#UpToDate 367
L’enregistrement de cet épisode du podcast Connected Mate a commencé presque de travers. On était en live sur TikTok. Une des caméras ne marchait pas. Un flottement un peu bête de ma part. Un rire. Et puis, au milieu de ce petit désordre très humain, j’ai lâché cette première phrase : “on a donné du code à l’IA, on lui a donné nos textes, on lui a donné nos images et maintenant on s’apprête peut-être à lui donner nos émotions.”
J’ai trouvé ça pas mal pour lancer le podcast parce que, d’un coup, le sujet n’était plus l’innovation. C’était la potentielle dépossession.
Ce que je sais, c’est que le sujet me travaille. Qu’il me travaille depuis quelques mois.
Et c’est pour ça qu’on en parle aujourd’hui.
PPC
Vous êtes maintenant 4.641 à me lire chaque semaine, alors bienvenue à vous dans cette nouvelle édition du mercredi.
#UpToDate fonctionne en deux temps.
Le mercredi, c’est ce que vous lisez en ce moment, je pars d’un épisode de Connected Mate et j’en tire un outil, une méthode, quelque chose de pratico-pratique.
Le samedi, je relis, je relie, je dégage ce qui compte dans ce que j’ai repéré. Pas pour vous informer davantage. Pour vous aider à décider mieux.
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Ce qui compte avec l’IA, ce ne sont pas les outils. Ce sont vos usages et la valeur que vous en tirez. Pour vous. C’est exactement là que j’interviens. Ici et en conférence aussi.
Je vous le dis tout de go, je crois qu’on se trompe souvent de débat sur ce sujet de l’IA et des émotions.
On se trompe parce que quand on pose la question, on la pose souvent de cette façon là : est-ce que la machine ressent quelque chose ? Est-ce qu’elle a une conscience ? Est-ce qu’un robot peut éprouver de l’empathie ? On la pose comme ça, ça a l’air sympa, ça fait blablater, mais en fait on est peut-être en train de passer à côté du vrai problème.
De mon point de vue, le vrai truc c’est qu’en fait, l’IA n’a pas besoin de ressentir pour prendre une place émotionnelle dans nos vies. Il suffit que nous réagissions comme si elle comprenait. Il suffit qu’elle sache assez bien lire nos hésitations, nos silences, notre fatigue, notre besoin d’être rassurés. Et avouez que quand on prend le point sur cet angle là, on est plus sur un débat sur l’innovation. On est sur autre chose, sur un questionnement sur notre intimité.
D’ailleurs l’un des moments qui m’a vachement marqué dans l’épisode c’est quand Richard a raconté cette histoire d’un patient qui a éclaté en sanglot face à un robot. Pourquoi ? Parce que ce patient ne s’était pas senti regardé depuis trop longtemps. Et le regard du robot a touché très profondément ses émotions. Et ça, ça m’a fait gamberger parce que je me suis dit que dans ce cas-là, la techno rend un service profondément humain, et vient combler un abandon que nous n’assumons parfois pas de regarder en face.
Le digital voulait notre attention. L’IA veut désormais nos émotions. C’est là que le sujet de l’IA et des émotions cesse d’être technique et probablement, enfin je le pense, presqu’anthropologique.
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🎧 Si vous souhaitez écouter la conversation complète, l’épisode est disponible sur Apple Podcasts, Spotify et Deezer.
Si cet échange vous a donné envie de voir à quoi ressemble concrètement une IA qui sort de l’écran, Richard Malterre vous ouvre les portes d’Enchanted Tools.
L’occasion de découvrir les robots Mirokai, ces compagnons humanoïdes conçus pour créer une présence, une interaction, parfois même une émotion. Et franchement, je crois que ça vaut le détour parce qu’on peut débattre longtemps de l’IA, des robots, de l’attachement, de l’empathie artificielle… mais il y a un moment où il faut les voir, les approcher, les observer en vrai. Comprendre ce qu’ils provoquent. Sentir ce que ça change quand la technologie prend un visage, un regard, une présence.
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Une belle façon de prolonger l’épisode, non ?
Le danger n’est pas que l’IA ressente. Le danger, c’est que nous commencions à nous attacher comme si elle ressentait.
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A télécharger gratuitement :
NoteTaker AI, l’outil validé par Apple qui transcrit vos conversations sans partager vos données.
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Quand je me suis mis à faire la post-prod de cet épisode, ça m’a obligé à le réécouter. Et c’est là que j’ai eu cette réflexion en me disant que beaucoup de gens préféreront peut-être une IA empathique et prévisible à des humains indisponibles.
Et si la machine devenait, pour certains, relationnellement préférable ? Et si, en tirant le fil, le vrai risque n’était pas une machine qui nous comprend mais une organisation qui commence à décider à partir de ce qu’elle croit lire en nous ?
À partir de là, le sujet devient beaucoup moins théorique parce qu’un dirigeant, un manager, un DRH ne peut pas rester dans le vertige intellectuel très longtemps. À un moment il faut trancher. Qu’est-ce que j’autorise ? Qu’est-ce que j’interdis ? Qu’est-ce que je laisse entrer dans mes équipes, dans mes rituels, dans ma relation client ? Et surtout : comment je gagne du temps sans laisser entrer n’importe quoi sous prétexte que c’est “empathique” ?
Dans la partie Premium, je ne reste pas au niveau du constat. Je vous donne le travail déjà mâché : le mécanisme réel à surveiller, une grille pour distinguer assistance et attachement, un test pour repérer une dépendance artificielle avant qu’elle s’installe, les questions à poser en CODIR, et un prompt prêt à copier-coller pour auditer un dispositif sans repartir de zéro à chaque fois.
Du temps gagné, des mots précis pour cadrer le débat, et des outils directement réutilisables avec vos équipes.

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