Il y a quelques semaines, je terminais un RDV avec un dirigeant d’un groupe industriel breton. La récente acquisition d’une nouvelle entreprise l’interrogeait sur de nouveaux aspects. Bien sûr, les investissements associés ajoutaient une nouvelle pression sur le quotidien mais c’est quand il m’a dit “C’est maintenant qu’on doit changer, qu’on doit redéfinir notre raison d’être et intégrer les enjeux de souveraineté mais je ne sais pas par où commencer”.
J’entends de plus en plus cette prise de conscience et un peu toujours le même frein qui va avec.
Après plus de dix ans à accompagner des entreprises sur les sujets d’économie circulaire et de résilience, j’ai compris qu’une fois que les dirigeant.e.s ont la conviction, une étape essentielle est faite mais le plus dur commence. Il reste encore 3 pièges desquels il ou elle doit sortir.
La volonté d’agir est là. Alors ils ou elles rencontrent des partenaires potentiels, ils cherchent des entreprises inspirantes, elles épluchent des études, bref, ils commencent leur enquête et accumulent beaucoup, beaucoup d’informations.
Avec les années, l’économie circulaire est aussi devenu un sujet qui génère une énorme quantité de contenus. Rapports, études, guides, certifications, normes ISO, exemples de bonnes pratiques… Celui ou celle qui cherche à s’informer peut vite se retrouver perdu : et oui, l’excès d’information peut vite noyer.
Le vrai problème n’est pas le manque d’information. C’est l’absence de mise en contexte, de faire le lien avec ses contraintes. Qu’est-ce qui est pertinent dans mon secteur ? Pour ma taille d’entreprise ? Pour mes produits/services ? Qui impliquer dans mon équipe sur ces problématiques ? Ces questions restent souvent sans réponse claire, et faute de réponse, on perd du temps et on remet à plus tard.
L’économie circulaire est systémique par nature. Quand on commence à traiter un sujet, que ce soit les approvisionnements, les déchets, la fin de vie des produits, les relations fournisseurs, cela a des conséquences sur les processus internes ou la relation client par exemple, on réalise vite que tout est lié et que changer risque d’être très compliqué. C’est ce qui fait que l’économie circulaire est à la fois une idée puissante mais aussi une source d’opportunités difficile à saisir.
Sans méthode pour “surfer” dans cette complexité, le réflexe naturel est de rester sur ce qu’on maîtrise, de garder ses bonnes méthodes comme de décider seul ou d’agir à l’instinct. Ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est une vieille habitude qui persiste.
Chez un fabricant de batteries, notre premier travail a été de cartographier avec les différentes parties de la PME l’ensemble de leur chaîne de valeur avant de toucher quoi que ce soit. Chacun.e est spécialiste d’un domaine mais rares sont ceux qui parviennent à faire les liens entre leur domaine et celui de leurs collègues.
C’est une approche différente mais cela permet d’y voir plus clair. Trois vulnérabilités clés ont été identifiées notamment deux sur l’appro, pas auprès des fournisseurs de rang 1 mais au niveau mondial (!). Le simple fait de prendre du recul collectivement permet de dégager clairement les priorités stratégiques. Ici, se lancer dans le reconditionnement des produits de l’entreprise. Neuf mois plus tard, le premier produit reconditionné était vendu.
La prise de conscience du chef d’entreprise avait eu lieu depuis quelques années déjà, il avait suivi le parcours CEC par exemple, mais il n’avait pas réussi à lancer la transformation de son entreprise. Sans cette prise de recul face à la complexité, serait-il encore bloqué aujourd’hui ? Je n’en sais rien mais là je sais que le processus est pleinement enclenché.
Celui-là, je l’ai mis du temps à le constater. Probablement encore mon côté naïf et fan du travail en équipe. Je pense pouvoir affirmer sans trop m’avancer que chez Circulab, on implique autant que faire se peut dans les décisions les membres de l’équipe. Mais ça, c’est valable dans une équipe restreinte et c’est moins commun dans les générations au-dessus de moi.
Un dirigeant n’ose pas toujours poser toutes ses questions à ses équipes. À ses pairs non plus, son image, la peur de paraître en retard ou de la concurrence peuvent bloquer.
Résultat : beaucoup de questions légitimes, importantes, restent sans réponse parce qu’il n’y a personne à qui les poser sans enjeu :
“Est-ce que l’économie circulaire s’applique vraiment à mon métier ?” “Par où je commence concrètement ?” “Quelles activités circulaires proches de mes savoir-faire je peux tester ?” “De quelle entreprise m’inspirer ?” “Quelle vague règlementaire, technique ou ressource je dois anticiper ?”
Ce sont des questions que je peux entendre en tête à tête, moins en réunion.
Le coût du statut-quo ne représente pas grand chose à court terme tant que le business as usual fonctionne. C’est d’ailleurs pour ça que ça dure.
Mais avec un détroit d’Ormuz bloqué, ou seuls 7 bateaux sont passés hier contre 140 par jour avant le conflit, je ne suis pas persuadé que le coût du non-changement reste le même. Oui j’ai bien entendu le cessez-le-feu mais les conséquences d’un mois d’arrêt du trafic ne s’effacent pas comme ça surtout que les dernières livraisons parties le 28 février sont désormais toutes arrivées à destination en Europe…
Si l’on ajoute à ces aspects conjoncturels, les décisions prises sans recul par rapport aux dépendances de l’entreprise, des opportunités de réduction de coûts non saisies, des équipes qui attendent un cap et ne le voient pas venir. Ce blocage du dirigeant ne peut plus être considéré sans conséquence.
La résilience ne se construit pas dans l’urgence. Elle se construit dans les marges de manœuvre à disposition avant que la crise arrive.
Depuis 14 ans, l’équipe Circulab accumule de la connaissance sur l’économie circulaire et la résilience des entreprises : cas clients, outils, articles académiques, études sectorielles, business models inspirants, échanges avec des centaines de dirigeant.e.s ou consultant.e.s.
Nous avons voulu rendre cette connaissance accessible, directement, à n’importe quel dirigeant ou professionnel qui se pose les mêmes questions que ceux que nous avons accompagnés.
On a appelé cet outil Janine, notre assistante IA spécialisée, nourrie de tout ce que Circulab a produit et sélectionné depuis ses débuts. Vous pouvez lui poser toutes vos questions, que ce soit sur votre secteur, sur les exemples inspirants dans votre domaine et les bonnes études.
Janine aura des réponses pertinentes et vous apprendra des choses. Elle vous donnera même les outils et conseils pour impliquer vos équipes. Même moi, elle me bleufe régulièrement sur la qualité de ses réponses.
Vous pouvez discuter avec elle gratuitement dès maintenant (dans sa version minimaliste), elle vous attend sur cette page. Vos retours seront les bienvenus.
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