J’écris moins ici depuis octobre parce que je suis retourné à l’école. En fait, j’ai effectué un retour au cégep, ce qui doit bien me donner le record québécois (et donc mondial) de l’étudiant avec le plus d’années passées au cégep.
(L’École de l’humour comptait aussi pour du cégep, d’ailleurs.)
Lorsque j’ai décidé de retourner à l’informatique et à la programmation (après plusieurs années dans le monde artistique), j’espérais bien me trouver une job sans avoir à retourner à l’école, mais après des tonnes d’effort et d’être passé siiiiiiiii près quelques fois, j’ai commencé à me décourager en voyant l’été arriver (où c’est tranquille en chien) alors j’ai opté pour un retour à l’école.
Une formation intensive d’une petite année, stage inclus.
Dans tous les reportages qui racontent que l’intelligence artificielle va bouffer un paquet de jobs, on y va souvent par domaine, mais en programmation, pour le moment, ça bouffe surtout les postes de « junior », donc les gens sans expérience qui entrent dans l’industrie. Notre prof de « marché du travail » nous racontait que l’IA, c’est perçu comme le meilleur développeur junior au monde. Du coup, ce n’est pas que les compagnies n’ont plus besoin de développeurs/programmeurs, c’est qu’ils n’ont plus besoin de payer pour des codeurs juniors.
Ça commençait notre deuxième bloc de manière assez décourageante parce que je mets vraiment beaucoup d’efforts dans cette formation. Je viens d’obtenir la dernière note de mon premier bulletin et si j’arrondis avec un peu de zèle, ça me donne quand même une moyenne de 98%!
Quand j’ai demandé au prof si on ne faisait pas toute cette formation dans une cause perdue, il a expliqué que, bien que le portrait ne soit pas super en macro, les meilleurs nouveaux dévs arrivent encore à se dénicher des stages (et ensuite des postes), alors ce n’est pas impossible. Aussi, il est bon de se rappeler que les devs d’expérience s’en sortent encore très très bien.
Une chance qu’on vit vieux au Québec!
Si je vous partage tout ça, c’est que durant le même cours, on a aussi parlé des meilleurs façons de peaufiner notre employabilité, et un des points que j’appréhendais a fini par survenir : la présence sur les réseaux sociaux.
Si je vous résume sa position, il prônait qu’en recherche d’emploi, personne ne gagne à s’exprimer sur les réseaux sociaux. C’est même le contraire. La plupart du temps, à part faire semblant que tout va bien sur LinkedIn, ça risque de te nuire. Dans mon cas, c’est sûr que si je tombe sur un employeur fédéraliste qui lit une de mes publications pro-indépendance, ça n’aidera pas.
J’assume parfaitement mes opinions politiques. Ce n’est pas pour rien si je les exprime publiquement et sous mon vrai nom. Je me perçois comme une bonne personne avec de bonnes valeurs, mais est-ce qu’afficher mes positions publiquement pourrait me nuire dans un contexte de recherche d’emploi dans un domaine contingenté?
Assurément.
Cela dit, c’est un peu de me faire violence parce qu’il y a deux choses qui me gossent particulièrement dans la vie :
Ne pas m’exprimer :)
Les gens qui sortent des hot takes dans l’anonymat
Ces deux points mettent d’ailleurs en évidence tout ce qu’il y a de croche avec nos débats sur le web : un nombre grandissant de fuckers anonymes rendent la discussion toxique, ce qui fait que bien des citoyens qui ont du bon sens cessent de s’y exprimer.
Sans oublier une évidence : personne ne parait très « professionnel » en participant à ce garrochage de bouette.
Il n’y a pas si longtemps, je me serais dit qu’il serait impossible pour moi de ne plus avoir de tribune où exprimer tout ce que j’ai à dire, mais force est de constater que depuis que mon cours est commencé, j’ai pratiquement cessé d’écrire ici, et contrairement à d’autres moments dans ma vie, je m’en porte plutôt bien.
J’ai mis mes compte Facebook et X privés. Sur Bluesky, je ne fais à peu près que crier que je suis content durant les bons bouts des matchs des Canadiens, alors ça va.
Un autre facteur qui me fait considérer de tout fermer, c’est que l’actualité est absolument dégueulasse ces temps-ci. C’est siiiiiiii déprimant. Tout est tellement concentré constamment sur Trump, l’ultime mégalo-débile. Et même au Québec où l’on devrait se considérer chanceux d’avoir une joute politique et une démocratie en bien meilleure santé, la mauvaise foi continue de grimper.
Je pourrais être content qu’un parti indépendantiste soit en tête dans les sondages, mais au contraire, je trouve ça plutôt lourd.
On a tellement de libéraux partout dans nos médias qui décident de la direction du vent. C’est juste incroyable toute la place qu’ils ont, peu importe comment va le parti. Je suis certain qu’ils arriveront encore une fois à réhabiliter le PLQ à temps pour l’automne.
À gauche, les militants solidaires sont en dépression majeure. Leur idées noires et leur mauvaise foi viennent teinter plusieurs débats. Nadeau-Dubois ne doit pas regretter sa décision de sacrer son camp.
Avec tout ce cynisme, est-ce le type d’ambiance qui amène un peuple à réaliser son indépendance pour enfin s’épanouir? Chose sûre, le PQ est mieux de nous arriver avec une équipe de feu, remplie de gens de qualité qui ont des convictions et la couenne dure.
De mon bord, au lieu de me laisser déprimer par tout ça, peut-être suis-je mieux d’adopter cette mentalité un peu cliché de joueur de hockey : concentrer mes efforts sur ce que je peux contrôler.

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.