Je suis en Chine pour visiter des usines cette semaine. Puisque je suis arrivé une journée à l’avance, j’ai eu l’occasion de me promener un peu dans Shanghai. Tout le long, j’ai été frappé par la ressemblance entre une promenade dans la métropole chinoise et… le salon techno CES.
Retour sur une balade de 30 000 pas (tiens, un autre parallèle avec le CES!) qui démontre notamment comment certaines tendances du salon de l’électronique de Las Vegas commencent à se concrétiser, et qui démontre surtout que je pense trop au travail dans mes temps libres.
À Shanghai, comme au CES, les gadgets les plus cools ne sont pas toujours vendus au Canada
Je me suis senti comme dans un salon technologique au magasin principal de Huawei à Shanghai, un espace haut de gamme, sur trois étages, mettant en vedette tous les (nombreux) produits de l’entreprise. Certains vieux réflexes sont même ressortis, et j’ai filmé des appareils comme si j’étais au CES ou au MWC.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas été impressionné par un nouveau téléphone, mais le Huawei Pura X Max m’a vraiment laissé une bonne impression. C’est un téléphone pliable à mi-chemin entre les gammes Samsung Galaxy Z Flip et Galaxy Z Fold. Une fois refermé, il est un peu plus large et plus mince que le premier, et une fois ouvert, il est un peu moins haut que le second.
Pour ceux qui n’ont pas la ref, comme dirait un ado, disons que la position pliée du Pura X Max est assez grande pour être utilisée sans que ce soit désagréable, et la position dépliée, de la taille d’une feuille A4, est d’une taille plus intéressante qu’un téléphone pour bien des usages, notamment la lecture et le contenu vidéo. En bref, on a les avantages des plus gros téléphones pliables, sans leurs inconvénients. J’ai adoré ce format.
Il faudrait l’essayer pour le confirmer, mais à première vue, c’est le premier téléphone pliable que j’utiliserais dans ma vie de tous les jours.
Huawei ne lancera pas le Pura X Max au Canada, mais je suis convaincu qu’un autre fabricant reprendra le format plus tôt que tard (certaines rumeurs voulaient d’ailleurs que le premier téléphone pliable d’Apple adopte ce format).
À Shanghai, comme au CES, l’industrie techno fusionne avec l’industrie automobile
Imaginez des voitures dans un Apple Store : c’est exactement ce que vous pouvez voir dans certaines boutiques d’électronique en Chine. Une partie du premier étage de la principale boutique de Huawei est d’ailleurs occupée par les autos codéveloppées par l’entreprise. C’est aussi la même chose dans les boutiques Dreame. Et sur la route, vous pouvez voir des marques comme Xiaomi, surtout connu comme un fabricant de téléphones intelligents.
Ce mélange des genres est non sans rappeler le CES, où l’industrie automobile occupe désormais une grande place dans le salon (quoique cette tendance a ralenti depuis quelques années).
À Shanghai, comme au CES, il y a des robots partout
Une entreprise au CES organisait cette année des combats de robots humanoïdes. Une entreprise propose la même chose, mais dans un ring près d’une grande artère piétonne de la ville (ne vous en faites pas, aucun robot ne m’a attaqué, contrairement à cet enfant). Les robots y jouent aussi au ping-pong (comme au CES, encore une fois).
J’ai aussi vu plusieurs robots laver les rues et les trottoirs, et j’en ai vu un autre apporter le déjeuner à une chambre. Pour les curieux, le robot est relié sans fil à l’ascenseur, ce qui lui permet de choisir son étage et de savoir quand sortir, et il téléphone à la chambre une fois arrivé devant celle-ci.
À Shanghai, comme au CES, on trouve de l’IA dans des endroits inattendus
J’aurais aimé titrer cette section « on trouve de l’IA partout! », mais ça aurait été exagéré. N’empêche, j’ai été surpris de constater que la ville a mis à jour ses cabines téléphoniques pour qu’elles intègrent un grand écran avec une IA permettant par exemple de trouver des lieux à proximité, d’appeler les services publics, de commander un taxi (à la cabine directement) et plus.
L’expérience n’est pas exceptionnelle (le système est lent), et je n’ai vu aucune cabine être utilisée. Je ne dis pas que c’est une bonne idée, mais dans une optique d’inclusivité, et pour les touristes qui n’ont pas installé les applications chinoises sur leur téléphone, c’est quand même assez réussi.
À Shanghai, comme au CES, les marques montantes sont les mêmes
Il y a une transition au CES depuis deux ans, alors que de plus en plus de marques établies quittent le salon, comme Sony et Samsung (qui loue désormais des salles dans des hôtels), et que des marques chinoises occupent au contraire de plus en plus de place au centre de conférences.
Il fallait s’en douter, mais ces mêmes marques montantes au CES, surtout Dreame, étaient particulièrement visibles à Shanghai.
À Shanghai, comme au CES, l’Internet n’est pas très bon
Shanghai a beaucoup évolué depuis mon dernier passage il y a une dizaine d’années. La ville est par exemple beaucoup plus propre qu’avant, probablement en partie grâce à la circulation automobile relativement faible pour une métropole de cette taille et à la proportion faramineuse de véhicules électriques.
Malheureusement, ce n’est pas tout ce qui s’est amélioré. Le Grand pare-feu de Chine, qui vous empêche de consulter des sites comme Google et qui bloque toute information qui vont à l’encontre des intérêts du Parti communiste chinois, est aussi beaucoup plus efficace qu’avant.
Les VPN – qui permettent de contourner le pare-feu – sont notamment plus difficiles à utiliser que lors de ma visite précédente il y a une dizaine d’années. Même ceux qui sont dotés de fonctionnalités pour se « cacher » du pare-feu sont souvent inaccessibles (ce qui vous force alors – quel sacrilège! - à utiliser Apple Maps pour planifier vos déplacements). D’après ce que j’ai pu constater, certains VPN fonctionnent une journée, d’autres non, et les rôles sont inversés après quelques jours ou quelques semaines.
Heureusement, pour les touristes, ce n’est pas un très gros problème, puisque les cartes eSIM ne sont pas soumises au pare-feu. Vous n’avez donc qu’à en prendre une permettant de partager vos données avec votre ordinateur, et le tour est joué (elles sont d’ailleurs abordables : la mienne m’a coûté un peu moins de 15$ canadiens pour 20 Go). Mais pour les locaux, ça doit être un casse-tête perpétuel pour le contourner.
Bracelets Whoop et Fitbit Air, anneaux Oura et Luna : les appareils connectés sans écran ont de plus en plus la cote chez ceux qui surveillent leur forme à la loupe.
Ce qu’il faut retenir de ce texte : ces appareils offrent une meilleure autonomie et ils sont moins intrusifs que les montres intelligentes, tout en offrant presque toutes les mêmes fonctionnalités. Attention toutefois, plusieurs sont accompagnés de forfaits dispendieux.
Détail que je ne partage pas dans l’article : l’IA de Google Health, le logiciel du Fitbit Air, a certaines tendances qu’on retrouve dans les autres robots conversationnels, notamment terminer chacune de ses interactions par une question. Au début, je trouvais ça agaçant, mais dans certains cas, ça permet de mieux noter ce qu’on fait.
Alors que l’intelligence artificielle (IA) prend de plus en plus de place dans les navigateurs web et les moteurs de recherche, l’entreprise DuckDuckGo, connue pour ses produits conçus pour respecter la vie privée, gagne de nouveaux utilisateurs, qui en ont assez de se faire imposer l’IA à toutes les sauces.
Ce qu’il faut retenir de ce texte : DuckDuckGo est dans une situation délicate, puisque l’entreprise offre un moteur de recherche sans IA, mais elle a aussi lancé plusieurs solutions d’IA au cours des derniers mois.
Détail que je ne partage pas dans l’article : après la rédaction de ce texte, mais avant sa publication, le confrère Jeff Yates a publié sur Bluesky une capture d’écran montrant que la première photo affichée en cherchant Pierre Poilievre sur Google était une image générée à l’IA. DuckDuckGo présentait pour sa part une vraie photo.
À cause de l’arrivée de l’IA générative dans les moteurs de recherche, des fonctions de recherche dans les robots conversationnels et des agents d’IA qui peuvent effectuer des tâches automatiquement, les sites web doivent évoluer. À moyen terme, l’IA pourrait modifier en profondeur les usages et la façon de structurer un site. À plus court terme, il est possible de concilier ces deux réalités.
Ce qu’il faut retenir de ce texte : pour l’instant, les bonnes pratiques pour les robots sont pas mal les mêmes bonnes pratiques que pour les humains.
Détail que je ne partage pas dans l’article : il y a différentes façons de qualifier l’optimisation d’un site pour la recherche à l’IA générative. L’année dernière, l’appellation GEO (Generative Engine Optimization), en référence au SEO (Search Engine Optimization) semblait avoir la cote, mais de plus en plus de spécialistes parlent désormais plus simplement d’AI SEO. Pour d’autres, le GEO est une sous-section du AI SEO. Mais bon, au final, on s’en fout un petit peu.
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