Hello 👋
J’écris cette édition avec Clément Parfait, aspirant designer d’intérêt général, futur étudiant à la TU Delft, avec qui nous partageons un engagement militant, une vision un peu révolutionnaire, au moins alternative du monde, notamment du monde du travail.
Avec Clément, nous avons en commun pour cette rentrée que d’être deux designers s’étant confrontés, le temps de quelques semaines, pour l’un au doux monde du supermarché, derrière les caisses, pour l’autre à la chaleur et à la poussière de l’usine. Et l’un des objets du travail qu’on a eu la chance (?) d’utiliser, et pour moi c’était une première depuis que je travaille, c’est le casier. Non, pas le casier judiciaire. Ni celui qui habite les couloirs des lycées américains et de nos imaginaires biberonnés à Disney Channel. Ici on parlera de cette case métallique attribuée au vestiaire exigu d’une entreprise. Oui, pour la première fois, une autre peau m’était imposée, autre que ces vêtements soigneusement choisis, le matin avant d’aller au travail. Ce geste, ce temps aussi, une fois sur site, pour se changer, plier soigneusement sa tenue de ville au profit d’un habit plus ou moins confortable, plus ou moins à sa taille, aux couleurs de l’employeur.
Mais il vient d’où, cet objet trait d’union entre la vie pro et la vie perso ? Depuis quand existe-t-il ? Que dit-il, par ses transformations au fil des décennies, de notre rapport au travail ?
Pour les nouveaux ici, je suis Marion Desclaux, fondatrice du studio Objets du Travail, qui vise à accompagner les entreprises dans l’amélioration des conditions de travail de leurs salariés, en analysant leur histoire, en observant leur présent, et en imaginant leur futur. Ici, c’est un peu mon atelier, mon laboratoire : chaque mois, souvent avec un invité, j’explore l’histoire d’un objet professionnel (dans la section Un peu d’histoire), je questionne son présent, et j’imagine son futur (dans la section Et demain ?). J’y partage également mes lectures du moment, ou liées au sujet (dans la section Pour aller plus loin).
Les actus du moment
🎙️ une conférence avec Flupa, sur les nouveaux récits, et leur effet sur les collectifs, avec Valérie Hameau. Guettez les posts Linkedin de Simon Gomez pour les détails. Ca sera le 6 novembre prochain, à Toulouse.
🎉 un master de recherche en ergonomie validé sur la façon dont les environnements de travail extrêmes peuvent inspirer le futur du travail face au dérèglement climatique. Probablement les prémisses d’un projet de recherche plus approfondi, plus grand, plus chouette encore… Affaire à suivre !
🙋♀️ on accueille Marie, dans nos bureaux en plein cœur de Toulouse (Bureau 33.33). Il reste deux places, ça vous dit de rejoindre ce super bel espace pour bosser ?
C’est donc parti pour l’histoire de cet objet, de sa version privée, faite à la main, à sa version métallique et industrielle.
il y a 2500 ans · le coffre et son trésor sous clé
Avoir un casier requiert d’avoir plusieurs tenues, ou a minima des objets à ranger, à cacher, à protéger, mais aussi de posséder un intérieur. Les premiers casiers du genre peuvent se retrouver dans les coffres, une tradition qui nous vient des pays chauds (Maghreb, Grèce, Andalousie). Ces objets domestiques de petite taille (200x60x120cm), montés sur pied dans leur version kabyle, sont des boîtes munies d’un couvercle, d’un tiroir intérieur, plus rarement de caches et de double-fonds. Les versions égyptiennes recèlent de mécanismes de fermeture absolument majestueux, pour protéger offrandes et objets pour accompagner dans l’au-delà. Si ces boîtes ont été retrouvées dans les tombes, certains coffres sont même réutilisés comme cercueils. Ces objets sont un véritable trait d’union non pas entre le loisir et le travail, mais entre la vie et la mort.
Moyen-Âge, Renaissance · du coffre à l’armoire, ce que nos vêtements disent de nous
Le coffre continue d’être un objet incontournable du Moyen-Âge jusqu’à la fin de la Renaissance. Il est le meuble type, dans lequel on range vêtements, vaisselles, et autres objets du quotidien. On le transporte comme une malle, on s’en sert de table, comme de banc. Ce coffre est petit à petit remplacé par des armoires, placards et étagères, dont la taille et la surface augmenteront au rythme des garde-robes (au point que certain·es, comme Christina Moon, en font leur métier, elle est anthropologue de wardrobe stories). Selon elle, et à l’image de ce que nos ancêtres égyptiens tentaient de faire dans leurs coffres funéraires, la garde-robe est comme un “journal, récit, poème — comme (une) histoire. (... qui) pourrait exprimer tous (nos) sentiments intimes, émotions, humeurs, exposés sous vitrine à la contemplation.”
à la guerre comme à la fête · caserne, casier, uniforme comme objet de position sociale
Alors quand vient l’heure de l’uniforme, ça déplace, ça transforme. Le vêtement n’est plus une étoffe personnelle, n’est plus une affaire privée, mais un objet d’apparat, d’expression d’une appartenance à un groupe. Là, pas tellement question de casier, mais plutôt de vestiaire collectif, de caserne, plus un lieu de sociabilité masculine qu’un lieu de change : l’uniforme est porté avec fierté au combat, comme à la ville.
“Jusqu’à Solferino (24 juin 1859) au moins, il faut se souvenir que l’on va à la bataille comme à une prise d’armes, « sur son trente et un », en grande tenue et plumets au vent : déplacement en colonnes et combat en ligne, presque comme à la parade, telles étaient les conventions, (...) il n’est guère question de se dissimuler ou de s’allonger : on combat bien en évidence, debout ou un genou à terre.
(...)
“Être soldat au combat et le paraître, le cas échéant, en d’autres situations moins périlleuses, avec le supplément de vertu et d’honneur qu’amène le port d’un vêtement original…”
– “En uniforme : être et paraître”, Jean-Michel Mantin, Inflexions, 2009
L’uniforme permet de dépasser la dimension privée, et donc socialement qualifiée, de l’habillement, pour qu’il devienne une responsabilité collective, permettant le déploiement d’une image d’un corps social commune et cohérente. L’impact est immédiatement opérationnel (rendre identifiable les soldats sur le champ de bataille), que social et logistique.
XIXe · un lent développement du vêtement professionnel, code garant d’un rôle social
Hormis certains représentants du droit, du religieux, et du militaire comme nous venons de le voir, les autres métiers, eux, ne bénéficient que de peu d’étoffes spécifiques, si ce n’est la couleur et la forme de leur tablier ou de leur blouse. S’ils permettaient de distinguer certains professionnels, on peut imaginer qu’ils étaient simplement entreposés sur une patère à l’issue de la journée. Plus largement, les tenues domestiques sont celles utilisées au travail, et inversément.
Certains dirigeants commenceront par imposer des formes, des couleurs, des matières à leurs employés, traduite dans un règlement, se transformant petit à petit en dotation vestimentaire, avec la fabrication de vêtements spéciaux, de vêtements de métier. Ils concernent d’ailleurs plutôt les hommes, là où blouses et tabliers de dames seront encore pendant longtemps (aujourd’hui encore ?) polyvalents, encore proches de la sphère domestique, et non spécifiquement conçus pour un métier, ne leur permettant pas d’arborer, socialement, comme les hommes, l’appartenance à une profession et à un savoir-faire particulier.
“S’ils/elles se côtoient dans les commerces, les ateliers, les usines, des villes et des campagnes, ils/elles se distinguent avec des hiérarchies internes fondées sur les couleurs, le nombre de poches, de boutons et sur le type de finition de leurs habits. (...) Avoir l’étoffe du fonctionnaire – civil ou militaire –, de l’employé.e de maison bourgeoise, d’un grand magasin, d’une grande entreprise par exemple est un privilège à une époque où l’usine place les travailleurs et les travailleuses au bas d’une hiérarchie des apparences. (...) La très grande majorité des employées apparaît sous des apparences éclectiques, à l’instar des sans métiers, des travailleurs sans appartenance professionnelle clairement définie, (...) pluri-actifs (...) le corps nié par l’absence d’habit spécifique.”
— (Avoir l’étoffe, Jérémie Brucker, 2015, p.79)
Il faut attendre la fin du XIXe s. pour qu’un véritable marché du vêtement de travail s’ouvre, époque à laquelle les institutions et entreprises, recrutant massivement (rail, énergie, poste) ont commencé à se préoccuper tant de l’image que de la sécurité de leurs salariés, au service d’une identité sociale individuelle, collective et de marque. L’habit devient alors le traducteur de son rôle et de ses moyens au travail “entre ceux qui revêtent une tenue professionnelle spécifique et ceux qui portent une tenue de travail composée avec les moyens du bord”, qui se croisent et se côtoient dans la rue, dans les cafés et commerces locaux. Pour autant, on se change chez soi. Pour préserver l’armoire des salissures du travail, c’est chez soi, mais sur une chaise dédiée, que ce vêtement de travail est disposé, chaque soir, après la longue journée de labeur.
Ce vêtement professionnel, ou cet uniforme, en fonction, permet de voiler un corps, de le soumettre, de le nier, ou au contraire, de le valoriser. En tous cas, il contribue à l’effacement de l’individualité au profit du statut professionnel.
1880-1904 · de l’armoire au vestiaire · les bains douches, la salle des “pendus et l’avènement de l’hygiénisme au travail
L’armoire semble donc être le lieu des vêtements propres. On la retrouve, munie d’un miroir, chez un serrurier-forgeron en 1978, chez un ébéniste ou encore un ouvrier de papèterie en 1895, chez un bouilleur de cru de Cognac en 1908. C’est le début d’une attention à soi transformée, d’un moment d’observation quotidien qui modifie le regard des travailleurs et travailleuses sur eux-mêmes et sur leur tenue.
Cela s’inscrit dans la veine hygiéniste de la fin du 19ème siècle. Les médecins d’alors s’insurgent sur la nécessité de la mise en place de vestiaires, où “l’ouvrier pourrait avoir des vêtements de rechange s’il avait à sa disposition un petit abri, sûr, pour les déposer” pour qu’il “sortît du travail comme il y est entré” en disposant même d’”un lieu qui pût lui servir à se laver rapidement de la tête aux pieds”. On voit là très bien se dessiner, dans ce texte de 1885 par un médecin et inspecteur du travail, Henri Napias, les fonctionnalités du vestiaire tel qu’on le connaît aujourd’hui : un vêtement de rechange, un lieu pour se changer, un casier pour y ranger ses affaires, l’accès à une douche, a minima un lavabo. L’objectif : que la saleté reste sur le lieu de travail, que les matières toxiques soient circonscrites au seul lieu de production. Il faudra un long travail parlementaire avant que cette pratique ne soit instituée, et rendue obligatoire.
Les vestiaires les plus documentés à cette époque sont ceux des mines, nommés “salle des pendus”. En effet, les vêtements de travail y étaient suspendus à un crochet puis hissés en hauteur à l’aide d’un filin d’acier, ce qui donnait à cet endroit un drôle d’effet. Espace chauffé, les vêtements séchaient ainsi jusqu’à la prochaine descente dans les mines. Cet espace disposait également de douches, et chaque crochet disposait d’un porte-savon. Les filatures, milieux humides de travail, mirent elles aussi en place des vestiaires clos et chauffés, ou a minima “le long d’un mur, une armoire en tôle ou en bois doublé de zinc, chauffée par un tuyau de vapeur, ou les vêtements pourront être accrochés” permettant ainsi que l’ouvrière remette des vêtements chauds et relativement secs à sa prise de poste.
Il faudra attendre 20 ans d’observations, de développement de pratiques niches, de questionnement par l’inspection du travail des conditions de l’exercice de ce dernier, pour que cette pratique du vestiaire soit inscrite dans la loi. Le 29 novembre 1904, pour la première fois, les patrons ont l’obligation de mettre à la disposition de leur personnel « les moyens d’assurer la propreté individuelle, vestiaire avec lavabos ». Avec la généralisation du vestiaire, le vêtement de travail “deuxième peau”, qui vient protéger des éléments dangereux du travail (coupe, chaleur, froid, saleté, toxique). Les salariés deviennent alors de véritables égéries de marque, un personnel à part entière d’une entreprise donnée. Le vêtement professionnel ne sort plus de l’entreprise, et il invisibilise ainsi ce qui auparavant était un véritable marqueur social, une trace dans le paysage collectif de son rôle et de son activité. Le casier, rapidement, devient métallique, et se compose de deux parties : une pour le vêtement sale, une autre pour les vêtements propres et effets personnels (“ Ces vestiaires lavabos […] seront pourvus […] d’armoires ou de casiers fermés à clef ou par un cadenas et divisés en deux compartiments, de façon que les vêtements de ville y soient séparés des vêtements de travail.” Décret du 10 juillet 1913). Les campagnes de pub de l’époque insistent sur le caractère compact de ces casiers, notamment pour les professions “moins salissantes”, où seul une rangée de casiers dans le couloir suffit.
La question de la mise à disposition, gratuitement ou non, par l’employeur, du vêtement professionnel, fera l’objet de nombreux débats, et sera plutôt spécifiée en fonction des secteurs d’activité, conduisant à des pratiques variées : de la mise à disposition d’une tenue complète, soit pour protéger (surveste dans la métallurgie par exemple, soit pour représenter (hôtesses d’accueil Air France), au prêt (c’est le cas des robes d’avocat dans les palais de justice), en passant la déduction d’impôts des frais d’achat ou de blanchissage.
1945-2010 · le vestiaire, porte de Narnia, invisibilise le travail
Aujourd’hui, dans la rue, il est rare de croiser une personne en tenue de travail spécifique, si ce n’est l’éboueur, le policier, ou le pompier, ou encore le financier qui peut se distinguer par le port d’un costume, dont l’attaché-case a disparu au profit du smartphone. Je m’étonnais par exemple l’autre jour de voir la pharmacienne en blouse à la boulangerie, alors qu’elle venait, comme tous les autres, s’acheter son sandwich pour la pause déj’. Le vêtement qui faisait de nous un.e travailleur.euse aux yeux de la société est désormais contraint à rester sur le lieu de travail, a minima derrière un comptoir. Dehors, chacun.e affirme sa personnalité par ses vêtements (le vêtement étant devenu bon marché, merci au développement de la fast-fashion) et il semble impossible de deviner à vue d’œil le métier des passant.e.s. Toutefois, la tenue de travail ne disparaît pas pour autant, mais se voit agrémentée d’une nouvelle symbolique. En effet, pour certains métiers, revêtir sa tenue de travail a un pouvoir transformateur. L’infirmier qui endosse sa blouse, l’ouvrier qui revêt son bleu, le vendeur qui met son gilet : une fois enfilé, on porte le rôle de travailleur.euse et on accepte les responsabilités associées. Le rôle du vestiaire est donc lui aussi chamboulé. Le passage au vestiaire est un rituel obligatoire, un seuil entre deux mondes.
« (Le vestiaire est une) zone d’ombre dans la journée de travail de l’infirmière et qui permet d’accéder à la lumière, zone indispensable qui autorise la transformation de la soignante à l’abri des regards indiscrets.»
— Chronique d’un vestiaire hospitalier, par Michèle Olivier-Amouroux, 2004
Point clé de cette métamorphose, il vient réveiller le métier (ici l’infirmière) qui attendait dans le casier. Le casier se propose donc comme un réceptacle d’identité, permettant à chacun.e de troquer son identité personnelle contre son identité professionnelle.
2020s · preuve du travestissement du travailleur d’un monde à l’autre
A l’image de Mark Scout dans la série Severance, employé à qui l’on ôte tout souvenir de sa vie personnelle lorsqu’il est au travail, la forte séparation vie pro/vie perso qui s’y opère tire le trait : notre rôle professionnel a tendance à nous travestir. Tandis que Mark Scout remplace sa montre de parachutiste soviétique bourrée de souvenirs et d’informations par une montre minimaliste, dénuée de vie et de chiffres, nous laissons notre identité en salle d’attente et à l’abri des regards, enfermée dans un casier au profit de tenue uniformisée. Or, le casier ou plus largement le vestiaire demeure un espace où ces identités coexistent, un espace où l’on est plus ou moins soi-même, un espace trait d’union, où souvent les langues se délient, hors de tout regard hiérarchique, et où une part d’intimité est dévoilée — un espace “appropriable”, comme l’est la salle de pause, où les règles sont celles du collectifs et non plus tout à fait celles de l’entreprise. La question d’appropriation de l’espace se doit alors d’être abordée. Mais à qui cet espace appartient-il réellement ? Leur placement, leur occupation et leur architecture en font des endroits reflétant des rapports de pouvoir :
« À Valévol [complexe hospitalier], l’usage qui est fait des vestiaires est caractérisé par une réappropriation des lieux par les nettoyeurs. Dans le cas d’un des vestiaires, regroupant presque exclusivement des hommes syndiqués, l’occupation de l’espace est même suffisamment forte pour que ce dernier devienne de fait interdit d’accès à la hiérarchie » Quand espace et objet de travail se confondent - Le cas du nettoyage, par François Reyssat · 2016
La hiérarchie n’est pas la seule forme d’exclusion : les normes sociales implicites qui régissent les interactions dans les vestiaires peuvent marginaliser certains et certaines (personnes non genrées, LGBTQIA+, personnes souffrant d’une pathologie mentale ou physique), à l’instar de ce que l’on peut vivre dans les vestiaires au collège. Pour dépasser l’aspect hygiéniste, hérité de la fin du 19è s., et l’effet “construction de la masculinité” hérité du monde militaire et sportif, comment cet espace entre l’intime et la vie publique, peut-il être pensé dans une perspective réellement inclusive ?
Voici venu le temps de la projection, de la fiction, de l’histoire d’un futur imaginé pour cet objet.
Trouvaille de rue
— Tu trouves ?
— …
— Dépêche-toi, ça arrive !
Mon pote fouille depuis une quinzaine de minutes, le corps plongé dans la série de casiers disposés sur le bord de la route, entre le feu rouge et la benne à ordures. Il est loin le temps de la fête des petits pois de la ville…
Il faut faire vite, le feu arrive.
Depuis la mise en place de ces casiers, J. et L. ont découvert et testé plein de métiers, certains qu’ils ont pris en urgence, pour aider la population, d’autres qu’ils ont adoptés pour plusieurs années, ayant aléatoirement eu la possibilité de choisir, ou de prendre ce qu’il restait — dépendamment de leur rang sur la liste. Les mois passés, L. a été maraîchère, J. guide mais aussi chauffeuse de pédibus.
Pas de formation initiale certes, mais à chaque fois une fougue et une rage d’apprendre. Une fois l’habit, l’uniforme, la combinaison, les outils revêtus, on se transforme assurément, et les personnes assermentées de longue date sont là pour faire des duos experts-novices, reconnus comme hyper efficaces, notamment en situation de crise…
Aujourd’hui, c’est l’urgence qui drive. Le feu s’est invité à la fête. Il n’a pas plu depuis des mois. Les cours d’eau sont à sec. L. et J., faute de trouver des uniformes de pompier alors pris d’assaut, sont à la recherche de tenues aluminisées ou de vêtements ignifuges. La proximité avec l’usine de métallurgie locale leur confère bientôt raison. Il y a toujours besoin d’un coéquipier en plus à l’usine, surtout en période caniculaire. Cette fois-ci, les combinaisons protègeront du grand drame.
Une sélection des belles trouvailles glanées au fil des recherches et de nos lectures de ces dernières semaines.
Une lecture qui fait réfléchir, Les nouveaux serfs de l’économie, (Yanis Varoufakis, 2024)) où le capitalisme est mort, supplanté par le technoféodalisme, qui nous invite à une revisite des liens de subordination façon Moyen-Âge.
Si vous ne l’avez pas vue, la série Severance, nous a fait bien fait flipper (Clément l’a vu en entier, moi au bout de deux épisodes j’ai cédé) sur la vision du travail qu’elle perpétue, où la distinction vie pro / vie perso est poussée à son paroxysme.
Ma lecture du moment, une très belle découverte, ultra bien documentée comme tous ces chercheurs qui écrivent de la fiction pour changer les imaginaires : Le parlement de l’eau, de Wendy Delorme, où l’on se laisse porter par les voies et les récits des entités aqueuses du bassin lyonnais. Et étonnamment, ça transforme profondément… J’avais déjà été transportée par son précédent Viendra le temps du feu, mais là c’est encore mieux.
Mon ami William expose du 21 au 26 octobre prochains, à Paris. Pour une immersion, ou découverte de l’incroyable travail d’art génératif qu’il mène, ça vaut vraiment le détour.
👋 Allez, à bientôt !

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