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Des nouvelles du Père Duchesne · Mar 29, 2026

Quand les frontières servent à la censure

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Père Duchesne · Des nouvelles du Père Duchesne

Nous apprenions hier que le Gouvernement du Canada aurait révoqué le visa de Rima Hassan, qui devait venir à Montréal la semaine prochaine. Connue pour ses prises de positions propalestiniennes, l’eurodéputée venait présenter deux conférences, l’une sur la censure des voix palestinienne et l’autre sur la résistance à la montée de l’extrême droite. Les conférences devront désormais avoir lieu, si la décision n’est pas révoquée, en “distanciel”. Devant un cas aussi flagrant d’atteinte aux libertés civiles, il serait bon de relever les motifs ridicules évoqués par le gouvernement dans sa décision.

Celle que le blogue La Presse qualifie de “pasionaria propalestinienne1” a été prise en grippe, dans les derniers jours, par le Center for Israel and Jewish Advocacy (CIJA), qui a multiplié les démarches pour empêcher la tenue des conférences. Dans une tribune publiée dans le Journal de Montréal, le directeur des communication du CIJA, Julien Corona qualifiait de “honte” la venue d’Hassan à Montréal. “Inviter Rima Hassan au Québec”, écrivait Corina, “c’est donc aussi inviter un écosystème contraire à nos valeurs communes2”.

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le style Rima Hassan, les raisons pour interdire l’entrée sur le territoire à une élue d’un pays allié doivent être sérieuses. Invitée par des groupes militants et appelée à interagir avec des voix politiques locales comme Ruba Ghazal, Nima Mâachouf ou Amir Khadir à l’invitation du NPD et de Québec Solidaire, Rima Hassan venait au Canada pour participer à la discussion et à la réflexion démocratiques. La population du Canada a passé les derniers mois à regarder la démocratie américaine s’effondrer, mais elle n’a peut-être pas pris le temps de constater l’effritement démocratique de son côté de la frontière. Le cas d’Hassan, accusée à tort par les gouvernement canadien d’avoir été condamnée dans une procédure judiciaire et de s’être vu refuser un visa par Israël3, est un exemple flagrant de logique post-factuelle appliquée. La fabrication de preuves pour faire taire une voix dissidente est digne des pires dictatures.

Je l’ai écrit par le passé, mais il était clair que l’appui tacite du gouvernement canadien au génocide du peuple palestinien allait, tôt ou tard, se retourner contre la population de ce pays qui, malgré les beaux discours, se comporte depuis longtemps comme le 51e État. Il fallait être naïf pour ne pas voir que les technologies de surveillance, de falsification, de contrôle et de répression des populations civiles palestiniennes finiraient par déborder de Gaza et de la Cisjordanie. Vous auriez tort de vous croire à l’abri : un État qui falsifie des preuves pour interdire à une élue de venir sur son territoire est capable de tout. Le futur n’est pas si loin où cette logique s’appliquera aux citoyennes et aux citoyens. C’est vers cette dystopie que nous nous dirigeons à grands pas si nous ne réagissons pas à cette décision.

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Vous pouvez toujours essayer d’écrire à vos députés pour les occuper ce dimanche. Ça vaut ce que ça vaut, mais ça défoule.

1

Philippe Teisceira Lessard, “La douane aurait bloqué une pasionaria propalestienne”, La Presse, 28 mars 2026, [lien].

2

Julien Corona, “Antisémitisme et glorification du terrorisme: la visite de Rima Hassan doit être dénoncée”, Journal de Montréal, 26 mars 2026, [lien].

3

Vous pouvez voir sa défense ici.

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Read the original on pereduchesne.substack.com

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