Dear readers, subscribers, and now…listerners,
I’m excited to announce the launch of Russian Art & Empire Podcast! Of course, since it’s a first, I forgot to introduce it in the very first audio recording today. I can only improve it from here, by adding sound effects and musics, but I wanted to get this first “Test” episode out of the way.
So, bear with me as you are embarking with me into this new podcast journey where at least you will get to hear my voice and not some type of AI (de)-generated voices and soundbites.
Texte par Marie-Louise Robeyns
Narration par Jerry B. Marchant, Russian Art & Empire
De nombreux propriétaires l’ont possédée au fil des ans. À l’origine, le domaine auquel elle était incluse appartenait à Magdeleine Escarras par suite de l’acquisition qu’elle en avait faite le 17 mai 1815, d’Antoine Darmuse, propriétaire agriculteur, habitant quartier des Gabres. Plus tard cette demeure passera à Gaspard-François Torcat, capitaine marin, le 22 novembre 1832. Quand il décède en 1848, son épouse Reine-Rose Caire, avec laquelle il a eu trois enfants, est autorisée par le Conseil de famille à vendre la propriété. C’est maintenant le château Desange, une vaste propriété rurale, oliviers, vignes, orangers, bois de pins descendant jusqu’à la route impériale par un chemin carrossable. Louis Henry Desange l’avait acquis en 1855 lors de sa mise aux enchères au tribunal de Grasse. La propriété est vite revendue en 1859, M. Desange conserve sa villa. En 1860, le propriétaire actuel, Louis-Charles Caillaux réalise d’importants travaux d’embellissement et de nouvelles constructions sur le domaine, il vend à Auguste Macé une parcelle plantée d’oliviers, de vignes et de rosiers sur laquelle sera édifiée la villa Mélite sous réserve... de laisser la récolte d’olives aux vendeurs. En 1866, M. et Mme Pierre Gonnet achètent les trois bâtisses actuelles de l’ancienne propriété dont l’hôtel qu’ils vont surélever. Le toit-terrasse de la villa des Anges sera remplacé par un étage sous une toiture mansardée avec lucarnes. Le 14 janvier 1867, Victor Cousin, philosophe, membre de l’Académie française, ancien pair de France, ancien ministre de l’Instruction publique, décède à la villa des Anges que l’on peut apercevoir au fond de l’impasse éponyme. C’est alors l’une des maisons de M. Caillaux que Prosper Mérimée est parvenu à lui réserver. L’inauguration de l’hôtel Gonnet a lieu en 1870. Il est de taille moyenne, bâti sur un plan rectangulaire élevé sur quatre niveaux, quatre travées de fenêtres encadrées par deux ailes en légère saillie, surmonté d’un fronton en arc de cercle. Sur le côté, une construction plus modeste, Les Cigales, pour certains membres du personnel et des hôtes. Au décès de M. Gonnet, en 1900, l’hôtel s’appelle le Régina, dirigé par H. Aletti ; il subit des agrandissements successifs et l’ajout d’une terrasse précédant le premier étage. Témoin du passé, la superbe grille, entrée du jardin des Gabres, qui donnait accès aux calèches jusqu’à l’entrée de l’hôtel.
En 1953, la fondation internationale Tolstoï, agence américaine d’aide aux réfugiés de toutes origines, créée par la comtesse Alexandre Tolstoï, fille de l’écrivain, achète le Régina pour le transformer en maison d’accueil. Actuellement, l’Association de la maison de retraite de Cannes compte, en plus de ses membres fondateurs, le Conseil Œcuménique des églises (Genève), l’église Orthodoxe Russe, dont le pope, délégué à l’achat, arrivera avec une valise pleine de billets représentant les aumônes reçues, la CIMADE d’origine protestante, les Œuvres Diaconales de Suisse Romande. Les premiers arrivants russes restent attachés à leur culture, ils possèdent dans leur chambre une icône, des portraits de la famille impériale, des vues représentant des paysages russes. Certains d’entre eux avaient leur domestique qui partageait leur chambre faute de place. Ils sont alors cent neuf pensionnaires. La majorité d’entre eux étant issue de la société russe tsarine, les hiérarchies se recréent, plus psychologiques que fondées sur la valeur du patrimoine, tout ce monde étant réduit à une dépendance oisive. En 1954, l’achat des Cigales permet d’accueillir trente-deux nouveaux réfugiés. En 1955, avec l’acquisition de l’hôtel Insulinde, en face, soixante pensionnaires de plus, d’horizons divers, s’installent, dont des Russes orthodoxes enfermés dans des camps à Trieste sous le régime de Mussolini. Certains d’entre eux partiront vers d’autres points de chute suivant leur désir, de préférence la Grande-Bretagne et les USA. Le directeur fait construire une petite chapelle orthodoxe qui ne sera jamais consacrée, adossée à la bâtisse du Régina ; elle possédait une cloison couverte d’icônes séparant la nef du sanctuaire, l’iconostase, qui se trouve actuellement dans la crypte de l’église russe par suite de la démolition de la chapelle en 1991. L’esprit qui règne alors permet aux pensionnaires de participer aux activités de la maison suivant leurs aptitudes professionnelles et leurs possibilités physiques. Ils apportent leur concours aux travaux d’aménagement et d’amélioration en assurant une part de l’entretien courant : on installe une menuiserie, une cordonnerie, des ateliers de reliure et de fabrication de jouets d’enfants, un atelier de couture et un cabinet dentaire ! Certaines traditions ont été conservées, ainsi l’on continue à fêter la Saint-Michel comme au temps où les grands ducs de Russie étaient à Cannes. L’ancien hôtel Insulinde, annexe de la maison de retraite, fut détruit en 1985, un bâtiment fonctionnel pour les personnes demandant beaucoup de soins le remplaça. La majorité des pensionnaires est, à présent, d’origine locale ; la moitié d’entre eux est bénéficiaire de l’aide sociale. Ce n’est jamais de gaîté de cœur que l’on quitte son chez-soi, mais la solitude, la peur inhérente à celle-ci, le centre-ville à deux pas, font que bien des personnes valides s’inscrivent sur la liste d’attente pour entrer dans cette maison de retraite.
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Written by Marie-Louise Robeyns
Narrated by Jerry B. Marchant Russian Art & Empire
Many owners have possessed it over the years. Originally, the estate to which it belonged was owned by Magdeleine Escarras, following her acquisition of it on 17 May 1815 from Antoine Darmuse, a farmer living in the Gabres quarter. Later the property passed to Gaspard-François Torcat, a ship’s captain, on 22 November 1832. When he died in 1848, his wife Reine-Rose Caire, with whom he had three children, was authorized by the Family Council to sell the property. It is now the Château Desange, a vast rural estate with olive trees, vines, orange trees, and pine woods sloping down to the Imperial Road via a carriage track. Louis Henry Desange had acquired it in 1855 at auction at the Grasse tribunal. The property was quickly resold in 1859, and Mr. Desange kept his villa. In 1860 the then-owner, Louis-Charles Caillaux, carried out major improvement works and new construction on the estate; he sold to Auguste Macé a plot planted with olive trees, vines, and roses on which the Villa Mélite would be built, with the condition... that the olive harvest be left to the sellers. In 1866, Mr. and Mrs. Pierre Gonnet bought the three existing buildings of the old property, including the hotel, which they would add a story to. The terrace roof of the Villa des Anges would be replaced with an extra floor under a mansard roof with dormer windows. On 14 January 1867, Victor Cousin — philosopher, member of the Académie française, former peer of France, former Minister of Public Instruction — died at the Villa des Anges, which can be glimpsed at the end of the cul-de-sac that bears its name. It was then one of Mr. Caillaux’s houses that Prosper Mérimée managed to reserve for himself. The Hôtel Gonnet was inaugurated in 1870. It was of medium size, built on a rectangular plan rising four stories, with four bays of windows framed by two slightly projecting wings, topped by a rounded pediment. To the side stood a more modest building, Les Cigales, for certain staff members and guests. Upon Mr. Gonnet’s death in 1900, the hotel was renamed the Régina, run by H. Aletti; it underwent successive extensions, including the addition of a terrace in front of the first floor. A surviving witness to the past is the magnificent gate at the entrance to the Gabres garden, which once gave carriages access right up to the hotel entrance.
In 1953, the Tolstoy Foundation — an American aid agency for refugees of all backgrounds, founded by Countess Alexandra Tolstoy, the writer’s daughter — bought the Régina to convert it into a care home. Today, the Cannes Retirement Home Association includes, alongside its founding members, the World Council of Churches (Geneva) and the Russian Orthodox Church, whose priest, delegated to handle the purchase, arrived with a suitcase full of banknotes representing the alms collected; also involved were CIMADE (of Protestant origin) and the Œuvres Diaconales de Suisse Romande. The first Russian arrivals remained attached to their culture: in their rooms they kept an icon, portraits of the imperial family, and views depicting Russian landscapes. Some of them had a servant who shared their room for lack of space. At that time there were one hundred and nine residents. As the majority came from tsarist Russian society, hierarchies re-formed among them — more psychological than based on actual wealth, with this whole world reduced to an idle dependency. In 1954, the purchase of Les Cigales made it possible to take in thirty-two new refugees. In 1955, with the acquisition of the Hôtel Insulinde across the way, sixty more residents from various backgrounds moved in, including Orthodox Russians who had been held in camps in Trieste under Mussolini’s regime. Some of them would later move on to other destinations as they wished, generally Britain or the USA. The director had a small Orthodox chapel built, attached to the Régina building, which was never consecrated; it had a wall covered in icons separating the nave from the sanctuary — the iconostasis, which is now kept in the crypt of the Russian church following the chapel’s demolition in 1991. The spirit prevailing at the time allowed residents to take part in the home’s activities according to their professional skills and physical abilities. They contributed to improvement and renovation work, handling part of the routine upkeep: a carpentry shop, a shoemaker’s, bookbinding and toy-making workshops, a sewing workshop, and even a dental practice were set up! Certain traditions have been preserved — for instance, Saint Michael’s Day continues to be celebrated, just as it was when the Grand Dukes of Russia were in Cannes. The former Hôtel Insulinde, an annex of the retirement home, was demolished in 1985 and replaced by a functional building for residents requiring more extensive care. Most residents today are of local origin; half of them receive social assistance. No one ever leaves their home happily, but loneliness, the fear that comes with it, and the proximity of the town center mean that many able-bodied people still put their names on the waiting list to enter this retirement home.

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