Bienvenue dans cette nouvelle édition du billet du futur ! Ça fait maintenant 5 ans que j’explore les meilleures pratiques du Futur du Travail, et cette newsletter est le meilleur moyen de découvrir mes apprentissages en avant-première.
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Lire la BD “Mais pourquoi j’irais travailler ?” 📖
Bonne lecture,
Sam
Début 2019, je partais aux Etats-Unis et dans une dizaine d’autres pays à la rencontre des pionniers qui inventent de nouvelles façons de travailler. Les profils de la centaine de personnes et entreprises interviewées étaient bien différents mais une catégorie m’a tout de suite énormément intéressé : les tiers-lieux.
J’ai visité une quinzaine d’espaces de coworking qui avaient chacun leurs spécificités, mais tous à leur façon avaient une âme. Loin des bureaux lisses à la Wework, ces espaces imparfaits et bruts étaient souvent décorés avec goût de mobilier chiné, faisaient la part belle à l’héritage du lieu en sublimant son histoire. Souvent il s’agissait d’anciens espaces industriels réaménagés.
Ces tiers-lieux n’étaient pas de simples espaces de coworking, ils étaient tantôt aussi une crèche, un fablab, une agence, une pépinière, un chenil, une salle d’escalade… et tous à leur façon avaient “ce petit truc en plus” qui les rendaient uniques.
Je me suis d’abord dit que c’était dans l’aménagement, la déco, avant de me rendre compte que c’était surtout grâce au travail des community builders, ces personnes dont le rôle est de faire vivre le lieu. Certains à temps plein, d’autres à temps partiel ou encore de façon bénévole…
A Chicago, j’avais rencontré Levi, fondateur de Secondshift, je me souviens qu’il me parlait des “casual collisions” ces rencontres fortuites encouragées par des lieux pensés pour les interactions et le travail du community builder. L’air de rien, il connaît chaque membre personnellement, crée naturellement des conversations fluides entre eux, pense aux potentielles connexions, aménage des moments de rencontres simples…
Aujourd’hui, j’accompagne mes 150 trains annuels, par des passages dans des espaces de coworking, partout en France et à l’étranger, j’aime aller me poser dans des lieux auxquels je trouve du charme, et une énergie créative qui me donne envie de débiter de la to-do à toute vitesse.
Il n’y a qu’à Lyon que je vais assez peu dans les espaces de coworking car quitte à n’être à la maison qu’une petite semaine par mois, autant en profiter.
Et pourtant, Lyon est le berceau d’une communauté qui me plait beaucoup : ballad.
Ballad a commencé dans les pentes de Croix-Rousse, lorsqu’il y a 12 ans, Johann retape un ancien squat rue Sainte-Catherine et ouvre Sofffa.
Inspiré par les Ziferblat en Russie, ces espaces ouverts où chacun est le bienvenu, peu importe son activité, il veut créer un lieu sympa, où l’on paye au temps passé.
1 an plus tard, il est rejoint par son associé et de nouveaux lieux ouvrent :
Une maison de campagne dans la Drôme
Un appart à Paris
Un van en région Auvergne-Rhône Alpes
De façon isolée, ils testent le fonctionnement de ces nouveaux espaces en les mettant à disposition des premiers membres avant de tous les rassembler à travers une offre de communauté imbattable : pour 250€ / mois, tous les membres avaient accès à l’ensemble des espaces en illimité.
L’offre est tellement imbattable qu’elle n’est pas viable, c’est une belle utopie mais difficile à faire perdurer d’un point de vue logistique, certains lieux sont pris d’assauts, tout le monde ne peut pas en profiter, et au fur et à mesure, Johann se résout à mettre en place quelques règles pour que la rotation de ces espaces fonctionne.
Chez ballad, le community builder est Benoît, il incarne parfaitement les valeurs de la communauté : chacun a sa place, chacun peut être ce qu’il veut.
Son rôle est difficile à définir, il est présent, disponible, il agit au quotidien un peu comme un concierge de luxe, là pour faciliter la vie de tous les membres, les écouter, créer des connexions naturelles.
Aujourd’hui, à Lyon, la communauté ballad c’est :
- 2 ballad café
- 4 espaces de coworking
- 10 salles de réunion
La communauté est principalement composée d’indépendants (60%), les autres membres sont des salariés en télétravail (20%) et des entreprises qui ont élu domicile dans les espaces de ballad (20%).
L’offre est séduisante, mais ailleurs j’observe que les gens sont souvent attachés à un lieu en particulier et ne profitent pas réellement de la possibilité de changer chaque jour. Est-ce que ballad est l’exception qui échappe à la règle ?
Pas tant me répondait Johann : “c’est comme quand tu vas dans un restaurant à volonté, ce n’est pas parce que tu peux tout goûter, que tu vas réellement tout goûter, c’est surtout le fait de savoir que c’est possible qui est attractif, et de temps en temps les sédentaires tentent une nouvelle expérience.”
Pour lui, une petite partie des membres sont des early adopters, fan du concept et mettent à profit tous les lieux possibles.
La plupart des membres eux, ont un lieu de prédilection et au bout de quelques années ont envie d’avoir un bureau fermé, à eux. Ils conservent leur abonnement ballad pour pouvoir s’ouvrir à d’autres espaces ponctuellement, et profiter de salles de réunions.
Au sein de ballad, il y a les petits nouveaux : les ballad cafés. Ce ne sont pas des espaces de coworking, ils sont pensés comme de véritables coffee shops dans lesquels les PC sont autorisés (chose de plus en plus rare à trouver !). C’est une porte ouverte vers la communauté, un accès facile qui vient compléter l’offre de coworking.
Ce qui frappe immédiatement quand on entre dans un des espaces, c’est l’ouverture : des gens sympas qui disent bonjour, certains ne sont là que pour un café, d’autres que pour quelques heures, ou encore sont en réunion pour la journée. On sent une ambiance de travail good vibes !
Et cette ouverture se ressent dans les événements qui changent au gré des envies, des rencontres, le programme n’est pas figé avec le traditionnel “petit dej du mardi”.
Chaque mois, Ballad organise une teuf sans aucune autre ambition que de simplement faire la fête.
Johann veut se déployer en dehors de Lyon en référençant d’autres espaces pour que les membres aient un accès illimité à travers des crédits qu’ils achètent et peuvent dépenser comme ils le souhaitent.
Pour ça, il ont commencé à nouer des partenariats avec d’autres lieux divers et variés aux 4 coins de la France qui ont tous leurs différences mais ont pour point commun de proposer des espaces expérientiels. C’est là que se joue la vraie différence avec des espaces parfois très beaux mais lisses.
Et puis le vrai enjeu, c’est surtout d’avoir une communauté qui utilise réellement les lieux, qui tire partie de l’offre ballad. C’est là que réside le vrai défi à mon sens, ce n’est pas évident de faire communauté dans d’autres villes où la marque, et l’équipe ne sont pas présents au quotidien, où ils n’ont pas encore laissé leurs empreintes partout.
Mais c’est dans ces moments-là qu’il faut accepter que les communautés sont faites pour évoluer, savoir s’appuyer sur des “champions” qui sauront être les relais de l’aventure ballad à l’extérieur, trouver des community builders aussi iconiques que Benoît.
L’objectif ultime, c’est surtout la rentabilité, avoir un modèle pérenne qui permette de faire vivre toutes les bonnes idées qu’ont envie de mettre en place les fondateurs. Ces lieux sont précieux, et ils ne doivent pas reposer sur des subventions, mais un modèle économique solide, qui permette de se projeter ! Aujourd’hui la plupart des espaces de cowork dans lesquels je bosse ne sont rentables que grâce à des privatisations, du conseil ou d’autres prestas hors location de poste de travail pure.
Et puis l’objectif, c’est aussi de continuer à écrire de belles histoires, parce qu’en quelques années, au-delà des rencontres et des collabs pros entre les membres, il y a déjà eu un premier bébé et des mariages au sein de la commu, et on veut que ça continue !
Quand j’ai interrogé Johann sur ses autres inspirations en France, il m’a partagé :
Soho house : ça tue mais c’est trop élitiste, on est d’accord
La friche belle de mai : c’est génial comme l’espace a traversé les années, j’adore !
The art of monday : je ne connaissais pas, mais j’adore la DA
Des lieux comme on en trouve chez ballad, j’ai eu le plaisir d’en visiter plusieurs en France, c’est là que je me réfugie entre deux trains d’ailleurs ! Je vous partage mes préférés si vous passez pas loin : La Colloc à Lorient, La Briqueterie à Marseille, le Onzième Lieu à Paris, le Kaleidoscope à Strasbourg, Héméra à Bordeaux.
Vous en avez d’autres sous le coude que je devrais visiter ?
Si vous avez envie de tester l’offre ballad, vous avez 5 crédits offerts en venant de ma part. :-)
On a clôturé le WIP Comedy Club à Lyon la semaine dernière, une petite pointe d’émotions quand même de finir à la maison, j’ai adoré vous retrouver, rendez-vous l’année prochaine !
Et maintenant je mets toute mon énergie dans notre documentaire sur le management, il sort dans un gros mois. Pendant que Flo travaille sur la mise en beauté (colorimétrie, musiques, motion, sound design…) je suis en plein dans la programmation des projections. Une vingtaine de dates sont en train d’être calées un peu partout en France et à l’étranger, je vous partage bientôt tout ça.
Et plein de projections sont déjà prévues en entreprises toute l’année 2026, ce documentaire, c’est l’occasion de rassembler les communautés managériales et RH, de les nourrir sur des bonnes pratiques, de clarifier la culture et les comportements que vous voulez promouvoir. Ecrivez-moi pour organiser la vôtre (prochaines dispos en juin)
La rando, la rando !
La proposition de séminaire de 2j autour des notions de management et leadership vous a plus a priori, à tel point qu’avec Blaise on a envie d’en organiser 2-3 sur l’année !
J’ai ouvert un petit formulaire, je vous laisse le remplir si vous êtes intéressés par le format et je reviens vers vous pour programmer ce moment.
Pour rappel, si vous recommandez le Billet du futur à d’autres personnes, j’offre des cadeaux !
2 recommandations : Je vous offre un accès privé à mon dernier documentaire !
10 recommandations : Je vous invite à l’avant-première de mon prochain documentaire
25 recommandations : On s’appelle 30’ pour parler de ce que vous voulez !
Il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous pour obtenir votre lien personnalisé.
Vous n’avez pas eu votre dose de Work in Progress ? Passons une heure de plus ensemble. 🤗
Visionnez les 5 documentaires, découvrez les documentaires à l’unité ou toute la collection !
Lisez la Bande Dessinée Et si on travaillait autrement ? (2022) et sa grande sœur “Mais pourquoi j’irais travailler ?” (2023)
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Et surtout écrivez-moi vos retours, ils sont précieux pour la préparation des prochains projets.
Bonne journée ! 🌞

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