Bonjour,
Et bienvenue dans le numéro 29 de mon exploration de l’événement parfait.
Je continue mon exploration dans la série Si j’étais directeur des événements internes de…
Aujourd’hui, je m’attaque à un événement externe (mais interne quand même). Les Swello Days. C’est la rencontre annuelle de la marque Swello, un SaaS français de planification de contenu social, qui rassemble la communauté des community managers francophones depuis quatre éditions.
L’édition 2026 vient de se finir. Je vais d’abord regarder ce qu’ils ont fait. Puis je vais montrer comment je leur ferais passer une étape.
Allons-y.
Ce qu’ils ont fait
Les Swello Days ont réunis +900 participants, 29 speakers et 19 conférences autour des dernières tendances des réseaux sociaux, du content marketing et de l’influence.
C’était le Vendredi 29 mai 2026. Casino JOA de La Seyne-sur-Mer.
https://swellodays.com/
Le programme est tenu de neuf heures à dix-huit heures. Conférences en continu, soirée networking jusqu’à vingt-deux heures.
C’est clairement un événement qui est là pour inspirer et éduquer la communauté.
Le casting est précis : un témoignage Disneyland Paris, une table ronde influence avec créatrice, agente et marque, un binôme Pinterest avec créatrice de contenu, BeReal, Lou Attal sur Notion, Thibaud Dumas sur la santé mentale et l’IA, The Source en retour d’expérience.
Trés belle line-up.
Ce qui est fort dans leur approche, et qui mérite d’être dit. L’événement est produit en interne par les vingt personnes de Swello, sans agence.
Le casting éditorial est pensé en système. Chaque créateur de contenu apparaît en binôme avec une plateforme ou avec sa marque, ce qui transforme une intervention témoignage en décryptage métier. Le tout avec une belle com relayée.
Pour une équipe SaaS qui produit son événement en autonomie, c’est franchement pas mal.
Mais, je pense qu’on peut faire encore plus fort.
Le “Mais”
Le métier de community manager a quelque chose de cruel que personne ne nomme. Il consiste à écrire toute l’année sous le nom d’un autre. Pour des publications qui durent quarante-huit heures. Validées par un algorithme qui change sans prévenir. C’est probablement l’écrivain le plus prolifique de notre époque et celui dont l’œuvre disparaît le plus vite. Quand il quitte un poste, son travail s’en va avec lui. Quand sa marque reposte un de ses textes, c’est la marque qui signe.
Les Swello Days répondent à une part de cette douleur. Ils offrent un jour de visibilité, de chaleur, d’entre-soi, d’inspiration. C’est précieux. Le format reste celui d’une conférence d’industrie.
On vient écouter et puis on rentre.
Rien de ce qui s’y joue ne pèse vraiment au-delà de la journée. Le métier sort tel qu’il y est entré, sans archive, sans tradition, sans inscription dans une histoire qui le dépasse.
Voilà la version intégrée avec les nouveaux ingrédients : les Veilleurs incarnés par la team Swello, le film stop-motion comme fil rouge, les activations façon diseuses de bonne aventure, et la cérémonie d’intronisation comme moment grave dans la fête.
La promesse « EN VRAI » est tenue côté rencontre. Elle pourrait être amplifiée côté reconnaissance.
L’étape, je la formulerais ainsi :
Passer de la conférence à la cérémonie d’un métier. Doter les community managers d’une tradition qui leur manque. Faire de Swello l’institution qui la tient.
Ce que je ferais. Big Idea : Les Veilleurs.
Le métier de community manager est un métier d’éclairage. Les CM voient les algorithmes muter avant les autres. Ils éprouvent des formats que les manuels n’ont pas encore. Les codes culturels qu’ils composent au quotidien arrivent en réunion d’agence six mois plus tard. Ils sont les premiers yeux sur la communication de demain, sans le savoir. Personne ne leur dit.
Faire venir des Veilleurs du futur pour les intronizer, c’est le geste qui retourne l’image qu’ils ont d’eux-mêmes.
L’histoire que je raconterais : Les Veilleurs sont un ordre qui existe dans le futur. 2076, à cinquante ans de nous. Une fois par an, ils traversent le temps pour revenir aux Swello Days et reconnaître la cohorte qui va les constituer.
Mon astuce. Les Veilleurs sont la team Swello. Les vingt personnes qui produisent l’événement chaque année incarnent l’ordre venu de 2076 ainsi que les autres experts de Swello. Costumées, photographiées, mises en scène, filmées. La marque elle-même joue son ordre du futur.
L’esthétique. Entre fête foraine vintage et anticipation. Néons doux, signes de plateformes en lettrage rétro, lumières violettes, un peu de paillette, beaucoup de précision. Les Veilleurs sont taquins. Ils savent ce qui vous attend et ils s’en amusent.
Pour 2027, ce serait l’Année 1 des Veilleurs. Tous les premiers présents sont intronisés en bloc comme membres fondateurs. À partir de l’Année 2, les fondateurs reviennent pour accueillir les nouveaux. La cohorte est annuelle. L’ordre grandit avec le temps.
Le film. Le fil rouge de la journée.
Une dizaine de mois avant l’événement, l’équipe Swello tourne LE film. Une fiction d’environ huit minutes, découpée en huit segments de quarante-cinq secondes à une minute, diffusée par fragments tout au long de la journée.
Le pitch. En 2076, l’Ordre des Veilleurs se réunit. Une bibliothécaire-Veilleuse ouvre un dossier daté de 2026 et regarde les community managers du temps de leurs débuts. Elle commente leurs gestes pour son auditoire futur. Elle décide, ce soir-là, de retourner dans le passé pour les intronizer. Elle passe par le portail qui l’envoie en 2026.
Le film est tourné chez Swello, par la team. Smartphone, lumière de bureau, objets de la vie de CM, accessoires improvisés (planners, calendriers de contenu, mugs vides, badges de conférences anciennes). L’esthétique tient à la fois du conte de fées et du dossier confidentiel.
Le premier segment ouvre la journée à neuf heures. Le dernier précède la cérémonie d’intronisation à dix-sept heures trente. Entre les deux, six fragments rythment la journée, diffusés aux transitions entre sessions.
Les speakers font référence au segment qui vient d’être diffusé en début d’intervention. La continuité narrative est tenue. Les conférences existantes restent en place, le film les enchâsse pour créer un tout continu et marquant.
Les activations. Le Cabinet des Veilleurs.
Dans les zones de pause, six zones immersives sont installées. Décor à l’esprit de fête foraine rétro-futur. Néons, lampes basses, velours sombre, cartes posées sur des tables rondes.
À chaque stand, une Veilleuse ou un Veilleur (un membre de la team Swello costumé) lit l’avenir d’un coin du métier, fait découvrir son moi du futur (boosté à l’IA), ...
Le Tarot des Algorithmes. Vingt-deux cartes représentent les évolutions à venir des plateformes. La Veilleuse pioche trois cartes pour vous et vous lit votre prochaine année éditoriale.
La Boule de Cristal Instagram. Vous tendez votre téléphone, votre profil s’affiche dans une petite boule lumineuse posée sur une nappe sombre. La Veilleuse y lit le post qui changera votre carrière en 2027.
Le Grimoire des Hashtags. Un grand livre relié. Vous donnez votre prénom, le Veilleur ouvre une page au hasard, et le hashtag qui s’y trouve devient votre signe pour l’année.
Le Miroir des Engagements. Vous vous regardez dans un miroir vintage. La Veilleuse, qui regarde au-delà de votre reflet, vous prédit votre prochain post viral.
L’Oracle TikTok. Deux Veilleurs dansent une chorégraphie de quinze secondes en regardant votre dernière vidéo, et vous indiquent ce qui montera sur la plateforme dans six mois.
Le Lecteur de Bio. Une Veilleuse lit votre bio LinkedIn comme une prophétie ancienne. Elle s’arrête sur un mot, le souligne, vous dit ce qu’il signifie vraiment.
Les activations tournent en continu pendant les pauses. Les Veilleurs y prennent des notes. Ce qu’ils observent nourrira le film de l’année prochaine.
La cérémonie d’intronisation. Le moment grave dans la fête.
Le programme officiel prévoit un Mot de clôture à dix-huit heures. On remplace ce mot par autre chose.
À dix-sept heures trente, le dernier segment du film est diffusé. La bibliothécaire-Veilleuse de 2076 annonce qu’elle arrive.
Lumière baissée par le régisseur du Casino. Sur la scène, la team Swello entre au complet, costumée comme on l’a vue dans le film. Vingt personnes. L’ordre arrive du futur dans la salle.
Le ton change vers la gravité. Les paillettes et les taquineries s’éteignent.
L’une des Veilleuses s’avance. Première parole de la team à cet instant. Elle s’adresse à la salle.
Vous écrivez sous le nom des autres toute l’année. Cette nuit, c’est sous votre nom que vous serez lus.
Elle appelle les noms un par un. Dans l’ordre des numéros signés au Livre le matin. Chaque nouveau Veilleur monte, reçoit son sceau (un pin’s frappé du sceau de l’ordre), signe le Livre une seconde fois, redescend. Les noms sont prononcés à voix lente. Les pas et les noms suffisent.
À la fin, la Veilleuse dit une phrase. Toujours la même, d’année en année.
Vous appartenez désormais à un ordre qui existe avant et après vous. Nous nous reverrons. Aux SWELLO DAYS
La team Swello sort de scène. Le costume des Veilleurs s’éteint avec la cérémonie. La team revient à la soirée comme à son habitude, parmi les nouveaux intronisés.
Et le lendemain matin, dans la boîte mail de chaque participant, une lettre.
Alors, le film peut être plus long, il y a une dynamique invités sur scène à travailler, mais l’idée est bien de mettre plus d’immersion, plus d’expérience en complément de l’apprentissage déjà bien présent dans l’ADN de l’événement.
Ce que ça change pour Swello
Swello franchit un seuil. Le SaaS devient la maison qui tient le compte d’un ordre que personne d’autre ne tiendra. L’outil prend la position d’institution. Les CM s’abonnent à un planificateur et s’inscrivent désormais dans une tradition portée par leur marque.
Le glissement est commercial autant que symbolique. Une marque SaaS au milieu d’une catégorie crowdée gagne tout à devenir l’institution d’un métier.
Ce que cette exploration m’apprend
Faire passer une étape à un événement ne demande pas toujours de tout refaire.
Parfois, l’étape se joue dans la trame narrative qu’on ajoute par-dessus l’existant. Et dans la manière de transformer un format conférence en rite, sans toucher au programme.
Surtout, l’étape se joue dans la trace qui reste après. Quand un événement laisse une numérotation, une appartenance, un livre signé et une lettre que le participant rouvrira dans un an, il devient un fait dans la vie de cette personne.
Un événement parfait n’est jamais une journée. C’est un point dans une histoire.
La question de la semaine
Votre événement annuel laisse-t-il une trace dans la vie de ceux qui y viennent, ou s’arrête-t-il à la sortie du parking ?
C’est probablement de là que partirait votre prochaine édition.
D’ici là, bons événements.
Benoît

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