Je n’en reviens pas d’avoir squeezé le circuit conventionnel : arrivée à l’aéroport, installation quasi-immédiate de la même vie qu’à Paris, marché, Leroy-Merlin, la tondeuse du voisin, les amis occupés qui n’attendaient pas que vous. Qu’on verra une fois dans l’été…
Une idée la veille du départ : déserter, reporter tout ça à la semaine prochaine. Ici, je suis là sans être là, de l’autre côté de la montage, à me remplir de sensations : le golfe de Saint-Florent, la musique, les yachts italiens sur le port, les glaces chez Rovere... Et cette foule de petites boutiques où l’on trouve aussi des pièces sans marques, des produits de créateurs insulaires…
Je crains que quelque chose ne se passe. Oser se faire plaisir, seule à l’hôtel avec tout un tas d’idées de petits plaisirs, que va-t-il m’arriver? Mon ex-mari prenant la place qu’il n’a jamais quittée est venu hier me chercher à l’aéroport, m’emmener au concert. Il reviendra demain. Avec lui, tout est apaisé. Je peux lui dire : tu viens me chercher? Sans expliquer…
Dernière minute, je demande un cendrier à une table voisine : c’est Benjamin Biolay. Canon. Grand, musclé, hâlé. Je lui dis que j’avais le projet d’aller l’écouter (il passe ce soir au Nuits de Patrimonio) mais que c’est très difficile d’accès sans parler des places (cf. Hier pour Calogero). Il est d’accord. Etc. Bref, en fait, il ne passera qu’à 23h, j’ai le temps de réfléchir…
Photo perso : le golfe de Saint-Florent
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