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Billet du futur · Apr 20, 2026

Et si on avait 2 métiers ?

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Samuel Durand · Billet du futur

Bienvenue dans cette nouvelle édition du billet du futur ! Ça fait maintenant 7 ans que j’explore les meilleures pratiques du Futur du Travail, et cette newsletter est le meilleur moyen de découvrir mes apprentissages en avant-première.

Si ce n’est pas déjà fait vous pouvez aussi 👇

Bonne lecture,
Sam

Il y a quelques années, j’ai rencontré Thibault lors d’une conférence, en 5 minutes j’ai compris qu’il était de ceux qui se lançaient dans des projets qui paraissent impossibles sur le papier, mais avec une telle passion et une telle énergie qu’on ne peut qu’y croire et avoir envie de l’aider.

Thibault a hérité du Château de la Mazure, en Mayenne, un bâtiment magnifique qui, comme 29 000 autres châteaux en France, cherche une raison d’exister au-delà de ses murs.

Son constat est simple, et je le partage : les châteaux sont des contenants sans contenu. On ne pourra pas subventionner les rénovations de tous les châteaux de France. Si on veut leur permettre de traverser les époques, ils ont besoin d’un modèle économique.

Et pour ça, il a des idées !

La première brique, c’est le Château des Langues : des séjours d’immersion pour apprendre l’anglais. Vous allez me dire qu’on peut faire ça n’importe où. Oui, sauf qu’ici l’idée c’est d’être dans un cadre coupé du monde. Pas de notifications, pas de réunions en parallèle, pas de trajet en métro. Juste un château, des formateurs, de l’anglais du matin au soir, y compris à table.

Le concept a déjà fait ses preuves avec 450 participants en 2025 dont la moyenne de progression était de 1,3 niveau CECRL (c’est les trucs de A1, A2, B1, B2, C1, C2)

Plus le monde va vite, plus on a besoin de lieux qui nous aident à ralentir. Le château crée cette bulle où l’on peut se concentrer sur une seule chose : apprendre.

This is very interesting, but ça n’a rien à voir avec notre sujet du temps partagé.
Indeed.

Près du château se trouve une une ancienne blanchisserie de 1768, devenu l’incarnation du projet Blanc Blanc Blanc.

D’un côté, c’est un atelier partagé dédié au textile, une sorte de fablab où des créateurs apportent leur savoir-faire pour ennoblir des textiles usagés.

De l’autre, c’est une expérimentation de ce que Thibault appelle l’« équilibre vie pro, vie pro ».

Pas « vie pro, vie perso ». Vie pro, vie pro.

L’idée c’est de proposer à des salariés de partager leur temps entre leur emploi principal (¾ du temps par exemple ) et un métier manuel (¼ du temps) : maraîcher, cuisinier, artisan. Ils sont logés sur site, intégrés dans une communauté, et rémunérés bien entendu !

Le fait d’avoir plusieurs activités n’est pas nouveau, j’entendais déjà il y a 10 ans le terme de slashers, et aujourd’hui ça fait toujours sens, peut-être plus encore.

On a des cols blancs en quête de sens. On ne compte plus ceux qui rêvent de devenir artisan, boulanger ou du moins revenir à un travail manuel. Une étude de Michael Page en 2020 montrait que les métiers d’artisans arrivaient largement en tête des envies de reconversion parmi les cadres (46%) et même jusqu’à 60% pour les cadres dirigeants. Sauf que la reconversion totale peut faire peur, abandonner un salaire, un statut, une expertise, c’est un saut dans le vide.

En même temps, l’IA est de plus en plus capable d’effectuer certaines tâches des métiers de bureau, et on peut se poser la question de la réaction des entreprises si la productivité augmentait réellement de 25% sur un poste.

On peut produire plus, on peut en profiter pour faire d’autres tâches au sein du même poste, ou bien on peut se dire qu’on va réduire le temps de travail sur ce poste et le réinvestir ailleurs.

Et ailleurs, ce sont précisément les métiers manuels et les métiers du care, ceux qui ne s’automatisent pas et pour lesquels on cherche désespérément du monde.

C’est aussi la vision que partageait James Suzman dans Travailler : la grande affaire de l’humanité. Il prédisait qu’à l’avenir nous travaillerions moins dans notre emploi principal, mais plus si on élargissait la définition du travail pour y inclure le bénévolat et les engagements de bon sens dans nos communautés.

On peut aussi imaginer que la personne qui passe ¼ de son temps dans un métier manuel qu’elle a choisi aura certainement trouvé un équilibre qui lui donnera un regain d’énergie renouvelé dans son job principal.

Pour ne pas en rester au stade des suppositions, des chercheurs vont suivre les premiers participants du programme pour mesurer les bienfaits de ce format, à la fois pour le collaborateur et pour le manager de celui-ci dans l’entreprise principale.

Ce réaménagement du temps de travail me fait penser aux japonais rencontrés qui, après 60 ans, continuent à travailler mais sous d’autres rythmes : semaine de 4j, journée de 5h, pauses plus régulières. Et comme toute bonne politique d’intergénérationnel, si on veut en tirer parti au maximum, l’idée n’est pas de le réserver qu’à une classe d’âge mais de proposer ce fonctionnement à tous.

Thibault veut aussi profiter de Blanc Blanc Blanc pour proposer des séjour aux personnes qui s’approchent de la fin de carrière mais ne savent pas encore comment l’aborder : 3 jours d’introspection, un test de personnalité, et chaque soir au dîner, une personne ayant effectué sa transition pour raconter où elle en est.

L’objectif : briser le tabou, préparer cette transition que personne ne prépare, et éviter la chute d’adrénaline brutale du jour où tout s’arrête.

J’en profite pour vous partager une citation de Jean-René-Pierre, l’ancien directeur de la blanchisserie, qui écrivait en 1797 « Il est donc plein d’occasions où le chef doit prendre lui-même part au travail avec les ouvriers, cela les encourage, leur fait plaisir ; les rapproche de lui, cela fait un admirable effet non pour le prix de son travail qui est peu de chose, mais parle bon esprit qui en résulte. »

Plus de deux siècles avant qu’on fasse des documentaires pour dire aux managers qu’il faut aller sur le terrain !

Si certains ont envie de changer de vie sans pour autant tout changer! Ecrivez à Thibault à blablabla@blancblancblanc.com

Le temps partagé pourrait aussi être envisagé dans d’autres cas de figure, pas besoin d’attendre que l’IA vienne grignoter sur le temps nécessaire pour effectuer une activité.

On pourrait imaginer combiner temps partagé et jobsharing, cette pratique qui consiste à être deux (ou plus) pour effectuer le même travail.

Ainsi, chaque personne serait en mesure d’exercer deux activités si toutes les deux ont envie d’utiliser différents talents.

J’intervenais dernièrement pour le COMEX d’un grand groupe, et le DG, en poste depuis près d’une dizaine d’année à ce poste éreintant glissait l’idée de ne travailler plus que 4j par semaine en tant que DG pour avoir 1j sur d’autres fonctions ailleurs dans le groupe, tout en laissant son successeur en poste 1j par semaine en tant que DG pour garantir une transition en douceur et achever de le former.

Je trouve l’idée géniale, d’autant plus pour des métiers très prenants !

Ça y est, j’ai repris la vie dans les trains, le paysage qui défile direction les projections de notre nouveau documentaire Management: work it out aux 4 coins de la France.

Et c’est complètement dingo ce qu’il se passe. C’est le sixième lancement de documentaire, et pourtant, tout s’est accéléré.

Un immense merci pour l’accueil pour ceux qui l’ont vu, toutes les salles sont pleines à craquer, vous êtes nombreux à m’écrire en privé pour me dire que le film a été une prise de conscience pour vous. Que par moment vous aviez pu avoir un comportement qui n’était pas à la hauteur en management, que ça vous donne très envie d’apaiser les relations, de faire mieux dans toutes les relations managériales. C’est l’objectif du film qui est atteint !

Après un petit week end sous le soleil de bretagne, c’est reparti pour Paris, Lyon, St Etienne, Pau et Bordeaux, toutes les prochaines dates sont par ici.

Vous avez accès :

- Au documentaire au bon format
- À un kit de communication pour mobiliser les équipes
- Et à un guide de discussion avec les bonnes questions pour animer le débat

Pour rappel, si vous recommandez le Billet du futur à d’autres personnes, j’offre des cadeaux !

  • 2 recommandations : Je vous offre un accès privé à mon dernier documentaire !

  • 10 recommandations : Je vous invite à l’avant-première de mon prochain documentaire

  • 25 recommandations : On s’appelle 30’ pour parler de ce que vous voulez !

Il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous pour obtenir votre lien personnalisé.

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Et surtout écrivez-moi vos retours, ils sont précieux pour la préparation des prochains projets.

Bonne journée ! 🌞

Read the original on billetdufutur.substack.com

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