Depuis avant-hier, je vois se profiler l’été, une saison que j’aimais tant. Jusqu’à ce je décide que je ne supportais du tout plus la chaleur.
Quand ma mère a vendu notre maison d’enfance, j’ai eu du mal à revenir en Corse. J’ai biaisé en atterrissant à Ajaccio de l’autre côté de la montagne. Aussitôt à l’aérogare de Campo dell’Oro, j’étais rouge comme une pivoine. Allergie, dermatologue, traitement et écran total. Et tant que vous y êtes vous mettrez cet écran total toute votre vie, m’a dit le dermatologue.
Pas la peine d’être Freud pour mettre en perspective la perte de ce qui fut «chez moi» avec le déclenchement de cette allergie. Et cette thématique de chercher en vain le lieu qui remplacerait ce «chez moi» (aucun ne convenant) occuperait ensuite bien des séances chez un psy. Mais c’est un autre sujet…
Pour compléter le tableau, je suis allée, des années durant, passer mon été dans un village. À bonne distance de ma ville originelle. Je n’y étais personne qu’une cousine éloignée d’un cousin ayant pignon sur rue au village. De la ville de mon enfance, je n’en parlais jamais.
Mais avec la perte de l’insouciance (on embellit le souvenir des paradis perdus), je suis devenue cette ombre à chapeau de paille et lunettes, crème écran 50 en couche épaisse, traversant le village en changeant de trottoir, cherchant l’ombre à tout prix. Exit le bronzage, le teint hâlé, la bonne mine du grand air.
La bienheureuse découverte des méfaits du soleil a validé mon attitude qui avait peu à voir avec les progrès de la dermatologie. Les agressifs : comme tu es blanche! Mets-toi un peu au soleil, se sont faits plus rares.
La mémoire de mes études de pharmacie validant ce comportement d’évitement de la chaleur et du soleil (pas tout à fait la même chose : ces sont les UV qui sont incriminés dans les méfaits du soleil, pas la chaleur en soi), m’est venu à l’esprit qu’avec la réverbération de l’eau en se baignant, j’allais tout droit sur la possibilité des rides. J’ai donc gardé mes lunettes de soleil pour aller nager! À peine sortie de l’eau, je quittais la plage pour me réfugier à une table à l’ombre au restaurant de La Paillote.
J’ai également mis un foulard autour du cou tout l’été… Puis, toute l’année. Se profilait désormais la crainte du vieillissement de la peau. Et, en suivant tout ce protocole, inévitablement, l’insidieuse crainte de vieillir a émergé. D’inutiles et coûteuses crèmes cosmétiques ont envahi ma salle de bains.
Ne restait désormais de l’été que le souvenir de l’été.
Les nuits chaudes d’août sensuelles, l’eau tiède au robinet, le bruit du ventilateur qui, les yeux fermés, rappelait les voyages en bateau. Ces bateaux qu’on ne prenait plus, leur préférant l’avion ; aux arrivées émerveillées au petit matin sur le port, s’étaient substituée l’attente au comptoir des locations de voitures.
Les réveils, le soleil pointant déjà derrière les persiennes, la promesse qu’après la relative fraîcheur des premières heures de matinée permettant de faire quelques courses à l’épicerie voisine, se profilait la plage.
Pourtant, j’attends chaque année l’été avec une impatience inchangée. Demeurent le souvenir prégnant de la moiteur indolente des jours heureux. Ce que je tente de restituer par écrit. Le plus souvent en flash-backs insérés dans le récit.
Je n’ai pas parlé de mon livre en cours dans ce post. L’été s’est imposé. Et puis, je suis saturée de relectures ayant succédé aux corrections. Je m’assigne depuis deux jours à lire sur le balcon sans corriger, sans téléphone, sans ordi, sans rien que mon tapuscrit.
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Je n’ose pas appuyer sur le bouton Newsletter. Ce que j’écris dans mes posts sont des pensées du jour, un peu plus développées que dans les notes. Au départ, je voulais parler de mes souvenirs du festival de Cannes qui va débuter le 12 mai et de ce conditionnement à se demander chaque année : on y retourne?
Je lis beaucoup de Newsletters avec des conseils et des méthodes, dans le genre : comment augmenter votre nombre d’abonnés? Comment être vu? Lu? Liké? Fédèrer une communauté? Monétiser ses écrits? Car, au bout du compte, il y a toujours la perspective de la monétisation.
Cela me rappelle les blogs. Je ne cherchais pas à être rémunérée (ayant déjà un travail par ailleurs), je voulais être libre de donner et partager mon avis sur des films, sans pression, une liberté qui a toujours été incompréhensible pour la plupart des gens.
Et ça, les conseils, je ne sais pas faire.
Bon dimanche!🍀
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