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Mobius, la newsletter de PSI · Apr 24, 2026

Tonnerre de Brest

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Mobius, la newsletter de PSI · Mobius, la newsletter de PSI

Silent Hill ne serait rien sans son brouillard à couper au couteau, de la même façon qu’une intrigue policière de film noir n’est jamais complète sans une pluie drue. Les phénomènes météorologiques sont parfois l’aspect le plus mémorable des œuvres cultes. The Thing ne serait pas un film culte à reregarder tous les hivers sans la tempête de neige qui emprisonne ses personnages avec la créature la plus cauchemardesque de l’histoire du cinéma.

Cette semaine dans Mobius, on met à l’honneur deux œuvres qui dépeignent leurs conditions météorologiques de manière marquante, que ce soit un Déluge sur Terre ou les cyclones déchainés de Léviathe. Enfin, on redescend dans un sujet un peu plus commun, celui des jeux de sports et comment ils échouent à capturer la réalité des imprévus météo.

Sommaire :

  • Gospels of the Flood: Les Évangiles du Déluge (par Malik)

  • L’apaisement face au chaos dans Outer Wilds (par Fanny)

  • La météo, angle mort des jeux de foot (par Yacine)

“Le jour où les continents commencèrent à couler, je perdis ma foi en Dieu. Ce n’était pas un conflit moral qui m’est venu à cause de la terrible nouvelle. Je n’ai pas levé le poing au ciel et maudit Dieu d’avoir abandonné l’humanité. C’était simplement une absence. La réalisation soudaine qu’il manquait quelque chose. Là où la foi s’était trouvée dans mon cœur, il n’y avait plus rien. Et je ne saurais dire si c’était une bonne ou une mauvaise chose. C’était comme ça.“

L’engloutissement de la Terre par les marées hautes sert de toile de fond à l’histoire de Gospels of the Flood, une série audio racontant la crise spirituelle d’un prêtre confronté à un Déluge Biblique.

À travers sept épisodes de pérégrinations dans un monde se mourant sous les flots, notre protagoniste rencontre par hasard ses camarades de séminaire et s’enquiert d’une chose : qu’en est-il de leur foi ? Comment ont-ils fait pour continuer à croire en Dieu malgré l’absurdité de la vie ?

Leurs réponses surprennent, invoquant tantôt le désarroi et tantôt la stupéfaction. Face à un monde cruel où l’existence d’une Force Supérieure est incertaine, le sens de la vie est opaque.

L’aspect théologique de Gospels of the Flood est un revêtement de surface. Il s’agit moins d’une dissertation sur le christianisme que d’un questionnement existentiel de personnages confrontés à leur mortalité. Néanmoins, le son des pianos, des violons et violoncelles qui servent de fond sonore à cette aventure apocalyptique sont entêtants. Les effets sonores aussi nous immergent pleinement dans ce monde en perdition où les vagues montent toujours plus haut.

Sous cette surface de gaz verdâtre, Léviathe cache une météo agitée, traversée par des pluies torrentielles et de nombreux cyclones qui naissent et se déplacent à la surface de l’eau. Des îles errent à sa surface, rattachées à aucune terre et soumises aux caprices des conditions météorologiques hasardeuses de la planète. Portées par les cyclones, elles s’élèvent dans l’atmosphère, et jusque dans l’espace, défiant l’imposante gravité de la planète.

Afin de se protéger de ce chaos permanent, les Nomaï, espèce nomade technologiquement avancée, développent des abris anticyclones. Ces structures, leur permettant de créer une gravité artificielle et leur offrant de l’oxygène, deviennent alors des refuges temporaires. Lorsque les cyclones s’abattent sur eux et s’apprêtent à les envoyer dans le vide spatial, les Nomaï se réfugient à l’intérieur, trouvant dans cet espace un instant de stabilité.

Des siècles plus tard, un astronaute de la planète d’Âtrebois nommé Gabbro monte son camp sur l’une des îles instables de Léviathe. Comme nous, il est pris dans une boucle temporelle, condamné à revivre sans cesse la fin de l’univers. Mais là où cette répétition pourrait engendrer de l’angoisse ou du désespoir, Gabbro, lui, incarne une tout autre posture : celle de l’acceptation.

Niché au cœur de son hamac, Gabbro joue paisiblement du hautbois. Autour de lui, les tempêtes font rage, les cyclones grondent, les îles s’élèvent. Pourtant, rien ne semble déranger sa quiétude. Le contraste entre le tumulte à la surface de l’eau et le calme de Gabbro est saisissant.

Dans Outer Wilds, cette scène devient une invitation à la méditation. Le jeu nous apprend à accepter la fin d’un instant, d’un temps, d’un univers. Il ne cherche pas à nous faire triompher du chaos, mais à coexister avec lui. Les fins se succèdent, les étoiles se meurent, et nous aussi. Face à cette inéluctabilité, Gabbro nous propose une autre voie : la voie de l’apaisement. Plutôt que de lutter face à un destin auquel il ne peut se soustraire, il s’abandonne à cette méditation et à la fréquence de son hautbois.

Au milieu des flots déchaînés de Léviathe, l’apaisement de Gabbro ne naît pas du manque de chaos, mais de sa manière de s’abandonner à l’instant présent.

Plus les années passent, plus les simulations de football gagnent en réalisme. Si l’on exclut les titres fantaisistes comme Rematch ou même FIFA Street, les deux licences historiques que sont EAFC et e-Football cherchent chaque saison les marges graphiques qui feront la différence dans le marketing.

À travers les âges, ces marges furent tour à tour la modélisation des stades et des visages, la physique des joueurs et des ballons, les maillots, les supporters…

Mais s’il y a un élément graphique que les jeux de football n’ont jamais réussi à maîtriser, c’est bien la météo. Dans la longue histoire de FIFA ou PES, aucune des éditions n’a réellement bien modélisé les effets météo. Que ce soit la pluie, le vent ou la neige, ces trois situations n’apportent que trop peu ou pas de différence avec un temps dégagé. On ne ressent pas dans ces matches l’effet fuyant et glissant que peut avoir un ballon mouillé, ou alors la sensation collante d’une conduite de balle en pleine neige. Et aucun tir n’est jamais réellement affecté par le vent.

Alors, pourquoi un tel angle mort pour la météo dans les jeux de foot ? Si aucune réponse officielle n’a évidemment jamais été apportée, on peut penser que cela est dû à une physique trop coûteuse à développer pour des résultats trop peu utiles. Qui veut en effet jouer un match sur console en s’ajoutant soi-même une difficulté météo qui viendrait gâcher le plaisir de jeu ?

Au fond, la météo dans les simulations de football, c’est comme dans le vrai sport : quand elle est trop capricieuse, le beautiful game s’enlise et s’embourbe dans ce qui s’apparente plus à une bataille de tranchées qu’à du jeu.

Tout comme le Real Madrid qui ferme systématiquement son toit les soirs de mauvais temps pour jouer dans les meilleures conditions, les jeux de football n’y échappent pas. Rendez-vous à la Coupe du monde !

Merci d’avoir lu la newsletter Mobius par PSI. Partagez-la à vos amis !

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