➡️Le piège de la sur-explication
Au départ, le profane (que je suis) pense qu’il faut étoffer, compléter son propos. De deux pages, on est passé à cinq. On y passe l’après-midi et le lendemain, on relit. A la relecture bis, on se rend compte que le texte est asphyxié d’explications, de justifications, de descriptions des mécaniques de pensées des personnages. Bref! On écrit à la fois un livre et un commentaire du livre et cela peut aller loin : cette psychologie des personnages qui aurait dû se trouver sur une fiche de travail, qu’on a négligé de faire, la voilà, par fractions, insérée dans le texte, exemple : étant hypocondriaque, il craignait ceci ou cela.
➡️Less is more
Depuis un mois, j’allège ce que j’avais développé. Dans l’esprit Less is more, ce n’est pas exactement ce que j’ai ajouté que j’efface mais, au fil des mois, s’est imposé de retrouver un minimum d’esprit de synthèse! Ce qui fait que l’écriture de la seconde partie du livre, qui a généré tant de questionnements, a été plus fluide.
L’idéal serait en épurant de retrouver l’esprit de l’inspiration en mieux : plus lisible, plus accessible… On vise ça… Le rêve, c’est retrouver l’inspiration de l’année dernière (j’ai commencé ce livre mi-juillet) tout en corrigeant…
➡️Les titres équivoques
Il y a pourtant des petits plaisirs créatifs en écrivant, notamment le choix du titre. Tout le monde ne met pas de titres. Personnellement, j’aime beaucoup laisser éclore le titre. Il n’y pas de règle : soit on trouve tout de suite soit, a posteriori, le titre est dans le texte et on se dit : évidemment, le titre c’est ça. Parfois, on n’a aucune idée de titre, alors, il faut relire, lister quelques mots clés.
Aujourd’hui, je réécrivais un chapitre que j’avais intitulé : Rétroviseur. J’avais pensé que c’était un beau titre de livre. À m’obstiner à caser ce Rétroviseur quelque part, ayant décrit dans un flash-back l’univers d’un pensionnat rétro, c’était l’occasion. Au dernier moment, cela m’est apparu d’une banalité confondante et le bon titre était : Témoin gênant. Je n’écris pas un polar (dommage) mais les titres équivoques qui n’annoncent pas directement la couleur, ça me parle. Ici, une femme se rend compte que bientôt elle n’aura plus sa place sur la photo, pire elle renverra à cet homme idéalisé un miroir de moments de sa vie qu’il préférerait oublier, devenant un témoin gênant. Le mot était dans le texte, sous mon nez.
➡️La première phrase du reste de ton livre
Quand on lit Stephen King (Mémoires d’un métier) c’est : situation, narration, description, dialogues. On n’a jamais fait mieux. Cependant, cela ne résout pas le souci qu’on doit accorder à la première phrase d’un chapitre qui doit susciter la curiosité, le désir de poursuivre. Influencée par la cinéma, j’ai tendance à penser qu’il faut zoomer sur une situation, un personnage dans une situation.
Un exemple (dans le style que j’aime )
«Assise à la terrasse du bar du village, elle lit le Corse-Matin…»
Cela donne plein d’indications en une phrase. Le personnage en situation vaut une longue description de la région, du village, puis du bar, éventuellement de la porte de la maison (description) qu’elle a fermée pour se rendre au bar. Etc. Bon! C’est mon avis, je n’ai pas la prétention d’animer un atelier d’écriture.
➡️Activités parallèles :
Le Festival de Cannes est terminé. Les séances de rattrapage des films en compétition se poursuivent.
Reprise de la sélection officielle Un Certain Regard
Cinéma L’Arlequin à Paris
Du 27 mai au 2 juin
Reprise de la sélection officielle principale
Cinéma Le Louxor à Paris
Du 3 au 9 juin
(Notamment la Palme d’or : Fjord)
Déjà en salles :
L’Etre aimé (Rodrigo Sorogoyen)
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