Alors que la France aurait perdu sa “souveraineté narrative”
et que le Politique semble ne plus être le porte-voix de la nation,
comment convoquer des futurs désirables ?
Dans un récent article de Le Monde, on découvre que le récit national serait porté de plus en plus par les marques. Mais les marques sont-elles capables (seules) de se faire l’écho d’imaginaires désirables, ou seulement de “futurs obsolètes” comme le développe des auteurs comme Emmanuel Bonnet, Diego Landivar ou Alexandre Monnin ?
On peut en effet rêver à estimer que “chaque entreprise se doit d’être responsable”, et ainsi convoquer des positionnements engagés, impliqués pour l’avenir, appelant à des voies dissonantes.
Une voie peut-être la table rase, de la révolution à la fuite face aux infrastructures de la Modernité technicienne, telle la zone à défendre,
Une autre celle d’un néo-conservatisme, appelant les Anciens et les formes préindustrielles à la rescousse, dans un souci civilisationnel,
Il existe cette philosophie de reconnexion au vivant et au droit de la nature, fortement spiritualiste, où la sobriété heureuse peut-être une trace illustrée,
La transition écologique, “simple” réponse technique aux crises qui surviennent, où la Responsabilité Sociétale peut-être le label glorieux,
ou encore la redirection écologique, accepter d’hériter du passé, y compris de ses traces négatives, pour apprendre à le dépasser, le contourner, y renoncer, telle une écologie de la fermeture.
Au-delà de l’imaginaire convoqué, il nous faut comprendre que le péril est grand de ne pas se retrouver, de ne pas réussir à faire comprendre vers quoi nous voulons emmener nos parties “concernées”.
La Fenêtre d’Overton est alors là pour ne rappeler que cette dynamique de transformation, y compris lexicale et narrative, doit se vivre “pas à pas”.
En effet, une idée à priori loufoque, un concept alternatif, un imaginaire divergent ou encore une tradition ancienne, une pratique oubliée, un mot retrouvé mettent du temps à (re)devenir une norme de société.
L’impensable devient radical,
le radical peut-être acceptable,
de l’acceptable, on peut le rendre raisonnable,
du raisonnable au populaire,
du populaire de la politique publique.
Mais comment faire advenir ces nouveaux objets politiques ?
Car, comme le présentait dans son mémoire Steven Guyomarc’h au CNAM Pays-de-la-Loire en 2020, une émergence ne peux exister et se pérenniser seule.
Elle doit ainsi mobiliser des expérimentateurs, des témoins du passé ou du présent, des ambassadeurs, des prescripteurs, des promoteurs… pour atteindre les adopteurs précoces, puis la majorité silencieuse.
Mais qui s(er)ont ces nouveaux porte-voix ?
Si le Politique n’est plus l’Homme en capacité de se faire écho et d’oraliser ces imaginaires en devenir, qui peut-il être ?
Certains diront “les experts”, d’autres “les faiseurs de marques”, d’autres “les entrepreneurs”, “les influenceurs, des néo-distributeurs digitaux”, ou d’autres encore “nous tous”.
Mais il ne s’agit pas ici de choisir qui est légitime pour exercer le “kratos” (le pouvoir) du “démos” (le peuple).
Soit, il convient alors à nous, professionnels de l’ingéniosité territoriale (est-ce un bon terme pour nos métiers ?), dans notre société démocratique de la vieille Europe, de laisser aux élus de trancher et planifier, aux décideurs de gouverner, aux peuples d’évaluer.
Mais peut-être est-ce déjà un regard obsolète sur notre mondre,
et il nous faudra alors ouvrir une autre fenêtre sur le futur…
_Alexis
Il nous faut renoncer aux futurs déjà obsolètes
Un article à retrouver là :
La Responsabilité Territoriale permet d’entreprendre pour le bien commun, là où on est installé…
Un autre article d’Usbek à lire ici.
Eleveurs et agriculteurs en Afrique, des conflits qui posent question de la propriété
Comme si les conflits entre éleveurs (le mouvement) et agriculteurs (la gravité) pouvaient nous interroger sur l’avenir du droit des sols…
La souveraineté narrative, un mal français
La Fondation Jean Jaurès, que l’on pourrait difficilement qualifié de “club de réflexions de droite” a publié les résultats d’une étude sur le manque politique pour “mettre en récit la France, ses valeurs, ses idéaux, son identité”.
Face au temps qui nous manque, il nous faut innover
Innover n’étant que le pendant de l’invention, quel plus intéressant sujet que se questionner sur la philosophie de l’innovation à mobiliser pour faire différemment, peut-être autrement comme les progressistes le demandent, peut-être “comme avant” comme le proposent les conservateurs ?
Vous êtes allé jusqu’au bout ?!
Bravo, vous êtes prêt à mettre un j’aime en bas de cette page, partager à tous vos collègues et amis des territoires (et nous contacter pour agir ensemble) !
Avez-vous apprécié notre Longue-vue du mois ?
Si c’est le cas, nous vous invitons à mettre un ♥ à la fin de notre longue-vue et à la partager !
Share La Longue-vue de Prima-Terra.fr
Vous êtes 9 000 lecteurs mensuels en moyenne tous canaux confondus (et 522 k vues dépassées sur le site web). Merci !
Une lettre d’informations de Prima Terra - faire école de l’inventivité des territoires et de ses auteurs - réalisée avec le sourire en Drôme provençale, notre QG. :)
Merci de lire La Longue-vue de Prima-Terra.fr —> Abonnez-vous pour recevoir et soutenir notre travail au service de la coopération territoriale.
Aucun post

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.