Les athlètes d’élite sont exposés à des situations de stress extrême, bien au-delà des seules blessures physiques. Accidents, chutes, commotions cérébrales : autant d’événements susceptibles de provoquer un stress post-traumatique (SPT), avec une prévalence chez les sportifs estimée entre 13 et 25 %, soit deux à trois fois plus que dans la population générale37. Les conséquences ? Troubles du sommeil, hyperexcitation, cauchemars, évitement de certaines situations ou gestes sportifs, voire arrêt temporaire ou définitif de la pratique.
Mais les traumatismes ne se limitent pas aux accidents spectaculaires. Non-sélections, ruptures de contrat, exclusion de l’équipe, pression de l’entourage ou des réseaux sociaux : ces « petits » traumas, souvent minimisés, peuvent générer anxiété, perte de confiance, ruminations et blocages moteurs36. Les symptômes s’apparentent parfois à ceux du SPT, même si le DSM-5 ne les classe pas toujours comme tels.
Les sportifs connaissent bien les « twisties » en gymnastique, les « yips » au golf, ou encore le blocage du service au tennis. D’autres formes de blocages existent : incapacité à déclencher un geste décisif, impossibilité de plonger après une mauvaise réception, refus du contact après une commotion, arrêt brutal de la course sans cause physique apparente37.
Les signaux d’alerte sont multiples :
Troubles du sommeil persistants
Irritabilité, repli sur soi, perte d’intérêt
Évitement de certaines situations ou compétitions
Baisse soudaine de performance sans explication physique
Douleurs inexpliquées, troubles psychosomatiques
Discours négatif, perte de confiance, idées noires
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une thérapie validée par l’OMS et la Haute Autorité de Santé pour le traitement des traumatismes psychiques et du stress post-traumatique14. Elle se distingue par sa capacité à retraiter les souvenirs douloureux sans nécessiter de raconter en détail l’événement, ce qui convient particulièrement aux sportifs, souvent pudiques sur leur vécu émotionnel4.
La méthode repose sur une stimulation bilatérale (mouvements oculaires, sons, tapotements) qui relance le processus naturel de traitement de l’information. Le souvenir traumatique perd alors sa charge émotionnelle, permettant au sportif de retrouver sa liberté d’action et son plaisir de performer234.
Des études et témoignages confirment l’efficacité de l’EMDR :
Jorrit Bergsma, patineur de vitesse néerlandais, a résolu des problèmes de tension et d’insomnie grâce à l’EMDR, retrouvant ainsi son niveau de performance3.
Alexie Alaïs, lanceuse de javelot, a surmonté l’appréhension liée à une blessure grave du genou par ce biais3.
Des études montrent que l’EMDR réduit l’anxiété de performance chez les golfeurs et aide les nageurs à gérer le stress de la compétition35.
L’EMDR peut parfois lever un blocage en une seule séance, notamment lorsqu’il s’agit d’un traumatisme récent ou bien identifié34. Pour des symptômes plus anciens ou ancrés, plusieurs séances peuvent être nécessaires.
La prise en charge du trauma psychologique reste souvent le parent pauvre de la réhabilitation sportive, alors même que la littérature scientifique et les retours de terrain soulignent l’importance d’une approche globale, où le soin mental est aussi prioritaire que le soin physique347. L’EMDR s’intègre parfaitement dans un accompagnement pluridisciplinaire, aux côtés du kiné, du médecin du sport ou du préparateur mental.
« La résilience sportive passe aussi par la guérison psychique. Le sport peut être une source de traumatisme, mais il peut redevenir un levier d’épanouissement – à condition d’être accompagné avec justesse. »4
Blessures, accidents, non-sélections, pressions extérieures : les traumatismes psychiques chez les sportifs de haut niveau sont nombreux, multiformes et souvent invisibles. L’EMDR offre une réponse efficace, respectueuse et rapide pour aider les athlètes à dépasser leurs blocages et retrouver leur plein potentiel. Il est temps que le monde du sport considère la santé mentale avec le même sérieux que la performance physique. Préserver l’intégrité psychique des sportifs, c’est aussi leur permettre d’exprimer pleinement leur talent347.
À retenir pour les lecteurs Substack :
L’EMDR est validée scientifiquement pour traiter le stress post-traumatique et l’anxiété de performance chez les sportifs.
Elle s’intègre dans une approche globale, respectueuse du rythme et de l’identité du sportif.
La santé mentale des athlètes doit devenir une priorité dans le sport de haut niveau, au même titre que la préparation physique.
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