Bonjour
Aujourd’hui, je voudrais te présenter une nouvelle notion découverte avec le livre La contagion émotionnelle (un de mes livres préférés sur l’intelligence émotionnelle) de Christophe Haag.
J’ai beaucoup appris à travers cet ouvrage donc je veux te partager les nouvelles connaissances que j’en ai tiré et une expérience que j’ai vécu.
Aujourd’hui, pas de randonnée en forêt. Installons-nous plutôt sous le porche du chalet. La lumière y est bien douce aujourd’hui donc pour nous accompagner, j’ai choisi cette musique du jeu Tunic (que je n’ai jamais réussi à terminer et je ne compte plus le nombre de fois où je suis morte…). Quand je l’écoute, je me sens transportée.
Allez, prends une tasse, je te raconte.
Tu as dû observer un phénomène naturel lors de conversations tendues : les émotions des un·e·s contaminent les autres. La contagion émotionnelle est d’ailleurs plus ou moins intense et Christophe Haag mentionne ceci :
“ Divers cas de figure augmentent la contagion émotionnelle. On est ainsi plus facilement contaminé·e par l’émotion de l’autre :
quand on est proche de la personne ;
quand l’émotion de l’autre est forte ;
quand on a vécu quelque chose de similaire ou qu’on aurait pu être à sa place ;
quand l’événement concerne non seulement l’interlocuteur mais aussi le groupe auquel on appartient ;
quand l’événement qui a déclenché l’émotion chez l’autre touche à une de vos valeurs fondamentales.”
Lorsque tu écoutes activement et que tu prêtes attention aux mots et aux émotions transmises, cela créé une connexion, une humanité partagée. Tu te mets en empathie avec l’autre.
Si comme moi tu fais partie des HPS (Haut Potentiels Sensibles) qui sont perpétuellement contaminés par les émotions d’autrui, alors tu connais déjà ce phénomène. L’Univers et/ou la génétique t’a fait·e naturellement hyper-empathique et connecté·e à ce qui t’entoure.
Le risque ?
Dans ton quotidien et lorsqu’il y a un imprévu impliquant une autre personne, le risque est d’entrer en sympathie et de vivre dans ton corps une émotion qui n’est pas la tienne.
Il est donc crucial de faire la part des choses entre tes propres émotions et celle des autres, même si ces dernières sont devenues les tiennes dans un second temps.
Donc, pour savoir si tu es en empathie ou bien en sympathie, tu peux te poser cette question : À qui appartient cette émotion ?
Dans l’intimité du cabinet de shiatsu
Parfois, pendant une séance, il arrive que mes client·e·s lâchent une larme ou bien carrément, pleurent.
C’est normal, et c’est accueilli avec douceur.
Cela a été le cas pour Marie-Eve, 79 ans, venue pour des troubles du sommeil (insomnie et réveils nocturnes) et un gros mal-être.
“ J’ai dû affronter deux décès l’un après l’autre, voyez-vous. Mon mari pendant la Covid-19 d’abord, puis mon fils d’un cancer et dont je n’arrive pas à faire le deuil. Je me sens tellement vide. Donc je me demande à quoi bon continuer, mais j’ai quand même envie d’aller mieux. “
C’est à ce moment-là que la posture de shiatsuki est difficile à maintenir.
Quand je perçois la tristesse et la colère dans la voix qui se casse, dans les yeux embués. Quand mon propre corps réagit et se met en sympathie.
J’ai à la fois envie de lui serrer la main et de lui transmettre un peu de chaleur.
Et à la fois, je sais que je dois rester lucide pour ne pas me laisser submerger par la contagion émotionnelle. Sans cela, le shiatsu que je lui donne ne serait pas juste.
Me décontaminer me permet donc de sortir de l’émotion forte et d’être présente et en pleine conscience pour elle.Pour se décontaminer, il est souvent plus utile de parler de l’émotion que de l’éviter (cf. l’édition n°6). Car, la contagion émotionnelle ne nécessite pas que nous la comprenions, ce n’est pas intellectuel. Elle nécessite uniquement que nous soyons sensoriellement au contact de l’émotion de l’autre, que nous voyons son expression faciale, que nous entendions le son de sa voix ou que nous sentions sa tension. → Il suffit donc de voir, entendre et sentir l’autre pour être contaminé·e.
Pour diminuer la contagion émotionnelle d’un·e proche, Christophe Haag mentionne qu’il faut que sa tension à lui/elle diminue.
Il y a différentes manière de prendre du recul et de se décontaminer :
Écoute sans préparer ta réponse. Ressens simplement ce que dit l’autre. (Et entre en écoute empathique, mais ce sujet sera pour une autre édition.)
Aide l’autre à réguler ses émotions : Souvent le simple fait de de l’écouter avec attention, empathie et bienveillance suffit. Si l’émotion ne diminue pas, tu peux alors l’aider plus activement à réguler son émotion en l’aidant à trouver une solution, en l’amenant à voir la situation sous un angle nouveau, ou en l’aidant physiquement à se détendre (sport, bain chaud, massage, câlin, selon ton degré de proximité avec lui/elle).
Refuse de porter l’émotion de l’autre à sa place : “ Certaines personnes ont l’art de vous communiquer leurs problèmes pour que vous les portiez/solutionniez vous-même. Il s’opère alors un déplacement de la souffrance : ils vont mieux, mais vous allez moins bien. ” Rappelles-toi donc que tu peux être empathique avec la détresse, la colère ou le stress de l’autre, mais refuser de porter ses bagages à sa place.
Diminue l’intensité de l’émotion contaminée en faisant la part des choses entre l’émotion de l’autre et la tienne pour te recentrer sur toi, prendre du temps pour toi, respirer profondément en pleine conscience ou en cohérence cardiaque et en faisant une micro-relaxation comme des auto-massages.
Isole-toi temporairement et sensoriellement de l’émotion des autres. Si ce n’est pas possible, isoles-toi psychiquement. Une fois dans ta bulle, respire profondément et concentre-toi sur ton ventre qui doit se gonfler à chaque inspiration et se dégonfler à chaque expiration.
Nomme l’émotion. Je t’en avais parlé dans l’édition #7, c’est une étape importante pour retrouver son calme. Car si tu n’es pas capable de détecter tes émotions, tu ne peux pas influencer le cours des choses. Donc s’il y a une tension dans le groupe, identifie quelle émotion se cache derrière elle : du stress ? de la peur ? de la colère ? du découragement ? de la frustration ?
Sors du triangle de Karpman : ne te victimise pas et ne cristallise pas l’action. Ne cherche pas à sauver quelqu’un qui ne veut pas l’être ou n’est pas prêt à se remettre en question. Essaie de comprendre ce qui s’est passé puis de décomposer la pelote de laine. “ Qui a ressenti ressenti l’émotion en premier ? Pourquoi l’a-t-il/elle ressenti de manière si intense ? Pourquoi certain·e·s craquent ? Identifier et comprendre cela va te permettre de réduire ta propre activation émotionnelle. ”
Mais le meilleur antidote à une émotion négative est une émotion positive. Celles-ci ont clairement un effet physiologique. Tu peux donc utiliser l’humour, venir avec quelque chose de bon à manger ou bien décrire simplement la situation en prononçant des petites phrases ramenant au bon sens et à la bonne volonté collective et en nommant l’émotion.
Voilà pour cette édition.
Affectueusement 🌱
Emilie ~ Ma Pause Slow
P.S. si tu es lyonnais·e, que tu veux te libérer de ta surcharge mentale et retrouver ta sérénité, tu peux toujours découvrir mes accompagnements en shiatsu chaque vendredi.

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