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La Longue-vue de Prima-Terra.fr · Jul 4, 2024

Dépasser l'incertitude

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PRIMA TERRA - Faire école - · La Longue-vue de Prima-Terra.fr

Bonjour, chers lecteurs des ondes territoriales,

Aujourd’hui, il s’agit d’une longue-vue un peu spéciale.

Dans un moment historique pour la France, Prima Terra s’est lancée dans une lettre partagée avec Maison Bourdon “décrypter pour gouverner”, le jeune média qui se propose de comprendre, décortiquer et conseiller les décideurs d’aujourd’hui et de demain.

Il s’agit donc d’une longue-vue associant le Pourquoi et le Comment, la Vision et les Moyens pour dépasser l’incertitude.

Bonne lecture, et faites-nous des retours !

_Alexis

ps : Maison Bourdon recherche des plumes stimulées par ce projet de radar de l’air du temps, amoureuses des controverses. A bon entendeur…

Que faire lorsque les actualités nous submergent, nous invitent à penser que les lendemains seront difficiles ?

Alors que les discussions s’affolent pour savoir ce qu’il se passera ce lundi 8 juillet, il nous faut pourtant avancer. Quelque soit votre regard sur la situation, votre appartenance à “un bloc”, les clivages à l’oeuvre.

La France est aujourd’hui partagée en trois blocs, comme Le Grand Continent le suggère dans sa projection des résultats pour les législatives de dimanche.

Trois blocs.

  • L’un, aux couleurs rougeoyantes, prône la “post-croissance” et la sobriété heureuse, est redistributif, pro- ou anti-nucléaire, europhile ou eurosceptique, pour la gratuité généralisée de services publics ou le soutien aux luttes minoritaires… (les mots de Bon Pote)

  • L’autre, aux couleurs très claires, se positionne comme progressiste, europhile, pour l’innovation, est anti-hausse d’impôts, pour l’autorité et les principes républicains, pro-nucléaire… (nous disent La Croix et Le Monde)

  • Le dernier, bleu marine à grisé, est pour une révolution conservatrice, via l’autorité, diminuer l’imposition, annuler des réformes structurelles, pour le pouvoir d’achat, la “renationalisation des autoroutes”, voire la préférence nationale (expriment Ouest France et Le Monde).

La France est devenu “un pays peuplé d’archipels”, pour paraphraser Jérôme Fourquet. Et ces blocs se retrouvent dans chaque village, chaque quartier, chaque immeuble, chaque lotissement, chaque fête. Les communautés sont multiples, la nation invisible.

L'Archipel français à lire

Comment faire avec ces blocs ?

Prima Terra “Faire école” s’interroge sur la posture adoptée.

Car faire école, c’est accepter ces différences et composer avec.

Faire école, c’est comprendre l’Autre.

Faire école, c’est regarder ce qui est déjà-là et chercher à atteindre un futur-déjà présent.

Faire école, c’est conserver ce qui est Nous, et transgresser ce qui n’est pas.

Quel est ce Nous ?

Dans un essai perturbant, le géographe Christophe Guilluy nous parle de ce Nous qui s’estompe, de cette majorité qui mobilise son instinct de survie face à la perte de ses repères.

Les dépossédés de Guilluy

Et les repères, dans ces archipels où les bulles sont tant numériques qu’IRL - In Real Life- tous les jours, lorsque l’on passe par un “tiers-lieu”, un siège de collectivité locale ou les bureaux d’une entreprise de prestations intellectuelles, sont vacillants.

Les bulles ne se rencontrent plus.

L’état gazeux (revue Esprit) de l’éphémère suscitée, de l’émotion réseautée, des flux instantanés, de l’attention troublée est omniprésent.

Comment fabriquer des états liquides voire solides dans les dynamiques locales ?

Lorsque l’on travaille à relier des individus pour faire collectif, relier des collectifs pour faire territoire, relier des territoires pour faire société, il le faut.

Installer des espaces vivifiants, qui documentent, qui posent les choses, qui installent dans la durée, qui ancrent les initiatives dans le contexte réel, lent, vrai du quotidien.

Comment faire avec l’incertitude troublante ?

L’incertitude n’est pas une fatalité, c’est même une redécouverte dans nos sociétés où le temps devait être contrôlé, la vie programmée, le travail à vie, la fin de vie balisée, la maison standardisée, les villes uniformisés.

Et pourtant, lorsque l’on travaille à relier des individus pour faire collectif, relier des collectifs pour faire territoire, relier des territoires pour faire société, il le faut.

Pour cela, apprendre.

La coopération, qu’elle soit interpersonnelle, inter-collective ou territoriale, c’est apprendre. Apprendre à explorer, apprendre à convoquer les incertitudes, apprendre à mobiliser l’inconnu, aller chercher celui qui pense différemment, celui qui fait le “pas de côté”, celui qui n’est pas d’accord.

Pour cela, être curieux.

S’interroger, c’est rechercher. C’est sortir de ce que l’on croit connaître.

C’est sortir de ses limites, disciplinaires, sectorielles, géographiques, politiques…

C’est un exercice délicat, qui fatigue, nous provoque, nous stimule aussi.

Pour cela, être humble.

Ne pas savoir est sans doute le plus dur à accepter.

Lâcher prise, embarquer dans l’aventure collective, renouer avec ses tripes, son corps, ses sens, son coeur.

Renouer avec l’instinct de vie, dépasser l’esprit de survie, faire cause commune en dépassant sa cause personnelle. Ne pas s’oublier.

Pour cela, savoir d’où l’on vient.

Pour faire de l’incertitude une possibilité, il faut être en confiance, sécurisé, savoir ce qui fait repère pour nous. Partir vers l’inconnu impose d’accepter ce que l’on est.

C’est à la fois garder le passé qui nous a construit, soupeser le présent des décisions, se projeter dans des futurs inspirants. La table rase n’est pas la solution, la fixation de tout non plus. Que faire ?

Les projets que nous vivons, que nous portons, que nous accompagnons tentent cet effet de pendule.

Un point de gravité nous fixe au sol, un mouvement en arrière nous invite à ne pas oublier ce qui était avant nous, un mouvement en avant nous pousse à convoquer d’autres imaginaires, explorer d’autres horizons.

Le fil à plomb est notre allié pour discerner ce qui est important aujourd’hui.

Les projets que nous vivons, que nous portons, que nous accompagnons tentent cet effet de pendule. Un point de gravité nous fixe au sol, un mouvement en arrière nous

Et vous, comment composez-vous avec l’incertitude ?

_Prima Terra x Maison Bourdon

Apprendre à plusieurs

Nous tentons de créer des conditions favorables à cet apprentissage constant, pour accéder à une maturité coopérative, voire démocratique en quête permanente.

C’est l’objet des Campus Ouverts, un dispositif expérimental qui a déjà trois ans d’existence.

Le dispositif Campus Ouverts

Rejoignez-nous pour inventer de nouvelles façons d’apprendre et travailler ensemble !

Une lecture inspirante

Parce que lire sans cesse davantage nous apprend à vivre, à approfondir, à questionner son quotidien, voici un livre de Martin Vanier qui nous invite à (re)découvrir les principes de la “reliance”, notion par ailleurs importante pour les acteurs qui pratique avec la complexité.

Le temps des liens

Une découverte “enracinée”

Apprendre, c’est faire des pas de côté.

Lors d’une soirée parisienne, Prima Terra eu l’occasion de découvrir Le Nid, “incubateur de projets culturels et enracinés vers leur réussite”.

Le Nid incubateur

L’occasion de rencontrer des porteurs inspirants, comme :

  • Souveraine Tech qui défend des technologies (et des données) au service des intérêts de la France,

  • Terre de France, qui promeut l’artisanat local dont les bénéfices sont reversés à des initiatives associatives vertueuses, pour la restauration du patrimoine (comme Rempart) ou l’alimentation de proximité paysanne,

  • Paris vaut bien une fête, qui souhaite relancer une fête de la ville de Paris et des parisiens…

Parce que la fabrique du Commun n’est pas futile

Deux pistes pour agir au service du Bien Commun, de ce qui nous relie, nous permet de se comprendre, de vivre ensemble sans basculer dans la violence, qu’elle soit verbale, écrite ou avec les mains. En bref, faire société.

L’une se passe du côté du Massif des Baronnies, dans les pré-Alpes, et nous parle de ce que l’apprentissage collectif au sein de ce que font les “faiseurs de cultures” participent de cette culture du commun.

Ici, le Commun est ce qui nous parle, nous relie, cultive notre art de vivre, nos paysages, nos réjouissances culinaires et sensorielles, des histoires à (ra)conter.

La Baronne et ses faiseurs de cultures

De l’autre, il s’agit d’un festival qui a eu lieu il y a quelques jours, dans un château partagé à l’histoire sociale mouvementée, pour tenter des rapprochements entre ces tiers-lieux, ces lieux de la convivialité non-marchande (ou presque) et des producteurs de communs numériques.

Là, on est sur l’outil et les espaces pour documenter, rassembler, partager des pratiques, des expériences, des outils conçus localement pour en inspirer d’autres.

La fabrique à communs des tiers-lieux

Apprendre à plusieurs, en s’organisant ensemble, pour l’avenir

Nous sommes membres de plusieurs consortiums labellisés Deffinov pour “relier les tiers-lieux et l’écosystème de la formation” au service des métiers en tension et émergents.

Rejoignez-nous !

Vous êtes 3 000 lecteurs mensuels en moyenne tous canaux confondus (et 538 k vues dépassées sur le site web). Merci !

Une lettre d’informations de Prima Terra - faire école de l’inventivité des territoires et de ses auteurs - réalisée avec le sourire en Drôme provençale, notre QG. :)

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