En attendant le retour d’un été sans connexion, un petit texte…
🐟🐟🐟
Il hésite et compose le numéro de téléphone. Il l’a demandé à sa maison d’édition. Quand ils ont su qui il était, ils n’ont pas osé refuser.
Pardon de vous demander ça…
Que se passe-t-il?
Vous êtes venue chez moi hier soir?
Non, pourquoi?
J’ai fait un rêve, un cauchemar…
Oui…
Une femme douce au début…
Un rêve, oui…
Et il y a cette cigarette éteinte dans un cendrier sur le balcon.
En fait, vous m’avez invitée à prendre un café.
La nuit?
Oh! Il n’était pas si tard.
Et ensuite?
J’ai pris un taxi pour rentrer chez moi.
Ensuite, tout a basculé…
Je vous écoute…
Cette femme ou une enfant, je ne sais pas, c’était horrible…
Une enfant?
Après, elle a dit : ne me laissez pas seule dans le noir…
Ce sont des mots.
Des mots d’enfant…
Parfois, le passé vous rattrape.
Je me suis réveillé, seul. Je n’ose plus me souvenir.
Allez marcher à la campagne pour vous détendre.
Et elle? Et si c’était vrai?
Elle a oublié aussi.
Et son rouge à lèvres sur cette cigarette?
Après son café…
J’ai cette image, cette phrase dans la tête.
Ce sont ses cauchemars à elle, vous n’y êtes pour rien.
Je la reverrai?
Envoyez-lui un message, elle vous répondra.
🐟🐟🐟
Épilogue
Quand il la revoit, il entend encore cette voix, cette nuit-là, mais aujourd’hui elle ne dit rien. Elle ne dira rien. Il respire sa peau douce, son parfum au cédrat.
Il voudrait lui dire : je n’ai rien compris. Pas voulu comprendre. La nuit trop intense. On se connaissait à peine. Ou justement pour ça. J’ai effacé la nuit, j’ai effacé la femme.
🐟🐟🐟
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