RSS Amplifier

➥☆ Quali news ↨↺ · Nov 16, 2025

CASSER LES DSPs POUR LES NAZES

0
Sign in to vote or save

Arnaud 45 Abik · ➥☆ Quali news ↨↺

Il y a encore beaucoup de producteurs qui pensent à mort au développement de carrière uniquement via les EPs et les albums. C’est bien ! Ça dépend surtout du type de musique produit ainsi que de la trajectoire que l’artiste peut réellement prendre.
Cependant, dans notre ère de sur-sollicitation, avant de penser à l’EP, les singles peuvent être une belle manière de susciter l’intérêt. Plus largement même, le DSP (plateforme de streaming) offre aux producteurs une agilité digitale qui peut accélérer le développement d’une carrière.
Aujourd’hui dans la série #ahbatard, je reviens sur 5 mini-hacks liés aux DSPs. Parfois sous-estimés, ces leviers peuvent réellement faire la différence dans le développement d’un artiste.

MISE À JOUR DE COVERS
La mise à jour des covers d’un catalogue est le hack le plus simple à réaliser mais qui reste très efficace. C’est une manière simple de faire un clin d’oeil à l’actualité ou d’annoncer subtilement l’ouverture d’un nouveau chapitre, donc d’un nouvel album.
Par exemple, pour faire écho à l’actualité - durant la pandémie de COVID - Young Dolph avait modifié l’entièreté des covers de son catalogue pour y ajouter des masques chirurgicaux1. À ce moment, alors que le monde est bloqué et que la musique est à l’arrêt, l’artiste de Memphis ravive l’intérêt de ses anciens projets.
Lors de l’annonce d’un nouveau projet, ce levier est déjà bien intégré. En France, on a vu Gazo le faire à l’aube d’Apocalypse et même Jolagreen. Mais l’exemple le plus marquant est le déshabillage total du catalogue de Charli XCX, aligné sur la direction artistique de BRAT.

BELEK : Cette opération résonne surtout auprès des fans actifs qui recherchent les morceaux et les albums directement sur la plateforme 2. Pour les écoutes plus passives en playlist, l’impact reste limité.
De plus, cette opération résonne seulement s’il existe déjà une esthétique solide autour de l’artiste. Le covering des DSPs de Jolagreen a plus fait parler que celui de Gazo par exemple.

MISE À JOUR DE MASTER
Les plateformes de streaming offrent aujourd’hui une fluidité totalement inédite. On peut presque tout modifier : la photo de profil, la cover et même le master. Pour ce dernier levier, la seule règle est de conserver la même durée que le titre original et ne pas modifier les crédits. Ce levier est très puissant.
Pour l’instant, la seule fois où je l’ai vu mise en application, c’est lors de l’annonce d’ENNA de PLK : l’équipe avait changé les masters des titres du catalogue de l’artiste pour y ajouter en introduction un message clair ; le prochain album arrive3. Ah batard !
Contrairement aux changements de covers, la mise à jour de master permet de toucher en dehors de sa base fan active et donc les auditeurs plus occasionnels. Toutes les personnes qui écoutent un titre reçoivent l’information.

BELEK : Il y a un effet d’annonce très fort dans ça ; surtout lors de la première écoute. Mais sur tout un catalogue, on sacrifie le replay value de morceaux qui fonctionnent bien.

SORTIE EN CONTINU OU EN CASCADE
Les DSPs fonctionnent via des algorithmes qu’il est nécessaire d’alimenter en permanence. Pour du pur développement, la meilleure manière de se rendre visible est de sortir beaucoup de musique.
Parmi les stratégies les plus efficaces, il y a la cascade où l’on ajoute un titre inédit à un morceau déjà sorti. Cela permet de drainer l’attention sur plusieurs morceaux. Dans un ancien #debunk, on avait vu l’exemple de l’application de cette stratégie via Lil Yachty lors de son rebranding.

Une autre option pour optimiser l’algorithme consiste juste à sortir beaucoup de singles isolés. En France, Davy One en est la preuve : grâce à un flux de sorties en continu - 58 morceaux sortis en 2024 - lui permettant de remplir une Cigale. C’est quasiment une sortie par semaine !
Autre cas qui fait parler en ce moment : fakemink qui atteint aujourd’hui plus de 3 millions d’auditeurs mensuels Spotify. On parle dans son cas d’un EP en 2024 et 68 singles (et des feats bien placés).
En somme, les DSPs forcent à se jouer des algorithmes pour exister. Il semble parfois important de s’éloigner temporairement de la logique d’album pour y revenir lorsqu’un vrai intérêt se fait sentir autour de l’artiste. On nettoiera sûrement tout après, là l’important s’est juste de faire connaître !

REBOOSTER LE BACK CATALOGUE
Dans notre ère digitale, le vieux n’existe plus vraiment ; les DSPs en sont la preuve. Les plateformes de streaming permettent de continuer de pousser des titres issus du back catalogue pour rentrer dans une vraie logique de consommation saisonnière. Aujourd’hui, il est simple d’identifier quels morceaux fonctionnent mieux l’été, lesquels marchent davantage en hiver, au Nouvel An ou même pendant la Saint-Valentin.
L’intégration de la vie du catalogue permet de le faire résonner avec le contexte et donc contribuer à la construction d’une carrière pérenne. Le meilleur exemple ici est l’engouement créé autour de Mariah Carey pendant les fêtes de fin d’année4.
Lors d’un précédent #ahbatard, on avait vu comment jouer de la temporalité pour booster son back catalogue avec les cas de Lucky Love et de Siaka.

Mais je pense qu’on peut aller encore plus loin. La flexibilité des DSPs permet, par exemple, de regrouper dans un projet unique les morceaux qui fonctionnent le mieux selon la saisonnalité. Il reste encore beaucoup d’idées à creuser pour maximiser intelligemment les écoutes.

BELEK : Une telle logique est applicable si et seulement si le catalogue de l’artiste est conséquent. Dans le cas contraire, on risque juste de fatiguer notre base fan.

JEU-CONCOURS VIDEO / CANVAS SPOTIFY
Une règle simple doit être intégrée : pour que l’algorithme nous mette en avant, il faut générer de la traction sur le profil. Pour ce faire, le dernier outil que l’on peut utiliser c’est la vidéo ou le canvas Spotify.
Au lancement des Canvas Spotify, pas mal d’artistes ont exploité ce format pour des jeux-concours assez malins5. Pour participer, il fallait écouter et réécouter un morceau, regarder le Canvas en boucle, parfois même le prendre en screen. Le but était simple : optimiser l’attention sur un morceau pour qu’il circule via l’algorithme.
Dans cette logique, le Canvas devient bien plus qu’un élément esthétique : il se transforme en véritable support marketing et un outil d’engagement en boule de neige.

Les DSPs ont profondément modifié les dynamiques de développement artistique en rendant le catalogue entièrement modulable : identité visuelle, masters, fréquence de sortie, conception saisonnière du catalogue et même activation vidéo. Ces leviers, souvent sous-exploités, démontrent qu’il est possible d’optimiser sa visibilité en temps réel ou presque.
Face à cette flexibilité, la compétence essentielle n’est plus qu’artistique mais bien la capacité d’adaptation. Aujourd’hui, pour prospérer, il faut savoir itérer, rester agile et exploiter de manière chirurgicale chaque micro-espace offert par les plateformes.

5

https://socialmusiccafe.com/spotify-columbine-concours-paintball/

Read the original on 45quali.substack.com

Comments

Nothing yet. Say the first thing.

    Sign in to join the conversation.