En six mois, le polystyrène vierge food grade a bondi de 70 à 80 % en Europe. La cause : le blocus du détroit d'Ormuz fin février 2026 a fait exploser le prix du styrène monomère, dont l'Arabie Saoudite représente à elle seule 33 % des importations européennes. Ce qui était une contrainte réglementaire lointaine (PPWR 2030) devient soudainement une urgence économique. Pour la première fois depuis l'émergence du rPS food grade, la parité de prix avec le vierge est atteinte.
Le gisement est là : 60 000 tonnes de pots de yaourt en PS rigide par an en France, plus 10 000 tonnes de barquettes XPS pour la viande et le poisson. La filière est opérationnelle : quatre centres de surtri déployés, une usine Indaver à Anvers qui traite 10 000 tonnes/an de PS français en boucle fermée, et une annonce Valorplast en mars 2026 sur un procédé de décontamination mécanique food grade — une première européenne.
Les marques s’engagent : Yoplait (50 % rPS chimique), Lidl Allemagne (30 % rPS mécanique INEOS), Colruyt Belgique (barquettes viande en rPS). Et depuis le 1er janvier 2026, une prime de 550 €/tonne (qui passera à 1 000 €/t en 2028) pour l’incorporation de rPS food grade rend l’arbitrage économique encore plus favorable.
Mais trois questions restent sans réponse pour arbitrer maintenant : à partir de quel prix du naphta le rPS devient-il systématiquement compétitif ? Quels sont les taux d’incorporation maximum autorisés ? Quelles différences de performances entre rPS mécanique et chimique ?
C’est exactement ce que cette analyse décrypte.

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