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Billet du futur · May 11, 2026

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Billet du futur #150 : Ce que votre vécu au travail dit de vos convictions politiques

Bienvenue dans cette nouvelle édition du billet du futur ! Ça fait maintenant 7 ans que j’explore les meilleures pratiques du Futur du Travail, et cette newsletter est le meilleur moyen de découvrir mes apprentissages en avant-première.

Pour ceux qui me suivent depuis quelques années et ont envie d’aller plus loin dans les explorations des transformations du travail, rdv plus bas à la section news, j’ai une proposition pour vous !

Si ce n’est pas déjà fait vous pouvez aussi 👇

Bonne lecture,
Sam

Photo prise lors d’une intervention DANS la tour Eiffel, c’est une folie ça non ?

Il y a quelques jours, lors de la projection lyonnaise, Anthony Contat, président du groupe local de l’ANDRH écrivait : “Samuel Durand ne se contente pas de filmer des entreprises : il construit une œuvre artistique éminemment politique. À travers ce film, Samuel communique une vision du monde et de l’entreprise où les valeurs humaines priment sur les process.”

Et j’ai parfois cette question qui revient : “mais alors, comment tu te positionnes toi ?” comme si la personne en face avait envie d’être rassurée et que nous soyons du même camp, avant de souscrire à la vision portée dans les documentaires.

Après 6 documentaires, je pense que n’importe qui ayant prêté attention lors des visionnages, a une bonne idée de mon point de vue sur les affaires sociales et économiques, après tout, qu’il y a-t-il de plus politique que le travail ?

Ce qui me réjouit, c’est de savoir que les documentaires sont visionnés par tous les camps de l’échiquier politique et viennent nourrir les débats.

Aujourd’hui, j’avais envie d’aborder la question de la politique de manière très directe, car je suis tombé sur une étude qui montre ô combien nous avons besoin de penser tous les aspects du travail.

Vous me suivez ?

Une étude qui change la grille de lecture

On cherche d’habitude les racines du vote dans le salaire, le diplôme, l’héritage familial… L’étude publiée en début d’année par Yann Algan et son équipe de chercheurs d’HEC vient bousculer tout ça. Ils ont interrogé 3 900 salariés du secteur privé sur ce qu’ils vivent au quotidien au travail, leurs émotions, leur rapport à l’entreprise, leurs aspirations. Et ils ont croisé tout ça avec leurs affinités politiques.

Le résultat est clair et étonnant : ce qui sépare les électorats au travail, ce n’est ni le salaire, ni la catégorie socioprofessionnelle, ni le niveau d’éducation comme on aurait pu l’imaginer.

C’est la qualité du lien social vécu au quotidien : la confiance qu’on accorde à ses collègues, à son manager, à l’institution qu’est l’entreprise.

Quand j’ai lu ça, je me suis dit que c’était probablement l’étude la plus importante que j’ai croisée cette année sur le sujet du travail. Ce que ça veut dire, c’est qu’améliorer les conditions de travail n’est pas seulement un enjeu de bien être et de performance, mais aussi un enjeu éminemment politique !

Cinq France coexistent en entreprise

Par ici si vous voulez vous plonger dans l’étude complète. (une trentaine de pages)

L’étude dessine cinq profils de salariés avec des rapports au travail radicalement différents.

  • Le salarié du Centre est le seul dans ce que les chercheurs appellent la « zone d’épanouissement » : il a une fierté maximale, une méfiance minimale, une satisfaction sur presque tous les plans. Il semble faire confiance à l’entreprise, à ses collègues, à sa hiérarchie.

  • Le salarié de Gauche modérée cherche avant tout à appartenir, à faire collectif. Son rapport au travail est fondé sur le lien plus que sur la carrière. Il valorise l’entraide, la coopération, l’ambiance.

  • Le salarié de Gauche Radicale (LFI) a un côté paradoxal : c’est celui qui trouve le plus de sens et d’utilité dans son travail, mais aussi celui qui a le moins de perspectives de promotion et qui se sent le moins valorisé par son supérieur. Il trouve du sens, mais il ne parvient pas à se projeter dans une carrière et il en tire de la frustration.

  • Le salarié de la Droite Radicale (RN) : alors là c’est un peu plus complexe, on peut distinguer deux profils dont le rapport au travail est radicalement opposé.

  • Les « RN heureux » (environ 60% de l’électorat RN) : satisfaction professionnelle élevée, sociabilité forte, peu de sentiment de déclassement, plus de cadres, salaire plus élevé.

  • Les « RN malheureux » (environ 40%) : isolement au travail, lassitude et colère élevées, fort sentiment de déclassement, frustration salariale maximale.
    L’écart de salaire entre eux est de 325 euros mensuels, c’est une somme importante mais pas non plus dingue, ce n’est pas tant là le sujet. Ce qui les sépare vraiment, c’est l’environnement relationnel. Le RN heureux évolue dans un univers de coopération, de confiance, de proximité avec sa hiérarchie. Le RN malheureux vit l’isolement au quotidien : défiance envers la direction, absence de soutien des collègues.
    C’est la taille de l’entreprise qui semble faire la différence. Les RN heureux travaillent plutôt en TPE, la petite structure crée la proximité, la connaissance des collègues, la confiance. Dans les grandes structures, le salarié RN est davantage anonyme, plus exposé à l’isolement relationnel qui nourrit sa défiance. Même vote, deux réalités.

  • Et puis il y a le tiers silencieux : ce sont les 33% des salariés du privé ne se reconnaissent dans aucun parti. Ils ne sont pas frustrés, ils ont cessé d’attendre quoi que ce soit.

La confiance dans les collègues change tout

Vous l’avez compris, le cœur du sujet, c’est le lien social, c’est la confiance qu’on accorde à ses collègues au quotidien, et ce, dans toutes les classes socioprofessionnelles.

Le salarié qui est bien entouré au travail, même s’il est mal payé, même si l’environnement de travail n’est pas exceptionnel, aura tendance à faire preuve d’ouverture.

Celui qui est seul dans son équipe, même s’il est satisfait de son job, aura tendance à se renfermer sur lui-même. Peu importe le salaire, l’éducation ou l’âge.

Les chercheurs retrouvent ainsi, au niveau de l’entreprise, ce qui avait déjà été montré au niveau macro : la confiance et le bien-être séparent les partis modérés des radicaux.

Ça veut dire que chaque équipe où un salarié déjeune seul, où les suggestions ne sont pas prises en compte, où la méfiance est la norme, où la règle a pris le pas sur le bon sens, contribue à nourrir un sentiment de défiance généralisée et pousse à voter pour des extrêmes.

L’autre leçon de cette étude : c’est une histoire d’attentes

Comme si ce n’était pas assez compliqué, il faut ajouter un peu de nuances, notamment pour comprendre vers quels extrêmes les votes anti-système vont.

La satisfaction au travail n’est pas directement corrélée à la réalité de l’expérience vécue. Elle est plutôt corrélée aux attentes que l’on projette sur son travail. Même les salariés RN isolés peuvent se déclarer plus satisfaits que des salariés de Gauche Radicale pourtant mieux entourés. Pourquoi ? Plusieurs paramètres sont à prendre en compte :

  • La confiance dans l’entreprise comme institution : si vous adhérez au modèle « entreprise », si vous y croyez, vous vous y sentez plus satisfait que si vous la percevez comme un lieu d’exploitation. Le salarié LFI porte un regard critique sur le modèle, et cette posture critique génère de l’insatisfaction, même avec de bonnes relations entre collègues.

  • D’où vient la fierté ? : le salarié RN tire sa fierté du statut tandis que le salarié LFI la tire du sens. Et sur la question du sens, les attentes sont par nature plus élevées et plus difficiles à combler.

  • Le sentiment de déclassement : à diplôme et salaire comparables, le vote dépend aussi de l’impression d’être en ascension ou en chute.

On revient toujours au même sujet : le bien-être ne se résume pas au salaire ou aux conditions matérielles, il passe par le lien, la reconnaissance, le sentiment d’être entendu.

Et c’est intéressant de l’avoir en tête quand on travaille sur un programme de transformation, quand on design une expérience collaborateur, les conséquences de nos actions sur la notion de lien dépassent largement les murs de l’entreprise.

A l’heure où nous sommes de moins en moins croyants, où nous ne connaissons plus nos voisins, où nous passons nos soirées à scroller & binger sur des écrans, l’entreprise apparaît comme un des derniers bastions du lien social, qui peut vite se transformer en fabrique à défiance si nous n’en prenons pas soin.

News 🔥

MERCI : je sors d’un mois de tournée aux 4 coins de la France, des projections publiques toutes complètes, de Pau à Lyon, des discussions géniales qui me donnent plein d’idées pour les prochaines explorations, milles mercis pour tous vos retours.

Vous êtes nombreux à m’écrire que ce documentaire agit comme une prise de conscience, qu’il vous donne envie de faire quelques petits ajustements pour apaiser vos relations managériales, c’est génial !

La tournée reprend dès le 1er juin en Normandie avec pas moins de 27 interventions avant l’été, voici toutes les dates publiques à venir, d’autres dates arrivent en septembre pour les villes non mentionnées.

Il me reste un créneau en septembre pour une dernière intervention, puis les prochaines dispos sont en novembre. Vous pouvez organiser votre propre projection en autonomie avec votre équipe grâce à notre kit de diffusion clé en main. (kit promo, documentaire, guide de discussion). Tout se passe par ici.

D’ici-là en mai je prends un peu de vacances, loin des trains et des cinémas, proche de la mer et des amis. J’emporte tout de même avec moi un carnet et un stylo pour écrire notre prochain documentaire.

Les Rennais : on vient avec le WIP Comedy Club, c’est la dernière session de l’année qu’on vient d’ajouter pour rire du travail après le travail, rendez-vous le 19 juin. Places limitées, tarif earlybird, réservations par ici.

Rejoindre le WIP Explorers Club

Autour de chacun de mes documentaires, j’ai rassemblé des entreprises qui utilisent mes contenus et événements pour nourrir leurs communautés en interne : séminaires, dîners, webinars, projections, newsletters…

Et au fil des années, on a commencé à inviter d’autres personnes qui sont venues enrichir la communauté, le séminaire de cette année en février a achevé de me convaincre qu’il était temps d’ouvrir un peu plus largement les portes de notre communauté pour rassembler celles et ceux qui veulent challenger leurs pratiques avec des pairs, animer des communautés internes avec du contenu actionnable et rigoureux, tout en passant des bons moments dans des formats ludiques.

Je sélectionne une dizaine d’entreprises pour démarrer, si cette courte description fait écho à vos envies du moment, écrivez-moi.

Vos cadeaux pour vous remercier de partager le Billet du futur

Pour rappel, si vous recommandez le Billet du futur à d’autres personnes, j’offre des cadeaux !

  • 2 recommandations : Je vous offre un accès privé à mon documentaire Skills: make it work !

  • 10 recommandations : Je vous invite à l’avant-première de mon prochain documentaire

  • 25 recommandations : On s’appelle 30’ pour parler de ce que vous voulez !

Il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous pour obtenir votre lien personnalisé.

Référez un ami

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Vous n’avez pas eu votre dose de Work in Progress ? Passons une heure de plus ensemble. 🤗

Et surtout écrivez-moi vos retours, ils sont précieux pour la préparation des prochains projets.

Bonne journée ! 🌞

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