RSS Amplifier

MoneyRadar · Aug 25, 2026

💀 40 000 milliards de dette, ça use, ça use

0
Sign in to vote or save

MoneyRadar · MoneyRadar

Au programme cette semaine :

  • 📚 Le récap des marchés financiers et crypto

  • 📊 Analyse de Firefly Aerospace (FLY)

  • 🎁 40 000 milliards de dette, ça use, ça use

  • 📺 La vidéo de la semaine

Vous payez probablement votre assurance emprunteur trop cher auprès de votre banque. Grâce à la Loi Lemoine, découvrez Kelassu, le courtier 100% gratuit qui renégocie votre assurance prêt et réduit immédiatement vos mensualités.

  • 💰 Jusqu’à 15 000 € d’économies en quelques clics : Divisez par deux le coût total de votre assurance de prêt à garanties équivalentes.

  • Changement en 2 minutes : Profitez d’une démarche ultra-rapide et entièrement automatisée pour changer d’assurance sans effort.

  • 📜 Zéro paperasse : Kelassu gère l’intégralité des résiliations et démarches administratives directement avec votre banque.

  • 🎁 Service 100% gratuit : Obtenez un accompagnement sur-mesure et un comparatif personnalisé sans débourser un seul centime. 0 paiements, 0 abonnements, Kelassu est rémunéré directement par le nouvel assureur.

J'économise 15 000€

Ceci est une collaboration commerciale. La souscription d’une assurance emprunteur est soumise aux conditions d’éligibilité des organismes partenaires.

Semaine rouge sur les indices américains. Le S&P 500 termine à 7 652 points (-0,28% vendredi), le Nasdaq recule à 25 980 points (-0,76%, plombé par un dégagement sur les valeurs de semi-conducteurs et la remontée des taux), pendant que le Dow Jones limite la casse à 53 417 points (+0,26%). Sinistre anniversaire, la dette fédérale américaine a franchi cette semaine la barre historique des 40 000 milliards de dollars, plus tôt que prévu par les analystes (on vous en dit plus dans l’analyse de la semaine).

Le CAC 40 clôture à 8 453 points, plombé par huit séances de baisse consécutives avant un léger rebond vendredi (+0,37%) au final, -1,76% sur la semaine. La remontée des taux américains, mais aussi les tensions au Moyen-Orient après l'effondrement d'un cessez-le-feu temporaire, ravivent les craintes sur les prix du pétrole. Le rendement des OAT françaises à 10 ans grimpe à un plus haut pluriannuel, et le PMI composite flash retombe à 48,8 en août (contre 49,4 en juillet), synonyme de contraction de l'activité.

Le Nikkei recule à 65 678 points (-0,5%), le Kospi coréen décroche de 3,5% à 6 664 points, et le Hang Seng de Hong Kong perd 2,1%. Seule l'Australie tire son épingle du jeu (+0,5%), pendant que la Bourse de Shanghai cède 0,7% à 3 877 points, toujours sous la pression des sorties de capitaux liées aux taux américains.

L'or évolue au-dessus de 4 600 dollars l'once, un plus haut depuis trois mois, porté par les craintes sur la dette américaine et les anticipations de baisse des taux. Le pétrole reste tendu. Le Brent touche 95,40 dollars et le WTI 87 dollars, sur fond de tensions au Moyen-Orient.

Fin du bear market ? Le Bitcoin est monté à 80 000 dollars, en hausse de 23,7% sur sept jours, porté par les espoirs de baisse de taux et l'annonce des rachats de Treasuries. L'Ethereum dépasse 2 500 dollars (+31,4% sur la semaine), son meilleur niveau depuis janvier. Les deux actifs et les cryptos en général profitent du narratif de "dévaluation" du dollar, et bénéficient de la plus grande hausse hebdomadaire depuis 2024. Solana a également passé la barre des 100$.

  • Mercredi 26 : inflation PCE américaine

  • Jeudi 27 : discours de Kevin Warsh à Jackson Hole

Si vous avez apprécié la newsletter de cette semaine, faites-le savoir en ❤️ likant directement sur notre profil Substack et en partageant la newsletter à vos amis 👇

Partager

📝 Firefly affiche un carnet de commandes de 1,5 milliard de dollars, avec déjà 95% de son chiffre d’affaires 2026 (au point médian des objectifs) sécurisé par contrat.

📈 Le chiffre d’affaires trimestriel atteint 117,7 millions de dollars, en forte croissance, mais l’entreprise reste largement déficitaire au niveau opérationnel.

⚠️ La valorisation est élevée (8,9 fois le chiffre d’affaires prévisionnel), pariant sur une exécution sans accroc dans les années à venir.

Firefly Aerospace est une entreprise américaine du secteur spatial, basée à Cedar Park, au Texas. Fondée en 2014 puis réorganisée en 2017, elle conçoit et fabrique des lanceurs spatiaux ainsi que des atterrisseurs lunaires. Son produit phare, la fusée Alpha, est un lanceur de petite capacité conçu pour placer environ 1 000 kg en orbite basse, commercialisé autour de 15 millions de dollars le lancement. L’entreprise développe aussi Eclipse, un lanceur de capacité moyenne pouvant emporter plus de 16 000 kg, en partenariat avec Northrop Grumman, ainsi que des véhicules de transfert orbital baptisés Elytra.

Firefly s’est fait connaître du grand public en mars 2025 en réalisant, avec son atterrisseur lunaire Blue Ghost, le premier alunissage commercial totalement réussi de l’histoire, dans le cadre du programme CLPS de la NASA. L’entreprise travaille également avec le département de la Défense américain sur des capacités de lancement rapide, et a signé un accord avec Lockheed Martin portant sur jusqu’à 25 lancements futurs. Ce parcours n’a pourtant rien eu de linéaire. Après des débuts difficiles et une réorganisation financière en 2017, l’entreprise a changé plusieurs fois de mains avant de se stabiliser sous sa direction actuelle. Firefly est entrée en Bourse au Nasdaq en août 2025, levant 868 millions de dollars pour une valorisation avoisinant les 10 milliards de dollars.

Sur son dernier trimestre, Firefly a généré 117,7 millions de dollars de chiffre d’affaires, une progression qui illustre la bascule de l’entreprise : elle ne se contente plus de développer des technologies, elle facture désormais des clients à grande échelle sur plusieurs lignes de produits (lancement, atterrisseurs lunaires, défense). Signe de cette visibilité inhabituelle pour une jeune entreprise spatiale : 95% du chiffre d’affaires attendu pour 2026 est déjà couvert par des contrats signés, et le carnet de commandes total atteint 1,5 milliard de dollars.

Le revers de la médaille, c’est que cette croissance coûte cher. L’EBITDA (l’indicateur qui mesure si une entreprise gagne de l’argent sur son activité de base, avant charges financières et comptables) reste négatif, ce qui veut dire que Firefly brûle encore beaucoup de cash pour financer ses usines, ses futurs lanceurs et sa montée en cadence. Le bilan reste toutefois solide, avec suffisamment de liquidités pour financer les plans de développement actuels sans lever de capitaux dans l’urgence.

Le marché valorise Firefly à 8,9 fois son chiffre d’affaires prévisionnel. C’est un multiple élevé, qui traduit une conviction forte des investisseurs sur la trajectoire de croissance future de l’entreprise, mais qui laisse peu de place à l’erreur en cas de retard ou de raté opérationnel.

Le son de cloche général reste positif : Firefly est vue comme une entreprise en pleine transition, passant du statut de start-up spatiale en développement à celui de plateforme multi-produits établie dans le spatial et la défense, avec une visibilité sur les revenus qui rassure. La recommandation d’achat est maintenue sur cette base.

Mais deux réserves de taille accompagnent cette conviction. D’abord, la valorisation déjà riche du titre intègre plusieurs années de croissance réussie : le moindre accroc dans l’exécution (retard de lancement, dépassement de coûts, contrat perdu) peut peser lourd sur le cours. Ensuite, la rentabilité n’est pas encore au rendez-vous. L’EBITDA négatif et le cash-burn élevé rappellent que Firefly reste, à ce stade, un pari sur l’avenir plus qu’une entreprise mature. Le scénario haussier repose largement sur l’amélioration des marges et le respect des jalons opérationnels à venir

Notre outil d'analyse

Pour vous remercier de votre confiance et de votre fidélité chaque semaine, nous avons décidé d’organiser avec notre partenaire Gold Avenue un jeu concours tous les mois avec 1 lingotin d’or pur à gagner ! Les règles du jeu sont simples :

  1. Créez un compte Goldavenue (ou si vous en avez déjà un, munissez vous de votre email associé au compte)

  2. Faites vos prédictions via le formulaire ci-dessous sur le prix de l’or à la fin du mois (pour 1 once en euros à deux décimales près soit le format suivant : xxxx,xx)

  3. Le 31 août à midi heure française, le gagnant sera contacté directement par email et le lingotin sera crédité directement sur son compte GoldAvenue, prêt à être livré à domicile, ou à rester bien au chaud dans un coffre-fort helvétique

Je tente ma chance !

Découvrir Gold Avenue

Ceci est une collaboration commerciale. L’investissement dans les métaux précieux comporte des risques de fluctuation des cours et de perte en capital.

Un chiffre a suffi cette semaine à faire trembler Wall Street.

5,25%.

C’est le niveau atteint par le rendement de l’obligation américaine à 30 ans, du jamais-vu depuis 2007. Pendant ce temps, la dette fédérale américaine a discrètement franchi le seuil symbolique de 40 000 milliards de dollars.

Deux chiffres, une même question. Le marché obligataire est-il en train de reprendre la main sur la politique économique américaine, malgré les tentatives du Trésor américain de calmer le jeu ?

Pour comprendre pourquoi les taux longs grimpent autant, il faut regarder le marché obligataire comme un thermomètre plutôt que comme un simple robinet financier. Quand les investisseurs prêtent de l’argent au gouvernement américain sur 30 ans, ils veulent être rémunérés pour deux risques, l’inflation future, et la capacité de l’emprunteur à rembourser. Or, avec un déficit fédéral qui tourne autour de 6% du PIB et une dette qui vient de dépasser les 40 000 milliards, ce thermomètre indique une fièvre grandissante. Ce n’est pas un accident de marché, c’est un ajustement de prix face à une réalité budgétaire qui se dégrade.

Ce mouvement est amplifié par un phénomène moins visible mais tout aussi important le retrait progressif des grands acheteurs étrangers de dette américaine.

On vous en parlait il y a deux semaines : le Japon a réduit ses avoirs en bons du Trésor de 123 milliards de dollars depuis février, en grande partie pour financer ses interventions destinées à soutenir le yen, historiquement faible. La Chine et Hong Kong, de leur côté, ont cédé environ 84 milliards de dollars de Treasuries sur douze mois. On voit donc que les acheteurs traditionnels achètent moins, ce qui pousse l’État américain à offrir des rendements plus attractifs pour continuer à se financer.

Foreign holders of US debt : r/Infographics
On peut voir sur ce graphique le poids colossal du Japon et de la Chine en tant que détenteurs de dette américaine.

C’est ce même contexte qui alimente les craintes autour du fameux “carry trade” du yen (cette stratégie consistant à emprunter à taux quasi nul au Japon pour investir ailleurs dans le monde), dont un dénouement brutal pourrait assécher la liquidité mondiale d’un coup. L’or, qui évolue près de ses plus hauts niveaux depuis plusieurs mois, et le Bitcoin, en hausse de plus de 20% sur la semaine, profitent directement de ce climat. Les deux actifs sont traditionnellement utilisés comme des parades contre un dollar et une dette jugés fragiles.

Face à cette pression, le secrétaire au Trésor américian Scott Bessent a dégainé une arme inhabituelle pour une administration américaine : le rachat massif de dette longue. Après avoir doublé le montant de ses opérations de rachat à plus de 4 milliards de dollars par opération, il a laissé entendre qu’il pourrait aller encore plus loin, y compris en puisant dans l’énorme réserve de trésorerie du Trésor, le fameux “TGA”. L’objectif est simple sur le papier : racheter de la dette longue pour en réduire l’offre disponible sur le marché, et donc faire baisser mécaniquement les taux.

Le problème, c’est que l’effet a été de courte durée. Les taux sont repartis à la hausse presque aussitôt, comme si le marché testait la détermination du Trésor plutôt que de se laisser convaincre.

Is Scott Bessent the Fed chair Donald Trump always wanted?
Une journée de répit, c’est pas si mal non?

La manœuvre n’est pas sans rappeler l’opération “Twist” menée par la Fed au début des années 2010, qui consistait déjà à acheter de la dette longue pour aplatir la courbe des taux, sauf qu’ici, c’est le Trésor lui-même, et non la banque centrale, qui tient le manche. C’est précisément le mécanisme le plus critiqué. En achetant de la dette longue tout en se finançant à court terme, le Trésor emprunte les habits d’une banque centrale qui ferait du “quantitative easing” déguisé, sans en avoir le mandat. Une fois que le marché comprend qu’un niveau de taux est “défendu” par les autorités, il a toutes les raisons de le tester encore et encore, obligeant à des interventions toujours plus massives pour un effet toujours plus limité. Un peu comme une digue que l’on rehausse sans cesse pendant que le niveau de l’eau continue, lui, de monter.

En suspendant artificiellement ce signal de marché, le Trésor offre en réalité un moment de répit au gouvernement américain, en retardant le jour où Washington devra sérieusement s’attaquer au déficit primaire et aux dépenses à tout va de l’administration Trump (Guerre en Iran, réductions d’impôts, et autres dépenses frivoles).

Le débat dépasse largement la sphère financière. D’un côté, les partisans de l’intervention estiment qu’un marché obligataire en plein accès de fièvre peut lui-même devenir une source d’instabilité, justifiant une action rapide pour éviter la panique. De l’autre, les défenseurs du laisser-faire, considèrent que la douleur des taux élevés est précisément ce qui pousse les responsables politiques à agir sur le fond, et que la supprimer artificiellement revient à traiter le symptôme en aggravant la maladie.

L’impact est pourtant bien réel partout dans le monde, les taux américains agissant comme un signal pour les autres banques centrales. Des taux longs élevés et durables se traduisent par des taux de crédit immobilier plus chers, des valorisations boursières sous pression (particulièrement pour les valeurs technologiques les plus dépendantes de la croissance future, coucou la bulle IA), et un coût de la dette publique qui grignote chaque année un peu plus le budget fédéral au détriment d’autres dépenses. C’est aussi ce climat qui explique l’appétit renouvelé pour l’or et le Bitcoin.

Trois scénarios se dessinent pour la suite.

Si l’inflation PCE de mercredi surprend à la baisse, la Fed pourrait ouvrir la porte à des baisses de taux plus rapides, ce qui soulagerait mécaniquement les taux longs sans que le Trésor n’ait à intervenir davantage.

À l’inverse, une inflation qui resterait collante forcerait Bessent à choisir entre intensifier ses rachats (au risque d’attiser les critiques sur une dérive façon banque centrale de l’ombre), ou laisser les taux poursuivre leur ascension, avec le risque d’un accident de marché si un acheteur important venait à se retirer brutalement.

Enfin, un compromis budgétaire crédible à Washington sur la trajectoire du déficit resterait, sur le papier, la seule option capable de calmer durablement le marché obligataire sans artifice technique.

Si le bras de fer entre le Trésor et le marché continue, il y a fort à parier que la volatilité observée ces dernières semaines reste la norme plutôt que l’exception d’ici la fin de l’année.

Le dilemne est pourtant bien là.

Faut-il voir dans la remontée des taux un problème à éteindre au plus vite, ou un signal d’alarme salutaire qu’il vaudrait mieux écouter que faire taire ?

Si vous avez apprécié la newsletter de cette semaine, faites-le savoir en ❤️ likant directement sur notre profil Substack et en partageant la newsletter à vos amis 👇

Share

Read the original on moneyradar.substack.com

Comments

Nothing yet. Say the first thing.

    Sign in to join the conversation.