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Transparente · Jun 14, 2026

Dans les coulisses de la shitstorm que j'ai vécue cette semaine

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Déborah Laurent · Transparente

Je suis mère d’un enfant de 10 ans, installée à Los Angeles, et ici, j’explore les zones floues - celle entre l’enfance et l’adolescence, et celle que l’on traverse à 40 ans. Chroniques d’une femme, mère et journaliste, qui essaie de comprendre le monde, son monde, alors qu’il part en vrille.

Cette semaine, j’ai compris ce qu’est vraiment une shitstorm.

Pas une “polémique”. Pas un débat. Une déferlante d’insultes, de menaces, et de haine.

Tout est parti d’une vidéo que j’ai postée au sujet d’un documentaire Netflix…

Avant de vous expliquer dans le détail, je constate que c’est de saison. En juin, les gens sont énervés! Une autre de mes vidéos était partie en cacahuète pour d’autres raisons mais avec la même haine, l’année passée, à la même époque.

Sur mes réseaux sociaux cinéma, j’ai donné mon avis sur Michael Jackson: Le verdict, disponible sur Netflix. Ce docu en trois parties revient sur le procès de 2005, que j’avais couvert au début de ma carrière.

Je n’ai rien appris de nouveau mais j’ai trouvé les prises de parole équilibrées et pour une fois, ni à charge ou à décharge. C’est ce que je disais dans ma vidéo.

En quelques heures, j’ai vécu l’enfer. Ma vidéo a été repostée dans des groupes de fans de MJ, reprise sur TikTok par des gens qui m’insultaient par dessus.

J’ai été traitée de tous les noms, j’ai reçu des images graphiques, des messages privés me disant d’aller crever… L’évocation du procès suffit à les faire vriller.

J’ai supprimé les commentaires. Ca n’a pas suffi. Des messages agressifs et menaçants ont été postés sous mes autres contenus. J’ai supprimé la vidéo, parce que j’ai autre chose à faire que de jouer la modératrice dans ma journée.

Je ne voulais pas l’enlever mais je sais aussi que des signalements en masse sur un contenu peuvent faire sauter un compte Instagram. Je n’ai pas envie que cette armée d’énervés viennent gâcher mon travail.

Vous pouvez toujours voir la vidéo dans cet article gratuit de ma newsletter cinéma: Le Verdict: ce documentaire sur Michael Jackson qui vous laisse face à vous-même.

Ca m’a rappelée une vieille histoire problématique vécue dans ma carrière. Celle qu’on m’a demandée récemment de raconter publiquement. J’ai refusé quasi instinctivement parce que je savais à quoi j’allais devoir faire face.

Ne l’ayant pas vécu comme un traumatisme, même si c’était clairement totalement inapproprié et oppressant, je me disais que le jeu n’en valait pas la chandelle. Je n’avais pas besoin de justice ou d’être entendue.

Le déferlement de haine de cette semaine m’a aussi convaincue de l’importance de ce réseau qu’on construit ensemble ici, entre gens bien élevés.

Cette newsletter, celle que je consacre à la Californie et ma troisième newsletter gratuite sur le cinéma et les séries sont importantes. Je peux parler sans avoir peur. Parce que seuls sont là ceux qui le souhaitent.

Je ne donnerai pas le nom de la personne impliquée dans cette histoire. Ce n’est pas l’objet de ce texte.

Le sujet ici n’est pas une identité, ni une révélation, ni une mise en cause. Le sujet est: ce que devient une parole dès qu’elle entre dans l’espace public aujourd’hui.

Je suis choquée par la vitesse à laquelle tout se polarise. Par l’impossibilité presque immédiate de laisser exister une nuance. Par la façon dont une expérience personnelle peut être arrachée à son contexte, simplifiée, transformée en camp, en procès, en verdict.

Et par ce que cela produit, particulièrement pour les femmes: une hésitation supplémentaire, une autocensure progressive, ou simplement le choix du silence.

Ca m’a été douloureusement rappelé cette semaine.

Avant d’aller plus loin, si le sujet vous intéresse, vous pouvez lire cette newsletter-là:

Read the original on seayouson.substack.com

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