Vous savez que j’adore parler du changement, même si cela reste très contradictoire, parce que j’aime autant l’idée de m’y jeter tout entière pour en comprendre la puissance que je déteste profondément le moment où il faut réellement s’y confronter. Cela me fait la même sensation que de se jeter dans une eau gelée : on appréhende, mais une fois qu’on en sort, on en palpe les bienfaits.
Pourquoi ? Parce que le vrai changement est assez différent de la version citation Pinterest sur fond de coucher de soleil. On est loin du fameux “nouveau chapitre” que l’on annonce avec un emoji papillon et une photo en contre-jour. Et, de manière générale, j’ai toujours eu du mal à comprendre cette pensée que les gens répètent : “tout arrive pour une raison”, quand, manifestement, la raison en question manque cruellement de motivation et de vision.
Le changement dont je parle est celui qui ne nous accueille pas les bras ouverts, celui qui arrive avec une sale tronche, qui dérange tout sur son passage, qui met les doigts là où ça fait mal, qui ne nous demande absolument pas notre avis avant de venir réorganiser notre vie, nos habitudes, notre travail ou notre manière de penser.
Il arrive avec du bruit et de la résistance, une mauvaise humeur, une gifle parfois, et ce sentiment très désagréable que tout ce que l’on avait mis des années à construire doit soudainement être remis en question. Et ça, évidemment, ça crée de la frustration. Ça donne l’impression d’avoir perdu son temps et d’avoir bâti une méthode, une expertise ou une routine pour qu’on vienne nous dire, un beau matin, qu’en fait, on a fait fausse route.
Mais ce n’est pas vrai. Rien n’est à jeter. Bien au contraire.
Illustration by John Holcroft

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