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Adaptable(s) · Feb 5, 2026

Quand tu transformes des déchets en leviers de souveraineté

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Brieuc · Adaptable(s)

Bonjour à toutes et tous,

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Fini la promo, place à la lettre de la semaine.

Comment établir un lien entre des dépendances géopolitiques et ce que la plupart des français jettent chaque jour dans leur poubelle ? Depuis longtemps, on estime qu’un tiers de nos déchets correspondent à des biodéchets, soit 70 à 80 kg par an et par habitant. Heureusement, de plus en plus de personnes sont impliquées sur ce tri. Cela s’explique notamment par des exigences législatives de plus en plus fortes vis-à-vis des professionnels depuis plus d’une dizaine d’années et des collectivités locales depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 avec l’entrée en vigueur de la loi AGEC sur ce périmètre. Ces déchets représentent pourtant de belles opportunités, encore faut-il les reconsidérer correctement.

La plupart des français sont urbains aujourd’hui et il est de plus en plus difficile pour eux de faire le lien entre ce qu’ils jettent et la façon dont les denrées alimentaires sont cultivées. Ces cultures nécessitent des sols en bonne santé, capables à leur tour de nourrir les arbres et l’ensemble des plantes des nutriments dont ils ont besoin. Ces liens entre biodéchets et agriculture ont pourtant été longtemps respectés, même à Paris.

La ville exportait plus de légumes qu’elle n’en importait au début de 20ᵉᵐᵉ siècle car les maraichers sur place réutilisaient les déchets organiques disponibles sur place. Le crottin de cheval, principal moyen de locomotion à l’époque était réintégré par les maraichers (qui n’ont pas leur arrêt de métro sur la ligne 9 par hasard, les derniers maraichers de la ville se trouvaient notamment là). De même pour l’urine des habitants, la moitié des urines des parisiens était réutilisée dans les années 1920. Pour de multiples raisons que je ne développerai pas aujourd’hui, ces usages ont disparu et ont été remplacés par des engrais de synthèse.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces engrais mais pour vous rendre digeste le propos, je vais me limiter aux incidences géopolitiques de ces produits. Composés principalement d’azote, de phosphore et de potassium, ces engrais entrainent des dépendances énergétiques et géopolitiques fortes :

  • Disponible dans l’air, l’azote est fixé sous forme d’amoniac avec de l’hydrogène, qui lui-même nécessite de grandes quantités de gaz naturels, pas vraiment à notre disposition en France, et qui en fait un des processus les plus énergivores au monde.

  • Le phosphore et le potassium proviennent principalement de Russie, Chine USA et Maroc pour le 1ᵉʳ et du Canada, de la Russie et de la Biélorussie pour le 2ème, là aussi pas sûr que l’on reste bons amis très longtemps avec l’ensemble de ces pays. De plus, ces activités minières (extraction, broyage, transformation, transports) nécessitent là aussi de grandes quantités d’énergies fossiles.

L’utilisation largement répandue de ces engrais et les pratiques intensives ont largement réduit la fertilité des sols. À l’opposé des biodéchets qui eux ramènent de la vie, encore faut-il recréer ce lien. C’est là que mon invitée du dernier épisode de Radio Circulab intervient. En effet, j’ai eu le plaisir de recevoir Cyrielle Callot, cofondatrice et Présidente des Alchimistes.

Quand ces spécialistes du compost se sont lancés en région parisienne en 2017, j’avais trouvé l’idée de collecter, composter localement les biodéchets très pertinente mais j’avais bien du mal à imaginer comment ils y parviendraient. Presque 10 ans plus tard, Cyrielle nous raconte les parties pris adoptés et comment les 280 personnes de l’équipe ont réussi à devenir un acteur clé du domaine.

En plus sa raison d’être pour régénérer les sols, les Alchimistes incarnent bien les différents traits d’une entreprise résiliente. Pour rappel, MODRAC pour Modularité, Diversité, Redondance, Autonomie et Cohésion. Que ce soit dans la façon dont l’entreprise est organisée (très décentralisée avec différents formes), dans l’alignement des intérêts avec ses clients et les autres parties prenantes, leurs investissements en temps pour faire avancer la valorisation des biodéchets ou la recherche sur le sujet, la place pour les initiatives des différentes équipes, Cyrielle nous délivre plein de sources d’inspirations et de retours d’expériences très pertinents.

Cette résilience au sein de l’entreprise se retrouve aussi dans ses impacts pour les territoires sur lesquels les Alchimistes évoluent. Encore une fois, réduire l’utilisation des engrais de synthèse en repartant de ce qui existe déjà est une démarche pleine de bon sens mais qui se heurte encore trop souvent à des freins culturels qui ne devraient plus exister.

Enfin, j’ai particulièrement apprécié la cohérence des actions mises en place sur le long terme par Cyrielle et son équipe. Encore bravo à toi et merci d’être passé nous voir.

Pour approfondir le sujet, je vous invite à écouter d’autres acteurs déjà passés dans Radio Circulab comme Toopi Organics ou Moulinot que l’on évoque dans l’épisode.

  • Considérer les grands défis de notre société et tenter de comprendre les causes

  • Se renseigner sur ce qui s’est fait dans le passé ou ailleurs sur ce même sujet

  • Établir des liens avec ce qui est déjà à disposition pour mettre en place des solutions pour résoudre ces défis.

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