De retour d’une pause salutaire en Normandie avec l’objectif que ma tête se vide, je suis sans doute toujours sur pause…
La Normandie est depuis longtemps pour moi ce lieu sans mémoire où je me repose, je dors en paix, «le dos tourné à la Méditerranée». La Corse dont je suis originaire n’est pas neutre avec les fantômes du passé, du passif, des absents. Et quand j’y retourne, le repos n’est pas vraiment au programme (c’est un autre sujet : quand je n’y vais pas, au bout d’un moment, ça me manque…)
L’objectif de cette pause est, in fine, un peu trop réussi car j’ai du mal à retrouver l’univers de mon livre. J’avais emporté la première partie en version imprimée (au cas où…) La veille du retour, avec un (superflu) cahier de relecture, j’ai donc relu les premiers chapitres. Et j’avais alors noté de réécrire uniquement la toute fin d’un chapitre.
Au lieu de ca, je me vois depuis deux jours corriger et recorriger et réécrire en fait, presque tout le chapitre en question. Et ça sonne faux. Jusqu’à ce que je réalise l’évidence : j’avais écrit ces lignes dans un état d’esprit créatif, imaginatif serait plus exact, un drôle d’état en fait, à la lisière de la réalité et de l’imaginaire, probablement ce qu’on appelle l’inspiration, que j’ai perdue (pour le moment…) Donc, la tête froide, je rationalise trop ce récit (l’écueil à éviter) et les sensations s’étiolent, en deux mots, le résultat me semble nul et il vaut mieux que je stoppe.
Mon projet était d’imaginer des situations et de les retranscrire en mots plus que de décrire des lieux, les choses. Je suis très influencée par le cinéma (mon centre d’intérêt favori avec la littérature) et quand j’imagine des scènes, je voudrais que le lecteur (moi, en me relisant, pour l’instant) soit en immersion, que ce livre soit, en quelque sorte, sensoriel. C’est peut-être trop ambitieux. C’est là où la présence d’un coach serait appréciée. Il a bien des coaches de tout aujourd’hui… Bien que j’en arrive quelquefois à une sorte d’auto-coaching à vérifier si ça sonne juste en enregistrant des dialogues, par exemple, et en les écoutant ensuite. C’est un procédé fastidieux mais on entend tout de suite ce qui «coince». En écrivant cela, je songe que ce perfectionnisme va m’empêcher de finir un jour ce livre…
Bref!
Depuis un certain temps, me revient une pensée récurrente de cet hiver. Ayant démarré ce livre mi-juillet, je me suis rendu compte, a posteriori, que la chaleur, la moiteur, toute cette ambiance un peu indolente avait un impact tout à fait propice à l’écriture, générant une sorte de lâcher prise qui permettait d’écrire des passages plus sensuels que ceux que j’aurais imaginés en hiver.
Cela peut paraître un peu stupide cette influence de la météo sur l’atmosphère d’un livre… Ici, je retrouve mes origines méditerranéennes où seul compte l’été, les terrasses de café, les vêtements légers, les nuits chaudes.
Il faudrait pouvoir écrire un livre en trois mois pour garder le même état d’esprit. Il faudrait avoir les mêmes rêves…
Heureusement, l’été revient…
Merci si vous avez lu jusqu’au bout ces questionnements.
Je me demande parfois si je pourrais proposer la lecture de textes (qui ne parlent pas de moi…)
Un synopsis de mon livre peut-être (encore un terme de cinéma…) Ou d’autres textes…
Bon week-end à tous🍀
Aucun post

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.