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Marie-Andrée Delisle · Apr 21, 2026

E-Nouvelles #5 - La créativité, moteur de bien-être en tourisme

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Marie-Andrée Delisle · Marie-Andrée Delisle

Pourquoi la créativité m’intéresse tant ? Ce fut en partie le sujet de ma thèse sur le tourisme créatif, mais c’est aussi pour avoir moi-même goûté au moment présent obligé ou voulu, lors de lectures ou d’activités créatives. Je me permets d’en parler pour souligner que tourisme et culture sont deux domaines propres à l’exercice de la créativité. Toujours en concordance avec mon désir d’apprendre et de partager!

CRÉATIVITÉ : DES DÉFINITIONS MULTIPLES … QUI SE COMPLÈTENT!

La créativité, c’est une faculté que nous avons tous d’imaginer, d’innover et de s’inspirer autant dans des situations matérielles ou concrètes que dans des dynamiques individuelles ou collectives, économiques ou culturelles. Dit simplement, ça définit toute personne qui crée quelque chose à partir de rien grâce à ses propres idées, comme de trouver une solution inédite à une problématique quotidienne.

Aspect fondamental de l’être humain, la créativité n’est donc pas exclusivement reliée à faire de l’art. Chacun.e possède cette faculté, mais c’est comme un muscle, il faut l’exercer. Ça demande de prendre du temps pour le perdre différemment! Le talent, ça peut aider, mais ce n’est pas indispensable. C’est plutôt se donner l’envie de faire quelque chose pour vivre dans l’instant, le temps de se rebrancher sur soi.

CRÉATIVITÉ ET SOURCES DE BONHEUR

Pleasure is always derived from something outside you, whereas joy arises from within.’ Eckhart Tolle

Ah, la fameuse quête du bonheur…! Laissez-moi vous parler de ces deux bonheurs, la joie et le plaisir, chacun amenant des satisfactions complémentaires dans la vie. Car les deux approches rendent heureux.

Pour ma recherche doctorale, j’ai souvent effectué des lectures sur la créativité, ce qui m’a fait dévier vers la notion de bonheur qui nous envahit lorsqu’on crée quelque chose. C’est ainsi que j’ai ‘rencontré’ le philosophe Aristote (IV s. av. J.-C.) qui m’a éclairée sur les sources du bonheur par son invention du mot eudémonisme et sa distinction d’avec celui d’hédonisme. Eudémonisme? Quel mot nouveau! Voici en résumé ce que j’ai lu sur le sujet. Qu’en pensez-vous?

Si ça vous intéresse, je vous joins deux articles qui en parlent (en anglais) :

Eudaimonism and hedonism happiness et What is eudaimonic happiness ?

CRÉATIVITÉ ET PYRAMIDE DES BESOINS

J’ai pensé revoir la Pyramide de Maslow à savoir s’il y avait un lien avec l’eudémonisme d’Aristote. Ça m’a ramenée à un article dans lequel j’y faisait référence dans mon E-Nouvelles de 2013: La théorie de Maslow, adaptée au tourisme. J’y soulignais que la recherche d’expériences mémorables attire du même coup des personnes soucieuses de l’environnement, du respect de la culture locale et de développement durable.

La Pyramide de Maslow reflète cinq niveaux de quête de bonheur, alors que le modèle Barrett intègre deux autres niveaux qui rejoignent davantage la pensée d’Aristote.

Pyramide de Maslow Les Sept Niveaux de Conscience de R. Barrett

MOMENT PRÉSENT ET BIEN-ÊTRE CULTUREL

On associe de plus en plus la culture au bien-être. L’OSM propose de la Musique sur ordonnance, comme quoi la culture fait du bien! En collaboration avec l’association Médecins francophones du Canada, ce partenariat permet aux médecins membres œuvrant à Montréal de « prescrire à leurs patientes et patients un concert de l’OSM, leur donnant accès gratuitement à une expérience musicale vivante et à un levier complémentaire de bien-être et de santé. » L’ordonnance inclut également un billet gratuit pour la personne accompagnatrice.

Parallèlement, un article de La Presse renchérit sur le sujet en dévoilant un projet pilote qui étudie l’impact d’une visite au musée comme source de bien-être. À lire : Trouver refuge dans les musées, pour notre bien-être (Photo Charles William Pelletier)

Poursuivez ! Le lien avec le tourisme arrive enfin!

CRÉATIVITÉ ET DÉVELOLPPEMENT LOCAL

Les plus grandes opportunités de développement soutenable se situeraient davantage dans les petites villes et les villages plutôt que dans les grandes. Ce virage coïnciderait avec la période chaotique actuelle en répondant à une quête existentielle et au désir de ralentir en explorant le monde différemment, loin des foules.

Nature, aventure, culture québécoise (ou l’art de faire, de produire, de chanter, de se rappeler, de ‘gastronomer’, de fêter ….) et interactions avec la communauté locale, sont autant d’angles à explorer pour correspondre à l’évolution et au sens alternatif à donner au tourisme, aussi bien pour les visiteurs que pour les visités.

Mais comment faire ? Proposer une offre plutôt que de répondre à la demande!

Élaborer des demi-journées, structurer des itinéraires régionaux clés en main, développer des thématiques tout en conservant le caractère distinctif de chaque lieu. Concocter des complémentarités entre des sites d’hébergement et/ou des modalités de transport avec des activités culturelles, des découvertes en nature, des sentiers, des marchés, des histoires, des productions locales, et des ateliers créatifs, exigerait de développer ou d’enrichir tout un réseau. Il existe de louables et nombreuses initiatives qui achoppent souvent dans leur étape d’opérationnalisation par manque ou méconnaissance des rouages touristiques, à savoir comment passer de l’idée ou du projet à son implantation.

Répondre aux qui, quoi, quand, comment et pourquoi permet de préciser à qui on s’adresse, quels sont les acteurs en jeu et quel est leur rôle afin de mettre en place les étapes de forfaitisation, de promotion et de commercialisation. Instaurer des expériences locales et régionales hors des sentiers battus contribuerait à accroître les retombées socioéconomiques, à consolider les connaissances et les compétences des petites entreprises et des acteurs locaux et à s’approprier les bases de fonctionnement de l’industrie touristique.

Mais à qui reviendrait ce rôle unificateur? Au milieu municipal, au milieu communautaire, au milieu culturel, au milieu touristique ((hébergements en forfaits, attraits, activités) ou aux forfaitistes? Bonne question! Voir une piste de réflexion amenée par la démarche sur le terrain de La Caravane itinérante en Provence en référence dans la conclusion.

CRÉATIVITÉ ET MOBILITÉ

Plusieurs régions associent la notion de mobilité à la venue de visiteurs. Pour faciliter l’accès à de nouvelles offres touristiques, des services de navettes et de covoiturage pourraient donner accès à de nouvelles expériences en proposant des itinéraires clés en main, en partenariat avec des activités et des hébergements locaux. Quelques associations touristiques y ont vu l’opportunité de faciliter les parcours avec

Allons Covoiturage, une nouveauté sur le marché québécois, maintenant présente dans quatre régions touristiques: Lanaudière, Laurentides, Montérégie, Estrie.

CRÉATIVITÉ COMME DANS TOURISME CRÉATIF

Quand les mains sont occupées, le cœur est serein! Akira Yoshikawa, maître origamiste

Se placer dans une situation de créativité serait un antidote à l’anxiété et au stress, à la fatigue, à l’isolation et à la solitude, comme une parenthèse d’abandon au moment présent. Cela répondrait à un désir de développer son potentiel, de l’actualiser, de l’améliorer, de le faire croître. C’est aussi développer ou entretenir sa curiosité et son sens de l’observation.

Un tourisme créatif sert à l’épanouissement du tourisme culturel. Il bénéficie au visiteur comme au visité et requiert peu d’infrastructure. Il inspire afin que rien ne se perde : mots, expressions, identité, musique, vision, relation au territoire, perpétuation des savoirs, discours vivifié, dynamisé, revitalisé par de nouveaux récits. Il force à innover!

Il allie l’opportunité d’exercer sa créativité à celle de s’initier à une expérience culturelle locale en s’inspirant du lieu et de sa communauté. Il s’insère dans une pratique régénérative, responsable et soutenable qui attire des participant.es davantage conscientisés à l’exercice d’un tourisme lent, à petite échelle, et à la recherche d’alternative à la consommation de masse. Ce marché de niche répond à l’intérêt des visiteurs concernés par l’environnement, la culture, les initiatives et les retombées socioéconomiques locales.

Cette approche des besoins humains est encore trop peu utilisée dans le développement d’une offre touristique au Québec.

Un tourisme créatif ne pourrait-il pas s’avérer comme étant une source de bien-être génératrice de bonheur? Pourquoi ne pas intégrer les sources de bonheur eudémonistes et hédonistes dans l’élaboration d’expériences culturelles touristiques ?

Une destination qui fait vivre des moments qui demeureront dans la mémoire vivante donnera le goût d’y retourner, de refaire l’expérience ou de la recommander à d’autres! En termes de marketing, ce serait gagnant! Quelle différence notable d’avec une activité scénarisée et standardisée pour les masses.

CRÉATIVITÉ EN ACTION : TROUVER DU TEMPS POUR … SOI

Que l’on soit autodidacte, amateur.e, ou simplement en quête de vivre des ‘wow’, des ‘flow’ ou des découvertes sur soi, plein de ressources s’y prêtent:

CONCLUSION

Un autre tourisme est-il possible ? Ou doit-on plutôt miser sur la créativité pour le ramener dans le giron du possible ?

C’est aux professionnels et acteurs du tourisme et de la culture à retenir cette composante. Les implications pratiques résulteront d’un attachement des visiteurs à la destination.

Concevoir une expérience mémorable n’est pas un exercice de touristification. Il s’agit plutôt de lui adjoindre de la valeur par une dynamique à créer en concordance et en cocréation avec le milieu visité, d’où l’importance du réseautage.

On pourra substituer le mot valise « régénération » par le mot parler « réinvention ». Car avant de commencer à régénérer, il faut réimaginer le territoire, l’analyser et le réfléchir avec la contribution de l’ensemble des acteurs de chaque lieu, tel que décrit dans le travail de terrain de La Caravane en Provence :

À écouter, la démarche sur le terrain de La Caravane itinérante en Provence dans un balado de Tourisme Xperientiel. Regard frais sur le développement des villes et villages, qui redéfinit le rôle des offices de tourisme : un 35 minutes bien investi! La Caravane

L’effort fourni pour rendre une expérience mémorable distinctive s’insère conséquemment dans la mise en place d’un tourisme responsable et engageant, ce qui donne tout son sens au tourisme de proximité. À cet égard, la créativité au profit du tourisme et de la culture serait-il une avenue thérapeutique en mesure de sauver le tourisme de la frénésie.?

Merci d’avoir pris le temps de me lire. Vos commentaires sont toujours bienvenus! Entretemps, n’hésitez pas à partager! À bientôt!

Prochain sujet: Qu’est-ce qu’un atelier créatif mémorable ?

Marie-Andrée Delisle, PhD

Chercheur et analyste - Stratège en développement touristique et culturel

https://linkedin.com/in/madelisle/

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Read the original on madelisle.substack.com

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