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Virginie Dessine Newsletter · Jul 12, 2026

Les jours sans #42

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Virginie Dessine Newsletter · Virginie Dessine Newsletter

Bienvenue dans cette newsletter gratuite, écrite et illustrée sans IA. Je partage mon cheminement d’artiste autodidacte, mes projets et mes sources d’inspiration.

A l’époque où je n’arrivais pas à trouver un éditeur pour Cité de verre, je m’étais résigné à l’idée d’écrire des livres qui ne seraient pas publiés. Je n’allais pas arrêter d’écrire - je m’étais résolu à cela, et c’est une bonne chose, car alors vous savez pourquoi vous faites ça. Vous ne le faites pas pour l’argent, vous ne le faites pas pour la gloire ni pour des lecteurs, vous ne le faites que parce que vous devez le faire.

Je suis tombée sur cette citation de Paul Auster, extraite de Ghost Stories (18 éditeurs new-yorkais ont refusé son roman Cité de verre avant qu’il ne soit publié ) et notée dans mon carnet de lectures alors que je me demandais comment j’allais commencer ma newsletter. Drôle de hasard, quelques heures plus tôt, je découvrais dans ma boîte mail, un message de quelques lignes m’informant que ma candidature, suite à l’appel à participations de Kiblind en juin dernier sur le thème Flamboyance, n’avait pas été retenue :

Nous avons reçu près de 800 illustrations et parmi elles, énormément de très belles créations. Nous avons donc du nous livrer à un choix cornélien. Malheureusement, votre illustration ne fait pas partie de la sélection finale, ce qui n’enlève rien à sa qualité.

En relisant ces deux phrases, je pense à un passage d’une chanson que j’aime beaucoup, La carte postale, (interprétée en duo par Julien Dorée et Juliette Armanet) “Dieu qu’elle est banale, la petite carte postale, qui fait mal.”

Est ce que le fait que cette agence/magazine ait reçu 800 participations me console ? Non ! Mon cerveau, à la lecture de ce mail, n’a retenu que le refus. Le fait que les mêmes mots avaient été adressés à 770 personnes (ou 780, je ne sais pas combien d’illustratrices, illustrateurs ont été retenus) les vide, pour moi, de toute valeur (même si je comprends bien qu’il est impossible de répondre à 780 personnes de manière personnalisé et unique). Bien-sûr, je vais continuer de dessiner car je dois le faire pour paraphraser Paul Auster, bien-sûr je savais depuis le début que j’avais très peu de chances, n’empêche que la déception et la tristesse prédominent.

Au moins maintenant, je peux vous montrer, ma participation. Ce qui m’a guidé ? proposer une illustration qui ressemble à mon travail habituel à travers le thème du voyage en train, les jeux d’ombre et de lumière, la rêverie. puis j’ai constitué une palette de couleurs ‘flamboyante”.
C’était la première fois que je me lançais dans un format aussi grand (A3), un défi en soi pour moi (même si je n’ai pas depuis retenté ce genre de format et que le bloc de papier acheté alors est resté intact sur une étagère).

Dans ma dernière newsletter, je vous parlais de ma première balade dessinée. Vu les vagues de chaleur que Lyon a connues depuis, je sors peu et je sors utile principalement. J’ai continué à travailler à partir des croquis de la boulangerie de cette balade dessinée et cela a donné naissance à ce que j’imagine comme une affiche :

J’ai aussi assemblé des viennoiseries réalisées auparavant dans une affiche “viennoiseries classiques” dans laquelle on retrouve le croissant, le pain au chocolat/chocolatine, le suisse, le chausson aux pommes et l’oranais. Quelle est votre préférée ?

Une autre affiche viennoiseries est en préparation avec des viennoiseries “signature” c’est à dire créées par un chef pâtissier ou un boulanger et qu’on ne retrouve pas partout.

Enfin j’ai passé du temps à réunir une grande partie des teckels que j’avais dessinés suite à l’événement organisé par Hot Gones à Lyon et qui avait été le point de rendez vous des propriétaires de teckels en juin dernier.

J’ai commencé cette newsletter avec un extrait lu dans Ghost stories mais ce livre vaut largement que je m’y attarde un peu plus. Au début, j’ai pensé à Un jour tu raconteras cette histoire de Joyce Maynard parce que dans les deux cas on pénètre dans l’intimité d’un couple touché par la maladie et un couple qui sait que le compte à rebours a commencé. La différence la plus fragrante entre ces deux romans est que, peut-être parce que les romans de Paul Auster ont accompagné une partie de ma vie, j’ai le sentiment de le connaître et de pénétrer, avec ce livre, dans sa vie, sa bibliothèque, son bureau, de passer de l’autre côté du miroir.
Siri Hustvedt nous invite dans leur intimité, celle d’un couple d’écrivains qui m’a toujours fait fantasmer. Je les imaginais travailler chacun dans leur bureau respectif, je ne savais pas qu’ils se lisaient ce qu’ils étaient en train d’écrire, acceptant toujours les remarques de l’autre.
Siri Hustvedt dit le manque, l’absence et en creux le grand amour qui les unissait :

Le chagrin n’est pas permanent. Je peux me barricader des jours durant contre la tempête et puis les bourrasques arrivent et me jettent à terre.

L’humour est présent entre eux et jusqu’au bout et sous la plume de l’écrivaine (elle parle par exemple de cancerland).

Les lettres sont très présentes dans Ghost stories : les mails que Siri a envoyé à leurs amis au fil des mois pour les tenir informés de l’état de santé de Paul; les lettres écrites par Paul Auster à son petit fils Miles qui sont magnifiques.

Siri Hustvedt a tenu également un journal de l’hospitalisation de Paul Auster jusqu’à sa mort :

Je suis partie à 9h ce matin et me voilà de retour à 22h, il fait nuit. Je dois récupérer quelque chose de ma vie.

Dans un autre Uber sur le chemin de la maison. Mon chéri, mon héros, si faible. C’est tout ce que je peux écrire.

L’ordinaire (le cancer) côtoie l’extraordinaire (à son chevet, se rendent entre autres Salman Rushdie ou Don Delillo).

Et puis parce que les écrivains savent raconter des histoires, on lit dans Ghost stories des mini-histoires dans l’histoire, ce qui a toujours été, pour moi, un grand plaisir de lecture. Celle de leur rencontre, celle de leurs débuts, celle de leur fille Sophie Auster, le jour du 11 septembre, celle incroyable liée au livre Pays de sang (un livre à quatre mains, Paul Auster pour les textes qui se plongent dans l’histoire pour essayer de comprendre ce rapport si particulier des américains avec les armes et son gendre, Spencer Ostrander qui photographie des lieux “pierres tombales de notre chagrin” car témoins de tuerie de masse).

Bref Ghost stories est un bijou poignant à lire absolument. (et j’ai maintenant très envie d’acheter les deux derniers romans de Paul Auster que je n’ai pas lus, 4 3 2 1 et Baumgartner).

J’aimerais aussi ajouter dans ma liste de livres à lire (et au moins, celui-ci, il est petit) : L’histoire de ma machine à écrire.

portrait aux pastels

Un article que j’ai trouvé amusant sur un de nos tics de langage actuels, le fameux “du coup”.

Florian Pigé est un illustrateur jeunesse mais ce sont ses flous qui ont retenu mon attention. Le flou chez lui rime avec poésie, sérénité, le flou flirte avec l’abstraction sans vraiment tomber dedans.

D’autres flous sur son compte Instagram

Dans la série “les projets chouettes d’illustratrice”, la poste a collaboré avec Marie Doazan pour mettre des couleurs sur les emballages collissimo avec la série estivale '“escales régionales”. Je n’ai pas trouvé d’info sur le médium utilisé par cette artiste dont les illustrations font penser à de la sérigraphie mais j’ai lu qu’elle était elle même très inspirée par les affichistes de la moitié du 20° siècle (comme Raymond Savignac ou Bernard Villemot que je ne connaissais pas)

Je termine avec les titres auxquels vous avez échappés :
Recalée
Celle qui affiche la couleur
’Ghostauster”

et pour la chanson de la fin, la voix de Bonnie Tyler (visiblement liée dans son cas aux suites d’une opération qui a fragilisé ses cordes vocales) que j’affectionne :

Si cette newsletter vous a plu, n’hésitez pas à la partager autour de vous pour la faire connaitre à d’autres personnes ou à me laisser un petit mot.

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Mentionnés dans cette newsletter :
Ghost Stories de Siri Hustvedt
Cité de verre
Kiblind
Spencer Ostrander et Paul Auster ont fait l’objet d’une exposition à Arles
Sophie Auster, elle aussi artiste
série Times square in the rain de Spencer Ostrander
4 3 2 1, émission La grande librairie avec Paul Auster
Baumgartner, article du Monde
Compte Instagram Florian Pigé
D’autres coffrets régions réalisés par Marie Doazan

Précédemment :

Read the original on virginiedessine.substack.com

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