Bienvenue dans cette nouvelle édition du billet du futur ! Ça fait maintenant 7 ans que j’explore les meilleures pratiques du Futur du Travail, et cette newsletter est le meilleur moyen de découvrir mes apprentissages en avant-première.
Si ce n’est pas déjà fait vous pouvez aussi 👇
Regarder les documentaires Work in Progress🍿
Rejoindre le WIP Club 👋
Organiser une projection avec vos équipes 📽️
Bonne lecture,
Sam
En 2003 la canicule tuait 15 000 personnes, majoritairement des personnes âgées, et une bonne idée a fait surface, créer un fonds abondé par la journée des solidarités pour permettre l’adaptation des EHPAD aux vagues de chaleur.
Ironie de la situation, ce sont les travailleurs qui financent ce fonds mais aucun texte ne fait mention de l’utilisation de ces sous pour adapter également les conditions de travail. Il a fallu attendre le décret du 27 mai 2025, soit 22 ans, pour que la France reconnaisse la chaleur comme risque professionnel.
Car avec +50 milliards collectés depuis 2003 grâce à cette journée de solidarité, on aurait non seulement pu mieux équiper les EHPAD, mais ça aurait aussi pu être l’occasion d’équiper les hôpitaux, les écoles et démarrer l’adaptation des lieux de travail. Or cet argent a été intégré au budget global de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, autrement dit, il contribue à moins creuser le déficit de la sécurité sociale.
Bon, on ne va pas rentrer dans le débat de l’utilisation de l’argent public ou de celui de la lisibilité des actions engagées par les efforts consentis par les travailleurs, nous allons plutôt nous demander comment adapter le travail aux conditions climatiques qui évoluent rapidement, notamment le “il fait trop chaud en été”.
Et si en France on arrive encore à être surpris chaque année par une nouvelle vague de chaleur dont la récurrence et l’intensité sont pourtant irrémédiables, je me suis demandé si d’autres pays, déjà plus exposés à la chaleur étaient de bons exemples.
Modifier les horaires
C’est évidemment le premier levier d’action, en Espagne, plus de la moitié des entreprises pratiquent déjà la jornada intensiva : on commence tôt, on saute la longue pause déjeuner ou on la réduit à une vingtaine de minute, et on termine à 14h, voire avant lors des pics de canicule. Depuis 2023, la loi va plus loin, car en cas d’alerte orange ou rouge les employeurs ont l’obligation d’adapter les horaires, ou même de suspendre l’activité, et les amendes pour exposition à la chaleur ont plus que doublé en trois ans.
Mais est-ce que c’est à la loi de définir un seuil de température maximale au-delà duquel il faudrait systématiquement arrêter le travail ? Je n’en suis pas certain. On parle en ce moment de 28° pour les chantiers et 30° dans les bureaux, pourtant la température seule n’est pas l’unique facteur à prendre en compte, le taux d’humidité et le vent changent le ressenti, tout comme la capacité différente de chaque corps à ressentir la chaleur.
Tout comme je crois que nous gagnerions à laisser chacun libre de choisir les moments où il a besoin de repos, je crois que nous devrions aussi laisser chacun libre de décider s’il faut arrêter le travail ou non et adapter l’activité et les tâches en fonction de l’intensité de la chaleur au fil de la journée. On en revient encore au choix de la confiance et du bon sens qui prime sur la règle et le contrôle.
Plutôt qu’un arrêt complet de l’activité comme solution unique, je suis plutôt partisan de l’adaptation des conditions de travail. En France, des entreprises du BTP testent des gilets rafraîchissants qui font baisser la température ressentie jusqu’à 15°C, des brumisateurs de chantier et des bungalows climatisés maintenus à 26°C pour récupérer entre deux tâches. L’équipement de protection individuelle ce n’est plus simplement le gilet réfléchissant, le casque et les coques sur les pieds, c’est le vêtement thermique avec un cache nuque, des poches rafraîchissantes ou encore de mini ventilateurs intégrés dans les gilets. On pourrait imaginer que dans deux ans, distribuer un gilet rafraîchissant en juillet paraîtra aussi évident que distribuer des bouchons d’oreilles sur une ligne de production.
Le télétravail : ça dépend !
Même si on ne parle pas de travailler directement sous le soleil, le travail de cols blancs présente aussi le défi d’être exercé dans de bonnes conditions. Là aussi, difficile de se projeter sur une bonne pratique unique en matière de télétravail, pour certains le confort sera de rester chez soi car le domicile est mieux équipé pour trouver de la fraîcheur que certains centres urbains. Lors de la canicule de juin, le télétravail est passé de 28 % à 37,6 % en France. C’est la mesure la moins chère et la plus simple à activer, à une condition : que le logement du salarié soit vivable, ce qui est loin d’être gagné sous les toits en zinc parisiens.
Certaines entreprises raisonnent en sens inverse, en rapatriant au bureau climatisé ceux qui cuisent chez eux. Le vrai plan canicule n’est pas télétravail ou présentiel, c’est laisser chacun choisir l’endroit où il sera le mieux pour travailler.
Le bureau peut aussi devenir un lieu d’accueil pour les enfants dont les écoles non équipées pour les vagues de chaleur sont fermées et même parfois pour les animaux !
On s’habille comment ?
Ici le problème ce n’est pas la loi, mais le regard des autres et les codes vestimentaires hérités d’une époque où il ne faisait que très exceptionnellement 40 degrés en France.
Fort heureusement, le port de la cravate est tombé en désuétude dans la plupart des secteurs, quelques irréductibles s’acharnent à exiger la chemise mais en période de canicule, il faudrait aimer se faire du mal pour souscrire à ce dress code. La question qui se pose est celle du short, et je dois avouer que moi même, qui suis pourtant très à l’aise à intervenir devant du public en sweat, en Tshirt, en sneakers, avec une casquette, bref, tout ce qui n’est pas nécessairement attendu, je n’ai pas encore franchit le cap du short. Il y a quelques semaines, lors de la canicule de juin, j’arrivais sur le lieu des conférences en short, je filais aux toilettes mettre un pantalon, que j’enlevais sitôt sorti de scène.
C’est le genre de choses qui peut rapidement évoluer grâce à des rôles modèles qui seront à l’aise pour privilégier le confort plutôt que le dress code attendu, on verra lors de la prochaine vague de chaleur si je me sens à l’aise pour prendre la parole en short.
Faire preuve de bon sens
Dans un monde d’incertitude, on a besoin de créer des rôles modulaires et provisoires pour s’adapter aux nouveaux paramètres qui entrent en jeu. C’est tout le propos de Vaughn Tan dans le documentaire Skills: make it work dans lequel il explique comment adopter un état d’esprit d’incertitude en entreprise.
Les canicules sont des événements auxquels on peut s’attendre mais on n’en connaît pas précisément la récurrence, l’intensité et les effets qu’elles vont produire, dès lors, il faut être capable de s’adapter, et pour ça, difficile de mettre uniquement en place des règles, il faut aussi faire preuve de bon sens. Cette photo a circulé sur Linkedin il y a quelques jours, partagée par
Alors pourquoi le faisons-nous ? L’agent a-t-il eu le choix ou applique-t-il une consigne qu’il ne peut discuter d’un chef dont les objectifs fixés ne laissent la place à aucune réflexion sur le travail réel et pour qui seul le travail prescrit fait foi ?
En période de canicule, il nous faudra repenser nos circuits de décision, déléguer la capacité de raisonnement et de décision aux personnes qui sont au plus proches du terrain et qui évaluent en temps réel les tenants et les aboutissants, les contraintes parfois tacites de chaque mission. Et pour ça, il faut faire confiance. J’ai passé les deux dernières canicules de cette année en Bretagne où l’alerte rouge a été lancée car le mercure est passé bien au-delà des normales saisonnières. Et en tant que lyonnais plus habitué aux climats continentaux qu’océaniques, j’étais déjà assez étonné de constater la réaction des bretons aux températures avoisinant les 35°. Mais ce qui m’a encore plus étonné, ce sont les arrêtés préfectoraux en mode ceinture bretelle annulant tour à tour des événements, fermant des complexes sportifs. Or au moment où il faisait certainement +38° à Rennes là où la décision été prise, il faisait autour de 28° dans les forêts du centre de la Bretagne.
Chaque crise amène son lot d’absurdité dont on préfère rire une fois l’événement passé car nous fonctionnons avec un système de décisions centralisées. Or ce dont nous avons besoin face à des événements imprévisibles de la sorte, c’est d’adapter la réaction à la réalité du terrain, en l’occurrence à déléguer la prise de décision à une échelle beaucoup plus locale.
La leçon que nous pouvons tirer du fonctionnement de ces décisions au niveau des collectivités est exactement la même que celle que nous pourrions tirer en entreprise : faisons confiance aux personnes sur le terrain !
Depuis deux semaines, je redécouvre les journées sans train, sans conférence, presque sans appel, et je dois dire que ça me fait tout drôle. L’été j’aime ralentir le rythme, je ne coupe pas vraiment complètement, mais pendant 2 mois, je ne travaille que 2-3 heures par jour.
Quand je suis devant l’ordinateur, je consacre mes journées à la préparation de notre prochain documentaire, à l’amélioration de mes processus, à tirer le fil de toutes les idées qui me traversent l’esprit, et le reste du temps je retrouve des amis, je vis de nouvelles aventures, je passe beaucoup de temps sur l’eau.
Cette newsletter est d’ailleurs écrite depuis un cowork avec une jolie vue sur la mer à Lisbonne !
Plein de beaux projets se préparent pour les mois à venir, et toute une ribambelle qui nous donnera l’occasion de nous retrouver lors de chouettes expériences :
Les projections : en septembre je reprends la tournée des projections publiques, Marseille, Nice, Grenoble, Lille et une dizaine de villes et plein de projections directement en entreprise. Pour programmer une intervention ensemble (à partir de novembre) ou organiser une projection des documentaires en toute autonomie, tout se passe par ici.
Rejoignez moi en learning expedition en 2027 : dans la dernière édition, je vous partageais les parallèles entre la cordée et le management que je tirais de 2 jours de learning expedition à Chamonix avec Blaise Agresti, ancien dirigeant du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne et guide. Vous êtes +35 pré-inscrits pour participer à une des deux expéditions l’année prochaine : un mix entre la pédagogie expérientielle de Mountain Path et mes analyses du travail chez Work in Progress. 3 jours, 10 personnes, avec à chaque fois un invité surprise issu des documentaires WIP :
Session hiver : 6-8 janvier
Session printemps : 26-28 mai
Une partie de la formation est finançable par votre OPCO (certifiée Qualiopi). Nous allons constituer les cordées à la rentrée, il est encore temps de se pré-inscrire, toutes les infos sont par ici.
Le WIP Club : En septembre je lance le WIP Club, c’est une communauté de curieux des transformations du travail et l’accès à toutes mes explorations depuis 7 ans. J’ai commencé à intégrer les premiers membres, j’ai super hâte de démarrer à la rentrée, vous pouvez encore rejoindre la commu au tarif de lancement.
Pour rappel, si vous recommandez le Billet du futur à d’autres personnes, j’offre des cadeaux !
2 recommandations : Je vous offre un accès privé à mon documentaire Skills: make it work !
10 recommandations : Je vous invite à l’avant-première de mon prochain documentaire
25 recommandations : On s’appelle 30’ pour parler de ce que vous voulez !
Il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous pour obtenir votre lien personnalisé.
Vous n’avez pas eu votre dose de Work in Progress ? Passons une heure de plus ensemble. 🤗
Visionnez les 5 documentaires, découvrez les documentaires à l’unité ou toute la collection !
Lisez la Bande Dessinée Et si on travaillait autrement ? (2022) et sa grande sœur “Mais pourquoi j’irais travailler ?” (2023)
Baladez vous sur notre chaîne YouTube pour découvrir les coulisses des tournages, des extraits des documentaires ou encore des tribunes !
Et surtout écrivez-moi vos retours, ils sont précieux pour la préparation des prochains projets.
Bonne journée ! 🌞

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.