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Partis Pour · Jun 4, 2026

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Partis Pour · Partis Pour

Avancer dans la vie sans savoir la personne que l’on veut être nous fait parfois prendre de mauvais chemins ou faire de grands détours. Parfois, tout au fond de soi, on le sait mais on ne l’écoute pas ou on l’a enseveli sous des tonnes d’attentes. Alors, le formuler, l’écrire, permet de rendre cette personne concrète et d’avoir plus de chances de tendre vers qui nous souhaitons être.

Cet exercice est un peu prétentieux car on a bien souvent une image idéalisée de la personne que nous voudrions être. Elle est au-delà de ce que nous pensons pouvoir être. Pourtant, définir cette image idéalisée peut servir de ligne de conduite pour mener sa vie, choisir et poser des actes.

Je me suis donc prêtée à l’exercice. Sans filtre. Sans questionnements.

Je veux être une personne créative et artiste. Une écrivaine-voyageuse, une aventurière de la vie.

Je veux être une personne reliée à la Terre, à son environnement.

En résistance au monde moderne, à la société qu’il génère et aux politiques actuelles.

En harmonie avec ses valeurs et le Vivant.

Je veux être une personne qui passe, qui observe, qui tisse des liens, qui transmet une certaine manière de voir la vie, apporte un souffle de liberté et de joie.

Une personne apaisée, vraie, profonde.

Vivante, souriante, libre, allégée. Ressentant mon corps, ses joies intenses et ses douleurs. Ressentant l’énergie des lieux et les éléments.

Je veux être une personne naturelle, authentique, sensible, ouverte, délivrée de l’anxiété, de la honte, de la pression.

Qui accepte son corps, qui s’y sente bien et qui accueille sereinement les traces du temps.

Je veux raconter, écrire, voir, vibrer, sentir, ressentir, prendre le temps, être, chanter, rire, danser, jouer de la musique, écouter, respirer.

Voilà la personne que je décide d’être et d’assumer enfin.

Photo prise dans un train vers Turso en Écosse il y a 13 ans.

Cette personne que je veux être, je pense l’avoir toujours su sans m’être autorisée à l’être. Parce que ce n’est pas raisonnable. Parce qu’il faut arrêter de rêver. Parce que ce ne sont pas des métiers. Parce qu’il faut faire ce qu’il y a à faire. Parce que la vie ce n’est pas ce que tu crois. Parce qu’il faut s’adapter. Essayer, même mal, de répondre aux attentes. Et puis, il y a aussi cette timidité. Ce sentiment d’imposture. De ne pas être à la hauteur. De ne pas avoir les capacités, le talent, les épaules, l’audace pour être cette personne que je souhaite être. Pour qui tu te prends ? Tu n’es rien.

Alors, oui, je me suis éteinte. Je me suis sentie vide. Enfermée. Lourde. Laide. Parce que mes traits n’expriment pas l’apaisement ni la joie. Ce sont des traits de fatigue, d’épuisement, de contraintes, de tristesse.

J’ai fait quelques tentatives. J’ai connu quelques moments de joie. Quelques respirations entrecoupées de longues périodes d’apnées. J’ai décidé maintenant que ces respirations deviendraient mon quotidien.

Mes choix actuels, mes démarches, notre projet vont en ce sens. Alors, certes, cela me semble encore prétentieux. Égocentrique même. Pourtant, je sens que ce cheminement est nécessaire. En prenant soin de moi et de ce qui m’anime profondément, en devenant celle que je veux être, je pourrai davantage être, donner et partager.

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Dans les prochains articles, je reviendrai sur l’une des décisions qui a rendu ce départ possible : mettre un terme à mon activité d’éditrice indépendante après huit années d’aventure. Je partagerai mon parcours, mes découvertes, mes joies, mes difficultés, les rencontres et les apprentissages ainsi que mon regard sur le monde du livre et de l’édition.

Read the original on partispour.substack.com

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