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Billet du futur · Jun 29, 2026

Management : s’inspirer de la cordée

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Samuel Durand · Billet du futur

Bienvenue dans cette nouvelle édition du billet du futur ! Ça fait maintenant 5 ans que j’explore les meilleures pratiques du Futur du Travail, et cette newsletter est le meilleur moyen de découvrir mes apprentissages en avant-première.

Si ce n’est pas déjà fait vous pouvez aussi 👇

Bonne lecture,
Sam

Il y a quelques semaines, je me suis retrouvé encordé, en train d’escalader les rochers au-dessus de la mer de glace à Chamonix à l’occasion d’un séminaire. Pour ces deux jours, j’ai proposé à une dizaine de personnes de nous rejoindre, des dirigeants qui expérimentent réellement le futur du travail, avec des bonnes pratiques géniales et des penseurs des transformations du travail.

Pour ceux qui ont vu notre documentaire Management: work it out, vous vous en doutez, j’étais accompagné de Blaise Agresti. Après une vingtaine d’années à diriger le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) et coordonner des centaines de secours, il a créé Mountain Path pour faire vivre à travers une pédagogie expérientielle les parallèles fascinants entre le monde de l’entreprise et la haute montagne.

On organise ensemble deux nouvelles sessions, infos & inscriptions par ici.

Le concept de cette learning expedition WIP x Mountain Path, c’est d’arriver avec des questions, et de trouver des réponses dans les expériences vécues pendant ces deux jours : escalade en cordée, randonnée, partage d’expérience, marche en crampons sur les névés de fin de printemps, et puis évidemment exercices de secourisme, serious game et nuit en refuge.

Voici quelques unes des questions partagées au démarrage de ce séminaire, dans le petit train à crémaillère qui nous montait jusqu’à la mer de glace :

  • Comment faire grandir les gens ?

  • Comment s’assurer de l’exécution une fois qu’on a décidé d’un sujet, autrement dit comment on crée de l’engagement ?

  • Comment rendre les gens lucides sur leur position et leur identité dans la boîte ?

  • Dans les entreprises pionnières et parfois dans certains grands groupes, comment lutter contre l’embourgeoisement, comment on s’assure que les avantages mis en place fassent encore effet ?

  • Qui écoutons-nous et pourquoi ?

  • Comment prendre une décision avec un consensus véritable ?

Dans la pédagogie de Mountain Path, Blaise et ses équipes font quelque chose de malin, ils créent des trappes pédagogiques. Des situations conçues pour donner une leçon à travers une expérience vécue. Concrètement, voici quelques une des leçons que nous avons collectivement prises pendant ces deux jours :

La surconfiance

Après une heure d’escalade où nous étions encordés sur des échelles et rochers et encadrés par des guides, Blaise demande : qui est partant pour y retourner sans guide cette fois ?
Pour certains pour qui l’expérience a semblé “facile”, hop on plonge dans un excès de confiance et on se porte volontaire. Un premier biais identifié ! Mais la trappe pédagogique est à côté, l’idée ici, c’est de voir qui dans un groupe va oser s’opposer et dire non, qui va lever la main pour dire que ce n’est pas raisonnable ? Dans notre groupe, c’est allé assez vite, mais pour un Comex avec des enjeux politiques, des rapports de force, des pressions à garder la face, les non-dits sont légions, et cette expérience permet de mieux identifier ces mécanismes qui entravent le bon fonctionnement du groupe.

Comment créer du lien ?

Tout au long de ces deux journées, il a fallu se faire confiance, car on évolue sur une même cordée, on s’entraide sur des exercices de secourisme, or les participants s’étaient découverts pour la plupart la veille. Une des choses qui m’a frappé, c’est à quel point dans ce contexte, les repères temporels sont bouleversés, on a créé un lien beaucoup plus fort, beaucoup plus vite, et on s’est livrés beaucoup plus facilement.

Une des participantes qui avait évoqué son appréhension avant la session d’escalade nous disait lors du débrief qu’elle a immédiatement oublié sa propre peur pour aider une autre participante qui se sentait encore moins à l’aise dans la cordée.

Je me suis demandé comment recréer cette confiance et cette coresponsabilité aussi vite en entreprise ?

Évidemment c’est une posture au quotidien, c’est du temps passé avec la personne, ce sont des discussions, mais ce qui m’est tout de suite venu, c’est la notion d’argent, l’intéressement : partager la responsabilité, c’est aussi partager les bénéfices. Et puis s’assurer que la nature de la mission soit réellement comprise par tous.

Le droit à l’erreur

Alors ça c’est très intéressant, d’abord parce que c’est un des passages que je préfère dans le documentaire, quand Blaise nous dit qu’il n’est pas très à l’aise avec cette notion qu’on comprend mal.

En fin de journée, alors que nous étions presque arrivés au refuge, à même pas 30’ de marche d’un bon dîner, on prend une demi-heure pour une dernière pause et on en profite pour débattre tous ensemble de ce concept de droit à l’erreur ; qui est responsable, la personne qui fait l’erreur ou son guide (manager) qui a encadré l’erreur ?

Dans quelle mesure on peut laisser en autonomie une personne qui va commettre une erreur, aussi formatrice soit-elle, si on sait que celle-ci peut-être évitée ?
Assez rapidement, on se met d’accord sur l’idée que tout dépend du coût de l’erreur. Mais c’est loin d’être aussi simple.

En se remettant en route, on croise deux - trois névés, à première vue rien d’alarmant, après une journée de marche, on se sent tous à l’aise sur ce terrain montagnard, et on ne pense pas une seconde à chausser nos crampons. A ce moment-là Blaise est à l’arrière du groupe, c’est Laurence (une membre Mountain Path mais pas guide) qui est en tête et file vers le refuge d’un bon pas au moment où au milieu du groupe, une des participantes glisse, elle est vite rattrapée et rien de grave ne se passe. Sauf que la chute aurait pu être mortelle, parce qu’en dessous la pente était raide, avec plein de rochers à l’arrivée.

Droit à l’erreur, certes, mais à quel prix ?

Qui est responsable de cette erreur ?
La personne qui glisse ? Elle n’avait qu’à faire attention.
La personne en tête qui mène la marche à la place du guide ? Elle endosse la responsabilité du groupe.
L’ensemble des personnes qui auraient dû signaler que la situation était dangereuse ? Nous sommes tous responsables les uns des autres.
Le guide ? Il aurait dû être à l’avant et être vigilant sur l’ensemble des personnes qui traversaient ce passage un poil complexe.

La bonne réponse, c’est que d’un point de vue pénal, c’est le guide qui est responsable. La réalité, c’est qu’après une journée à nous voir chacun évoluer, il a une première lecture des personnes auxquelles il faut faire davantage attention, et celles qui sont plus à l’aise dans des terrains glissants, et en connaissance de cause, il va imposer la sécurité maximale (crampons) ou laisser chacun libre d’apprécier la situation, en prenant le risque que le jugement que la personne porte sur elle même ne soit pas le bon.

En entreprise, c’est la même chose, si on veut développer les compétences de quelqu’un, il faut le laisser tenter de nouvelles activités, et se faisant, se planter, mais pour que les échecs se transforment en apprentissage, il faut qu’ils soient mesurés, encadrés, et qu’on envoie la personne un tout petit peu hors du cadre habituel, en sachant qu’elle peut réussir. Le groupe s’est mis d’accord pour dire qu’on gagnerait à remplacer le terme de droit à l’erreur par le droit à l’expérimentation.

Le serious game : obtenir un consensus véritable

C’est peut-être mon moment préféré de ces deux jours, alors qu’on l’a pourtant fait rapidement, en haut de l’aiguille du midi, dans un lieu qui appelait plus à la contemplation qu’aux exercices, mais j’ai immédiatement senti la puissance de ce serious game.

Concrètement, on nous présente une situation réelle de secourisme, et en petit groupe, l’objectif est de prendre des décisions comme si nous étions au centre des opérations. Sauf qu’en situation d’urgence vitale, pas simple de s’organiser.
J’ai touché du doigt l’impasse dans laquelle nous sommes vite tombés quand chacun essayait de convaincre que sa solution était la bonne.

Or c’est le genre de décision pour laquelle il faut un consensus véritable, et voici la recette partagée par Blaise pour l’obtenir :

On commence par faire un tour de table, en commençant du moins gradé au plus haut gradé.

Chacun présente d’abord sa compréhension de la situation, ensuite les risques, et enfin la solution qu’il propose. En parlant, naturellement, les options se ferment. Et lorsqu’un désaccord apparaît, on passe en mode enquête, et pas en mode avocat pour défendre sa position. On essaye de comprendre les écarts de lecture sur la situation, l’analyse des risques, et au bout du compte le leader tranche, en ayant véritablement entendu les avis de chacun.

Et c’est un fonctionnement essentiel, d’autant plus dans une situation d’urgence où la vie est en jeu, on ne peut pas se permettre d’avoir des personnes qui ne sont pas alignées avec la décision finale, et qui, dans l’opération vont la remettre en question.

On a tourné une vidéo d’une minute pour vous donner une idée de ce à quoi ressemble cette learning expedition.

Ce séminaire, c’était un pilote pour Blaise et moi, alors naturellement, on a voulu savoir ce qu’en avaient pensé nos premiers participants pour améliorer de futures versions auxquelles vous pourrez participer.
Et on avait de la chance puisque dans l’équipe, on avait Raphaël Maisonnier, qui vient de sortir son livre
Feedback en action - Le secret des équipes performantes.

Il a guidé notre tour de table et c’était un vrai cadeau, nous repartons avec plein de bonnes idées pour améliorer encore l’expérience de ces deux journées.

Et maintenant à vous de jouer !

Si la perspective d’un tel séminaire vous tente, nous organisons deux nouvelles sessions avec Blaise à Chamonix, un mix entre la pédagogie expérientielle de Mountain Path et mes analyses du travail chez Work in Progress.

3 jours, 10 personnes, avec à chaque fois un invité surprise issu des documentaires WIP :

  • Session hiver : 6-8 janvier

  • Session printemps : 26-28 mai

Une partie de la formation est finançable par votre OPCO (certifiée Qualiopi)

Infos & Pré-inscriptions

D’un point de vue plus personnel, ces deux journées m’ont donné envie de passer encore plus de temps en montagne. C’est déjà une part importante de ma vie, une trentaine de jours par an, surtout en hiver, mais j’aimerais plus encore !

Et comme j’ai quelques heures de trains à venir, je me suis acheté des bouquins de grandes explorations et de sauvetages. Si vous avez des recos, j’ai les oreilles grandes ouvertes. (en ce moment je suis dans Shackleton !)

On arrive doucement sur les dernières dates de projection, encore une petite dizaine avant la pause estivale, j’ai adoré ces moments ! La semaine dernière à Paris, Reims, Strasbourg, et Angers, que des discussions passionnantes, un super accueil à chaque fois, mille mercis d’être toujours au rendez-vous, c’est quand même assez génial, je ne m’y habitue toujours pas.

La tournée reprendra en septembre, voilà toutes les prochaines dates.

Cette semaine je file à Barcelone pour une projection avec Lisa & Dunia que vous avez peut-être découvertes dans le film.
Les prochaines dispos pour des interventions sont en novembre, et d’ici là vous pouvez continuer à organiser des projections en toute autonomie,
tout se passe par ici.

Mon ami Victor Parnaso que vous avez découvert sur le WIP Comedy Club joue pour la première fois son spectacle à Avignon dans une dizaine de jours, il parle des différentes versions de nous mêmes : au travail, en couple, avec ses amis, avec son chien… Si vous êtes dans le coin, allez le voir !

J’ai commencé à intégrer les premiers membres dans le WIP Club, j’ai super hâte de démarrer en septembre et voir évoluer cette communauté.

Pré-inscriptions par ici.

Pour rappel, si vous recommandez le Billet du futur à d’autres personnes, j’offre des cadeaux !

  • 2 recommandations : Je vous offre un accès privé à mon dernier documentaire !

  • 10 recommandations : Je vous invite à l’avant-première de mon prochain documentaire

  • 25 recommandations : On s’appelle 30’ pour parler de ce que vous voulez !

Il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous pour obtenir votre lien personnalisé.

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Vous n’avez pas eu votre dose de Work in Progress ? Passons une heure de plus ensemble. 🤗

Et surtout écrivez-moi vos retours, ils sont précieux pour la préparation des prochains projets.

Bonne journée ! 🌞

Read the original on billetdufutur.substack.com

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