Avant de plonger dans ce sujet ô combien passionnant du rôle du manager dans un monde avec des IA partout, j’avais envie de vous partager une nouvelle formidable : je recrute un stagiaire.
Les amis j’ai besoin de votre aide, pour la première fois de l’histoire de Work in Progress je recrute un stagiaire, et attention, pas pour n’importe quel stage, “le meilleur du monde” en tous cas à mes yeux.
À 22 ans, je suis parti 6 mois sillonner le monde pour trouver des entreprises qui travaillent autrement. J’ai fait des rencontres incroyables, et des découvertes qui m’ont retourné la tête.
C’était passionnant. Alors, j’ai rédigé un rapport de 250 pages pour tout synthétiser. Problème : personne ne lit les rapports de 250 pages. Alors j’ai changé de format, et j’ai créé Work in Progress : ça fait maintenant 7 ans qu’on s’éclate à découvrir, synthétiser et raconter ceux qui travaillent autrement, à travers des documentaires, des BDs, des événements...
Mais plus on avance, plus je me rends compte qu’il reste encore beaucoup de bonnes pratiques à découvrir, et certaines à mettre à jour… C’est pour que j’ai besoin de renfort !
Concrètement, voici à quoi ressemble le stage :
Phase 1 - Formation & Synthèse.
Pour vous familiariser avec les formats et les sujets, vous plongez dans 7 ans d’exploration : des dizaines d’entreprises visitées, des centaines d’interviews. Votre mission : mettre en forme ce contenu en fiches claires et actionnables.
Phase 2 - Exploration en Europe.
Vous partez sur le terrain rencontrer une cinquantaine d’entreprises qui réinventent le travail. Vous identifiez les pionniers à interviewer, organisez vos déplacements, menez les rencontres en autonomie. Budget : 8 000 €.
Phase 3 - Création de contenus.
Vous transformez ces rencontres en contenus : fiches pionniers, contenus pour les réseaux sociaux, et un événement à votre retour pour nous raconter tout ce que vous avez appris !
Ce stage, c’est tout les avantages d’une learning expedition telle que je l’ai vécue à l’époque, sans la prise de risque associée, c’était de loin un des moments les plus formateur de ma vie, et je le souhaite à tout le monde.
Si vous connaissez quelqu’un de curieux, autonome, à l’aise à l’écrit, qui rêve d’une aventure comme celle-là, voici la fiche de poste et le processus de recrutement.
Et maintenant, retour à nos moutons !
Si ce n’est pas déjà fait vous pouvez aussi 👇
Regarder les documentaires Work in Progress : 🍿
Organiser une projection avec vos équipes 📽️
Bonne lecture,
Sam
Parmi les questions que j’ai beaucoup entendues en salles à la sortie de notre documentaire Management: work it out : celle sur l’impact de l’IA sur le management figurait sur le podium.
C’est vrai que dans notre documentaire, on n’a pas fait mention de l’IA, parce que ce n’était pas l’objet, et je suis convaincu que tout ce que l’on raconte dans ce film fait toujours autant sens dans un monde dans lequel l’intelligence artificielle est partout, peut-être plus encore.
Néanmoins, il est intéressant de s’interroger sur ce que l’IA va changer pour la fonction managériale, quels outils et défis supplémentaires elle va amener à ce rôle ?
Le premier élément qui me vient en tête, c’est le fait qu’à mesure que l’IA s’immisce dans un nombre croissant de tâches, les managers vont faire face à des équipes qui seront de plus en plus autonomes, qui auront moins le réflexe d’aller solliciter leur manager ou un collègue quand elles seront bloquées, mais qui sauront largement élargir leur champ d’action en mobilisant différents outils, en se passant de l’appel à des prestataires externes ou des services internes.
Ça signifie qu’il faut être capable de faire évoluer beaucoup plus rapidement le champ d’action de chacun et le cadre qui est fixé par le manager. Si la personne est capable de développer rapidement de nouvelles compétences, d’atteindre de nouveaux objectifs, il faut que les points de contacts avec le manager soient plus réguliers afin de mettre à jour la fiche de poste en fonction de ces nouveaux paramètres. Ça me fait penser aux recommandations de Vaughn Tan qui, dans Skills: make it work, recommandait des rôles modulaires et provisoires pour adopter un état d’esprit d’incertitude, on est en plein dedans !
Si on reprend la liste des responsabilités du manager, on peut rapidement imaginer qu’avec l’IA, chacun devient son propre manager, du moins pour une partie des tâches qui lui sont confiées.
Désormais, l’enjeu est d’être capable de rassembler et de fournir beaucoup de contexte, de créer l’architecture d’un workflow, d’exercer de l’esprit critique, d’apporter des corrections, de prendre du recul sur un projet pour ensuite donner de nouvelles instructions.
Le rôle de chacun n’est pas seulement augmenté, c’est un changement de paradigme dans lequel la valeur ajouté d’une tâche réside beaucoup plus dans la partie réflexion. La partie exécution peut être effectuée par des agents, ou par un humain augmenté.
Prenons l’exemple d’un graphiste : Quand je crée mon design moi-même, je vis dans le comment. Je choisis ma typo, je cale mes marges, j’ajuste mes contrastes au pixel. Quand je fais travailler un agent IA, je remonte d’un cran : je formule une intention visuelle, une ambiance, un critère de lisibilité, je donne du contexte sur la cible. Je pense comme un directeur artistique plutôt que comme un graphiste.
Ça marche avec tous les métiers, un analyste financier qui délègue ses modélisations à un agent se retrouve dans la position d’un directeur financier : il valide, challenge, oriente plutôt que de construire ligne par ligne.
À chaque fois, le même mouvement : on passe de l’exécution à l’orchestration.
Et c’est là que ça devient un vrai sujet pour les organisations. Parce que prioriser, donner du feedback, arbitrer entre plusieurs options, fournir un contexte clair, ce sont des compétences managériales désormais attribuées à des personnes qui n’ont pas été formées pour cette évolution, et toutes en seront-elles capables ?
Dans un monde où les managers sont augmentés tout comme leurs équipes, chacun court un nouveau risque, celui de la surcharge cognitive.
Si nous sommes désormais techniquement capables de gérer une charge de projet beaucoup plus développée en donnant des consignes à des humains qui reviennent plus vite vers nous avec un feedback à fournir sur un projet, et en même temps des agents qui exécutent différentes tâches, nous ne sommes pas nécessairement cognitivement capable d’absorber cette charge là.
Dans cet article, un développeur expliquait qu’il ressentait dans la matinée un brain fry, ce brouillard mental typique des longues journées de travail où la charge cognitive a été élevée, alors qu’avant l’IA elle arrivait plutôt vers 18h.
Certes, je peux prompter 4 agents en parallèle qui brûlent des tokens dans tous les sens, mais mon cerveau est-il capable d’avoir la lucidité de faire un feedback pertinent, d’itérer et de poursuivre le workflow dans les bonnes conditions? Pas si sûr.
Même si on n’en voit pas encore la couleur, n’oublions pas qu’une des promesses de l’IA est de réaliser de tels gains de productivité, que nous serions en mesure de réduire le temps de travail.
La vraie question, c’est l’allocation de ces gains de productivité, et si on ne se pose pas concrètement la question, il y a toutes les chances du monde pour qu’on ne fasse que de la croissance, c’est à dire traiter plus de dossier, servir plus de clients… C’est la raison pour laquelle la prédiction de Keynes il y a 100 ans s’est révélée fausse sur notre prétendue semaine de 15h.
Mais ce temps gagné, à ne plus faire autant de reporting, préparer des slides, mettre en forme un compte rendu de réunion, c’est autant d’opportunité d’allouer quelques heures en plus chaque semaine pour être au plus près des équipes, sur le terrain, confronté au travail réel. C’est là le cœur du métier du manager, c’est aussi un des leviers les plus puissants d’engagement avec lequel il faut renouer d’urgence.
L’IA ne se substituera jamais à l’intelligence émotionnelle dont un manager fait preuve avec ses équipes, elle n’est pas capable d’éthique ou de jugement moral, elle n’est pas faite pour trancher sur des décisions, et ce sont autant de compétences pour des managers qui se travaillent d’humains à humains, les yeux dans les yeux, sur le terrain.
A mon avis, on n’a même pas besoin d’attendre les gains de productivité de l’IA, chaque manager, s’il est honnête avec lui même est déjà capable de récupérer 2h de temps perdu sur sa semaine avec des réunions inutiles, trop longues, trop récurrentes, avec trop de participants et en réduisant le volume d’informations transitant par sa boite mail.
Et d’ailleurs quand on dit que l’IA ne remplacera jamais l’intelligence émotionnelle”, c’est vrai. Mais ça suppose que les managers excellent déjà sur ces dimensions, or j’en doute.
C’est là que l’IA joue un rôle paradoxal, elle force les organisations à admettre qu’elles n’ont jamais vraiment investi sur ces compétences pourtant clés pour les managers.
Je rentre d’une dizaine de jours au Maroc, j’avais d’abord prévu des vacances sous le vent pour m’adonner à mon nouveau sport favori, le wingfoil (ça y est mes jibes passent!) et puis j’ai été invité à participer au Future of Work Forum Africa à Casablanca, alors j’ai fait d’une pierre deux coups !
L’Afrique c’est l’angle mort de mes explorations jusqu’à présent, au-delà de donner une conférence et projeter notre documentaire, c’est aussi l’occasion pour moi de découvrir un tas de bonnes pratiques, rencontrer des pionniers, comprendre les enjeux du travail dans les différents pays. Ça m’a donné très envie de revenir une prochaine fois pour filmer.
Je pars ce soir pour Chamonix, retrouver Blaise que vous avez découvert pour beaucoup dans notre doc Management: work it out. On organise un séminaire de deux jours pour rassembler des pionniers des transformations du travail que j’adore, c’est la première édition, il y en aura d’autres ! Si le format vous intéresse, inscrivez-vous par ici, je vous écrirai quand on aura calé les prochaines dates.
Si vous êtes à Rennes : le 19 juin j’organise la dernière session du WIP Comedy Club avant l’été, on a rajouté une petite date pour le plaisir, le concept reste le même, 1h d’humoristes pour rire du travail après le travail. Réservations par ici.
Depuis la sortie de Management: work it out, j’ai reçu +100 demandes de projections.
Mais l’agenda est déjà complet, alors on a trouvé une solution :
Un kit complet de ciné-débat en autonomie :
→ Kit de communication (affiche, trailer, présentation)
→ Le documentaire au format adapté à votre équipement
→ Guide de discussion pour animer le débat après le film
→ Tarifs des droits de diffusion adaptés à votre taille d’organisation (à partir de 400€)
Résultat : sur la centaine de demandes, je vais en animer une dizaine et une cinquantaine sont programmées dans les semaines à venir, un peu partout en France, en totale autonomie !
Que ce soit dans des écoles, des startups, des grands groupes, des tiers-lieux ou des associations locales… Chacun organise à son rythme, en fonction de son budget, avec ses équipes, dans ses locaux.
Par ici pour avoir toutes les infos et organiser votre propre projection.
Pour rappel, si vous recommandez le Billet du futur à d’autres personnes, j’offre des cadeaux !
2 recommandations : Je vous offre un accès privé à mon documentaire Skills: make it work !
10 recommandations : Je vous invite à l’avant-première de mon prochain documentaire
25 recommandations : On s’appelle 30’ pour parler de ce que vous voulez !
Il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous pour obtenir votre lien personnalisé.
Vous n’avez pas eu votre dose de Work in Progress ? Passons une heure de plus ensemble. 🤗
Visionnez les 5 documentaires, découvrez les documentaires à l’unité ou toute la collection !
Lisez la Bande Dessinée Et si on travaillait autrement ? (2022) et sa grande sœur “Mais pourquoi j’irais travailler ?” (2023)
Baladez vous sur notre chaîne YouTube pour découvrir les coulisses des tournages, des extraits des documentaires ou encore des tribunes !
Et surtout écrivez-moi vos retours, ils sont précieux pour la préparation des prochains projets.
Bonne journée ! 🌞

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