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L'actualité égalité et tech, par WILLA · May 4, 2026

🤖 L'IA va creuser les inégalités entre femmes et hommes. Et le compte à rebours a déjà commencé

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L'actualité égalité et tech, par WILLA · L'actualité égalité et tech, par WILLA

Au programme :

⭐️ L’actu pour l’égalité ce mois-ci

🤖 L’IA va creuser les inégalités entre femmes et hommes. Et le compte à rebours a déjà commencé

💻 3 startups WILLA (co)fondées par des femmes qui utilisent l’IA

Nos coups de cœur culture ce mois-ci

  • Girls in ICT Day, le 23 avril. Chaque année depuis 2011, cette journée internationale encourage les filles et les jeunes femmes à explorer les métiers du numérique. Le thème retenu pour cette édition : "L'IA pour le développement : les filles façonnent l'avenir numérique." Un signal fort en lien avec notre sujet du mois.

  • La Journée mondiale de la femme digitale le 17 avril 2026 est l’occasion de rappeler l’importance de l’égalité professionnelle et économique entre les femmes et les hommes et plus spécifiquement dans le secteur du numérique, en déjouant les stéréotypes de genre.

  • Le gouvernement a annoncé, jeudi 16 avril, que le remboursement des protections périodiques réutilisables serait effectif dès la rentrée prochaine pour les moins de 26 ans.

Il y a des révolutions qui font du bruit, d'autres qui se jouent en silence. L'intelligence artificielle appartient à la seconde catégorie pour ce qui concerne les femmes. Pendant que le débat public se passionne pour les chatbots, les deepfakes et la réglementation européenne, quelque chose de plus discret est en train de se produire sur le marché du travail : un écart se creuse entre celles et ceux qui maîtrisent l'IA, et celles et ceux qui n'y ont pas accès. Et cet écart, comme souvent, n'est pas neutre en termes de genre.

Les chiffres du Baromètre du numérique 2024 sont clairs : en France, 25 % des hommes utilisent l’IA dans un cadre professionnel, contre 20 % des femmes. Dans leur vie privée, 30 % des hommes en font usage, contre 22 % des femmes. Ces cinq à huit points d’écart peuvent sembler modestes. Ils ne le sont pas, pour deux raisons.

La première, la méfiance à l’égard de l’IA est plus forte chez les femmes. 45 % des hommes se déclarent confiants, contre 38 % des femmes, soit sept points d’écart. Ce n’est pas de l’indifférence, c’est une défiance construite, en partie par une culture technologique qui a longtemps signalé aux femmes que ce territoire n’était pas le leur.

La seconde raison : dès qu’on quitte la sphère personnelle pour entrer dans l’entreprise, les écarts s’amplifient considérablement.

L’étude Randstad de novembre 2024 sur la pénurie de talents IA enfonce le clou. Les données sont sans appel : 52 % des hommes déclarent avoir accès à l’IA dans leur travail, contre 31 % des femmes. Et 40 % des hommes ont reçu une formation IA proposée par leur employeur, contre seulement 24 % des femmes.

Ce dernier chiffre est peut-être le plus révélateur. Il signifie que l’écart ne vient pas uniquement d’une réticence individuelle, il vient également du fait que les entreprises ne forment pas leurs collaboratrices au même rythme que leurs collaborateurs. La responsabilité est donc au moins partiellement organisationnelle. Dans l’imaginaire collectif, les métiers de la technologie sont souvent perçus comme réservés aux hommes, suscitant de nombreuses craintes pour les femmes à l’idée de rejoindre un tel secteur et d’utiliser ces outils. C’est un biais de représentation que les organisations reproduisent, consciemment ou non, dans leurs choix de formation.

On pourrait se dire que l'écart se comblera naturellement, qu'il n'y a pas d'urgence. Le Baromètre mondial de l'emploi en IA 2025 de PwC, devrait dissiper cette illusion. Les emplois exigeant des compétences en IA offrent une rémunération supérieure de 56 % en moyenne par rapport à des emplois similaires sans exigence d'IA, un écart qui a plus que doublé en un an. En France, les offres d'emploi dans les métiers exposés à la GenAI ont augmenté de 274 % entre 2019 et 2024. Être tenu à l'écart des formations IA ne relève plus d'un inconfort technologique : cela se traduit directement en perte de revenus et en accès inégal aux postes stratégiques, dans un pays où le revenu salarial moyen des femmes est déjà inférieur de 21,8 % à celui des hommes.

Le paradoxe est cruel : les femmes ne sont pas absentes du monde de l'IA, elles y sont présentes du mauvais côté. 4,7 % des femmes occupent des emplois à très forte exposition à l'automatisation, contre 2,4 % des hommes, en raison de leur concentration dans les rôles de bureau et de support. Les métiers dits "de demain", data science, cybersécurité, développement d'IA, restent quant à eux des bastions masculins. Les femmes sont donc doublement exposées : présentes aux postes les plus menacés mais elles moins équipées pour en sortir.

Ce que nous voyons à travers ces données, c'est la reproduction d'un mécanisme connu : une nouvelle technologie arrive, elle redéfinit la valeur du travail, et les inégalités existantes s'y engouffrent si personne ne les corrige. Cela s'est passé avec l'informatique dans les années 80. La même dynamique se rejoue aujourd'hui, bien plus vite. Former, donner accès, valoriser les femmes qui s'emparent de ces outils : ce ne sont pas des gestes symboliques. Dans un marché du travail où la prime salariale à l'IA a doublé en un an, ce sont des enjeux économiques concrets.

  • Guidly : fondée par Kenza Yahiaoui, l’application réinvente la découverte culturelle en proposant un guide virtuel disponible 24h/24 et 7j/7. Son ambition : rendre les visites plus libres, personnalisées et immersives grâce à une intelligence artificielle capable d’adapter contenus, anecdotes et recommandations à chaque utilisateur, à son rythme et dans sa langue.

  • Tigo Labs : cofondée par Margot Lor-Lhommet, Tigo Labs conçoit des solutions d’intelligence artificielle centrées sur l’humain. Son premier produit, Simone, est un coach virtuel 100 % IA qui aide les femmes à développer leurs soft skills grâce à une expérience personnalisée, interactive et gamifiée.

  • SaCy : cofondée par Chloé Daudier et Camille Pereira, SaCy, grâce l’IA, aide les victimes de cyberharcèlement de masse à récolter, modérer et trier automatiquement les messages reçus afin de regrouper des preuves pertinentes en vue d'une plainte.

  • Le livre Le numérique est l'affaire de toutes d’Isabelle Collet : saviez-vous que le mot "ordinateur" a failli s'appeler "ordinatrice", mais qu'un terme féminin évoquait trop une machine exécutante ? Isabelle Collet part de cette anecdote pour retracer comment les femmes, pourtant pionnières de la programmation, ont été progressivement évincées d'un secteur qui gagnait en prestige.

  • Le podcast Techlipstick : tous les quinze jours, des femmes racontent leur parcours dans la tech. Études, carrière, business, impact, technologie : le podcast explore toutes les facettes de ces métiers pour que chaque femme puisse imaginer sa place dans le numérique.

  • Le TED Talk How I'm fighting bias in algorithms de Joy Buolamwini : en moins de 9 minutes, cette chercheuse du MIT raconte comment elle a découvert que les logiciels de reconnaissance faciale ne détectaient pas son visage et comment elle s'est lancée dans un combat contre les biais algorithmiques.

« Si vous lisiez tous les articles d’IA et extrayiez tous les noms qui sont cités, nous vous garantissons que les femmes n’apparaissent que rarement. Pour chaque femme citée sur des technologies d’intelligence artificielle, il y a 100 fois plus d’hommes cités. »

Fei-Fei Li, informaticienne et chercheuse américaine

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