Bonjour chers lecteurs des longue-vues prima terriennes,
aujourd’hui, nous allons explorer la question des échelles.
Car ne faut-il pas relier les mondes plutôt que tenter de les comprendre isolément ?
_Alexis
Nous parlions dernièrement avec un établissement d’enseignement à la diffusion nationale et internationale de la façon de construire ce qui pourrait être son programme (stratégique, entendons-nous !) pour les années à venir.
Et les semaines précédentes, nous en faisions tout autant avec un responsable d’établissement médico-social, de candidats aux municipales, des étudiants experts-comptables et de l’immobilier, une chercheuse en design urbain ou encore avec un chef d’entreprise des boissons fermentées.
Une clé revenait sans cesse : encastrer les échelles.
Avec l’encastrement, il y a l’idée de la poupée gigogne…
Avec cette image, l’idée de survoler, d’emboîtement, de décomposition comme de relations entre entités prend naissance dans notre pensée.
Et c’est bien ces quatre dimensions qu’il nous faut convoquer.
Survoler, c’est comprendre ce qui unit les choses
Décomposer, c’est comprendre (plus) simplement les choses
Emboîter, c’est comprendre l’agencement des choses
Relier, c’est comprendre l’articulation, l’interface entre les choses.
Une approche multi et interscalaire
Pour la mise en pratique, il nous faut saisir le palimpseste du monde (et donc des mondes) que nous appréhendons.
Une échelle s’impose à nous, requestionner par Bruno Latour sous le terme des “terrestres”.
Construire des stratégies qui s’inscrivent dans le temps long de l’humanité et des non-humains nous impose de regarder ce qui est unit, relie, rassemble au-delà des différences apparentes.
Ici, il nous faut aller convoquer la portée universelle de notre métier, de notre mission et faire atterir la pensée économique dans le vécu, le sens, la trajectoire humaniste recherchée.
Celle-ci doit se mettre en dialogue avec une autre échelle, bien plus vaste, celle du temps “planétaire”.
C’est le temps des cycles longs et biochimiques, géologiques aussi à travers l’Anthropocène et ses interrogations civilisationnelles.
Ensuite, il nous faut redescendre, atterrir un peu plus encore.
Ici est mobilisé l’échelle régionale, biorégionale peut-être même, de la proximité vitale, de l’identité partagée, de l’appartenance à des particularités communes.
Elles peuvent être :
paysagères (bocage ou forêt, plaine ou vallée…),
écologiques (spiritualité payenne ou insitutionnelle, esprit des lieux…),
linguistiques (l’occitan, le basque, le berrichon, le basque, le créole martiniquais…),
alimentaires (le pain au chocolat ou la chocolatine, le pistou ou le pesto, moules maroilles-frites),
coutumières (la bise à 3 ou 4 joues).
Se joue alors la capacité à rassembler, forger cette proximité culturelle par des lieux totems et rassembleurs du passé ou du présent, des laboratoires d’exploration, non hors-sol ou dans les murs, mais en-dehors, ainsi qu’un mouvement d’idées qui transcende, fédère, lève une imagination.
Enfin, une échelle plus petite vient cultiver le commun du local, du bassin de vie, de l’habitat où nous sommes.
Ici, on cherche à infuser activement en local la connaissance globale, on peut accélérer dans la technologie (et nier le temps social) ou bien diminuer la vitesse (pour se mettre à vitesse humaine), favoriser la reliance à l’écosystème à la fois proche et lointain et stimuler le dynamisme communautaire.
Evidemment, ensuite, se trouve l’échelle du collectif, parfois communauté organique, souvent organisation plus mécanique. Il faut trouver la place de l’individu, à cheval entre la mission commune et le besoin d’exister, de s’aligner.
La première n’apprécie pas les procédures, la seconde cherche sa part de liberté, de souplesse, d’esprit d’initiative…
Composer avec ces échelles, c’est accepter de faire avec la complexité.
C’est voir les choses ensemble et les activer ensemble,
c’est chercher à compléter plutôt qu’à détruire (poc à Schumpeter !),
c’est “bâtir des oasis de connaissance dans un océan de certitudes” (merci Edgar Morin).
Un bel automne à vous !
_Alexis pour l’écosystème Prima Terra
Retrouvez l'écosystème prima terrien !
Campus Ouverts, c’est parti !
Par ce que l’on apprécie le plus, c’est apprendre, transmettre et accompagner en simultané, on démarre une nouvelle saison Campus Ouverts !
Parmi nos commandes :
le Département de l’Hérault pour travailler sur le bien-être des jeunes,
l’Université de Montpellier pour créer un tiers-lieu Sciences-Société sur l’avenir du littoral, l’Institut des Plages,
l’Institut Martiniquais des Chocolats et des Cacaos pour un travail sur la diversification économique des agriculteurs et les marchés porteurs pour les produits “made in local” éco-responsable et sains,
la nouvelle Agence de Développement et des Transitions sur l’accès des PME aux dispositifs de transformation écologique (sous réserve),
la Communauté de Communes des Baronnies en Drôme provençale sur la création d’une solution simple pour renseigner les habitants au quotidien…
Décryptage économique
Nous avons été sollicité pour réaliser des master class auprès des étudiants futurs experts-comptables de l’IGEFI Lyon.
Le thème : “l’économie : la comprendre, la décrypter et agir avec en entreprise”.
Tout un programme qui nous va bien !
Gestion et Protection de la Nature
L’Institut Supérieur de l’Environnement de Nantes nous a demandé d’intervenir, en plus du Master en Management, Ingénierie et Droit de l’Environnement, en BTSA Gestion et Protection de la Nature.
Quel plus grand défi que de se lancer dans la transmission auprès des “futurs gardiens du temple” du vivant ?!
Et l’ISE de Paris nous demande une nouvelle intervention sur la “résilience du Bâtiment” où nous parlerons de nos pratiques d’Assistance à Maîtrise d’Usage globale, du bâtiment coopératif au territoire apprenant.
Immobilier et Transitions
L’école des sciences immobilières de Paris, SupTertiaire, nous a mobilisé cette année pour travailler avec les étudiants de trois promotions sur les transitions / responsabilité sociétale et (ou ?) territoriale du secteur.
En novembre, on les retrouve en amphi pour la présentation des résultats.
De nombreux professionnels sont attendus, dont le groupe SAFRAN !
Numérique, Entrepreneuriat et Engagement territorial
Le CNAM Occitanie nous a proposé cette année de lancer un nouveau serious game pour entreprendre sur des besoins complexes du territoire occitan à Alès et Montpellier.
On en a profité pour lancer les étudiants (en informatique, marketing et financement de l’innovation et métiers de l’entrepreneuriat) sur des projets utiles, évidemment !
Vous êtes 3 000 lecteurs mensuels en moyenne tous canaux confondus (et 538 k vues dépassées sur le site web). Merci !
Une lettre d’informations de Prima Terra - faire école de l’inventivité des territoires et de ses auteurs - réalisée avec le sourire en Drôme provençale, notre QG. :)
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