbitales. C’est exactement le type d’histoire que les marchés adorent valoriser très cher, surtout dans un environnement où les investisseurs cherchent les futurs monopoles technologiques.
L’intégration croissante entre les différentes entreprises d’Elon Musk ajoute encore une dimension supplémentaire. Business Insider a rapporté que Tesla avait généré 573 millions de dollars de revenus en 2025 grâce à des ventes à SpaceX et xAI, et que les liens entre les sociétés de Musk se renforcent, notamment depuis l’acquisition de xAI par SpaceX.
Ce rapprochement nourrit une promesse : celle d’un écosystème verticalement intégré mêlant fusées, satellites, batteries, IA, données et logiciels. Pour les investisseurs les plus optimistes, SpaceX ne serait donc pas seulement un champion du spatial, mais une future plateforme d’infrastructure globale.
C’est cette combinaison entre fondamentaux réels et récit futuriste qui peut justifier une valorisation très élevée. Mais c’est aussi ce qui rend le dossier dangereux : plus le narratif est puissant, plus les investisseurs peuvent accepter de payer très cher une croissance qui reste encore largement à prouver.
Le principal danger ne se situe pas forcément le premier jour de cotation. Au contraire, les premiers jours pourraient être spectaculaires. Le titre pourrait fortement monter sous l’effet combiné de la rareté des actions disponibles, de la demande des ETF, de l’engouement des particuliers et du prestige de la marque SpaceX.
Le vrai test viendra plus tard, lorsque davantage d’actions deviendront disponibles. Après une IPO, les employés, les fondateurs et les premiers investisseurs sont souvent soumis à une période de lock-up. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas vendre immédiatement leurs titres. Une fois cette période terminée, une partie importante de l’offre peut arriver sur le marché.
Si la demande reste très forte, le marché peut absorber ces ventes. Mais si le titre a été propulsé trop haut par un manque artificiel de liquidité, l’arrivée de nouvelles actions peut faire pression sur le prix. C’est là que l’illusion de capitalisation peut se corriger.
Autrement dit, une faible liquidité peut être une arme à la hausse, mais aussi un risque majeur à la baisse. Elle peut amplifier l’euphorie au début, puis amplifier la correction lorsque l’offre augmente.
L’introduction en Bourse de SpaceX pourrait devenir un cas d’école. D’un côté, il y a une entreprise exceptionnelle, probablement l’une des plus importantes de la décennie, avec une avance technologique réelle, un modèle Starlink très puissant et une position stratégique dans l’espace et la défense.
De l’autre, il y a une mécanique de marché potentiellement explosive : faible flottant, valorisation massive, intégration rapide aux indices, achats forcés des fonds passifs et enthousiasme des particuliers.
C’est précisément ce mélange qui rend l’opération aussi fascinante. SpaceX pourrait être à la fois une très grande entreprise et une IPO dangereusement chère. Les deux idées peuvent coexister. Une société peut avoir des fondamentaux impressionnants tout en étant introduite à un prix excessif.
Pour les investisseurs, la question ne sera donc pas seulement : “Est-ce que SpaceX est une belle entreprise ?” La réponse semble assez clairement oui. La vraie question sera : “À quel prix devient-elle un bon investissement ?”
Et sur ce point, la prudence s’impose. Car lorsque la liquidité devient un outil de valorisation, le prix affiché en Bourse peut raconter une histoire beaucoup plus séduisante que la réalité économique.
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