Je suis de la vieille école, ça doit aller avec l’âge ! Je fais des fautes, je ne vois pas toutes les coquilles malgré plusieurs relectures. Tout ça pour dire que je n’utilise que mon intelligence humaine et non pas artificielle, mais évidemment, c’est plus long! Ça donne un autre ton au style d’écriture. Ça demeure imparfait, mais c’est humain.
LA NOTION DE PROXIMITÉ, DE QUOI PARLE-T-ON ?
C’est un terme assez récent dans le vocabulaire du marketing touristique. Et c’est en grande partie lié à la période de pandémie des années 2020 à 2022 avec la fin de l’état d’urgence. La COVID a aussi donné lieu à de nombreux articles académiques sur le potentiel de réingénierie du tourisme en vue de réinitialiser les bases de cette industrie paradoxale de par ses impacts négatifs, malgré son apport à la diversification économique des destinations.
Pendant cette période, plusieurs ont découvert leur Québec, la proximité se définissant plutôt comme distance plus accessible à tous points de vue. On venait d’élargir la voie à de nouvelles approches de tourisme soutenable, régénératif et créatif, tout en stimulant l’achat local.
Dans plusieurs régions, le tourisme de proximité n’avait jamais été vu comme un outil de développement local. Qui veut faire du tourisme chez soi ? Ça n’avait jamais été populaire ou attractif, peu intéressant comme cible et peu payant à l’origine. Ça vient de changer!
Brièvement défini, le tourisme de proximité réfère à des activités associées à une courte distance du lieu de résidence, que ce soit au travers de sa propre ville, de son village ou de sa région. On lui attribue les bienfaits du tourisme local, un tourisme économe d’émissions de gaz à effet de serre, où la communauté est mise à contribution dans la régénération de ses ressources locales.
PROXIMITÉ POUR QUI ?
Avec qui partager sa couleur, sa culture ? D’abord pour et par les résidents qui vivent eux-mêmes des expériences liées à leur territoire et à leurs lieux chouchou, à leurs commerçants préférés, à leurs producteurs créatifs, à leurs personnages et à leurs histoires. À partager avec leurs voisins et leurs familles, avec des visiteurs, des excursionnistes, des résidents de villes et villages environnants, des réseaux d’amis, des membres élargis de parents, des collègues, sans oublier les travailleurs nomades de la région. Quel potentiel d’opportunités pour un développement local créatif !
Ça me rappelle Jane Jacobs (1916-2006), pionnière de l’urbanisme citoyen, qui a inspiré les célèbres Promenades de Jane (Jane’s Walk), toujours en cours, en vue d’allier conversations, découvertes et occasions de nouvelles amitiés. Promenades de Jane
Il y a aussi des thématiques rassembleuses comme la photographie. L’organisateur des Photowalk Montréal attire mensuellement des amateurs armés de caméras ou de cellulaires, en nous faisant visiter un quartier hors des sentiers connus. On y fait d’une pierre quatre coups : apprentissage, observation, créativité et rencontre d’intérêts communs ! PhotowalkMontréal
PROXIMITÉ ET IMMERSION CULTURELLE
La curiosité, ou soif d’apprendre, serait la motivation première pour devenir un.e touriste chez soi, le temps de quelques heures. C’est découvrir ou redécouvrir son propre patelin par différents points de vue et par des aspects inconnus d’un environnement familier.
Tout s’y prête car personne n’est expert en son propre territoire. Paysages, architecture, histoires du quartier ou du village, personnages politiques et littéraires, expositions, noms de rues, activités créatives, expériences culinaires, ateliers d’artistes, art public, activités fermières, sont autant de sujets capables d’aiguiser notre regard et étancher notre soif d’apprendre.
Ajoutez-y un arrêt café ou bar local, un.e artiste à entendre, un producteur à rencontrer, une discussion entre voisins et l’expérience devient un mode de visite créatif. ‘Adélard’ l’a bien compris en proposant des activités aptes à rassembler des résidents et des visiteurs de proximité. Adélard
TOURISME DE PROXIMITÉ - TOURISME D’EXPÉRIENCES
Ce type de tourisme alternatif a aussi été porté par la notion de tourisme lent. Et par la nouvelle image d’un tourisme d’expériences. Autrement défini, le tourisme de proximité est un mélange d’étrangeté et de familiarité, mais surtout de désir ou de curiosité d’en apprendre sur son milieu de vie.
Qu’on parle de culture ou de nature, d’architecture, d’histoire ou de lieux cachés, les visites de proximité constituent une intervention entre l’individu et la place, le lieu, le territoire. C’est une opportunité d’exploration, un clin d’œil sur une réalité qui, à l’aide d’un.e guide ou d’un.e éclaireur-euse, densifie l’expérience, enrichit les perceptions et favorise l’échange de questions/réponses.
Ici, un exemple qui pourrait faire mouche partout sur le territoire québécois. Initié par Tourisme Baie-James en 2023, le projet VäHumania™ sollicite la contribution des membres de sa communauté à joindre un « réseau d’animateurs d’expériences touristiques humaines™, ou encore créer des Escapades jamésiennes™ ». Un réseau à découvrir : Devenez VäHumania
Dans la même veine dans les Cantons-de-l’Est, les citoyens de Richmond ont testé un nouvel espace en devenant des acteurs actifs d’accueil touristique. « De février à septembre 2025, des habitants ont co-créé une programmation d’activités au bureau touristique : conférences, ateliers, balades, visites guidées …» Détails en bref ici.
Ces nouvelles approches d’accueil s’arriment bien avec le développement du tourisme lent. La ruralité serait-elle la destination touristique de demain? Avec de nombreux exemples concrets, le récent Livre blanc de l’organisme Slow Tourisme Durable amène une belle réflexion sur ce sujet. De quoi raviver la créativité du milieu culturel et touristique ! Disponible gratuitement : Slow Tourisme Durable - Livre blanc
PROXIMITÉ ET NATURE
A-t-on suffisamment exploré le potentiel de nos paysages urbains et ruraux ? De multiples croisements peuvent faire vivre l’environnement autrement par des thèmes de nature, de paysages, de sentiers, d’art public, etc. Et on pense trop peu aux observations nocturnes de ciels étoilés et d’aurores boréales!
L’organisme Les Amis de la Montagne propose plusieurs parcours guidés de découvertes du mont Royal à chaque saison avec des sujets toujours aussi captivants : visite de ses trois sommets, végétation, géologie et faune, nature et bien-être, bain de forêt, patrimoine historique, ainsi que des randonnées pédestres avec des guides interprètes. Ici, une idée de la programmation annuelle et saisonnière : Le mont Royal - Programmation grand public et Le mont Royal - Activités cet hiver
Et que dire de visites en nature sans voiture ! Navettes Nature (NANA) propose un transport collectif vers les parcs et attraits touristiques des plus populaires régions du Québec, dont le calendrier varie selon les saisons. Navette Nature
Pourquoi ne pas y attacher des expériences culturelles avec de nouveaux services NANA? En partenariat avec la MRC des Laurentides, NANA propose maintenant une navette touristique vers plusieurs municipalités, avec départs dans le temps des fêtes puis les samedis jusqu’au 21 mars 2026. Attention, sa popularité demande qu’on s’y prenne à l’avance! Navette touristique
PROXIMITÉ, VIABILITÉ ET COMMUNAUTÉ
L’activité touristique de proximité privilégie la mise en place d’une économie circulaire, en mesure de favoriser un ancrage territorial et d’encourager un soutien au développement de projets communautaires.
La notion de communauté prend du galon. On en parle de plus en plus et on l’associe souvent à sa contribution de mise en tourisme d’expériences à découvrir. Être créatif, c’est aussi identifier ses ressources locales et leur donner un coup de balai en les régénérant « du dedans ». : renipper, se renouveler, saisonnaliser, utiliser les forces vives et provoquer des partenariats, des alliances entre nature, culture et créativité.
Dans son message posté le 20 juin dernier sur sa page Facebook, VäHumania™ présentait six expériences immersives humaines sur son territoire jamésien : Escapades jamésiennes . Bel exemple de créativité à partir des ressources locales et régionales!
PROXIMITÉ ET FORFAITS
Il existe peu de forfaits créatifs clés en main au Québec. On voit plutôt des propositions axées sur le sport ou le plein air, les spectacles, les attraits tels que des musées, la gastronomie, les marchés ou encore les séjours de bien-être ou les forfaits romantiques. Pourtant, des séjours en hébergement pourraient être complétés par des stages, des ateliers créatifs, des conférences, des sentiers interprétés, des cours en métiers d’art, en art visuel ou en art numérique. Des échanges avec des artistes locaux ou des activités en lien avec des ressources locales par des experts du milieu en culture, en environnement ou en nature, enrichiraient l’offre actuelle tout en ciblant de nouvelles clientèles. Autrement dit, jardiner ces liens pour enrichir sa récolte !
PROXIMITÉ ET PARTENARIATS
Établir des dialogues encourage le processus de développement régénératif, vise la rétention des visiteurs, favorise la désaisonnalisation, encourage la mutualisation des ressources et des compétences et étoffe le développement de l’offre par des expériences touristiques créatives.
Le développement du Pôle M: Innovation sociale touristique, piloté par Tourisme Mauricie et MTLab, avec le soutien du ministère du Tourisme du Québec en est un bel exemple. En octobre dernier, un atelier regroupait divers secteurs touristiques mauriciens : partenaires touristiques, festivals, attraits culturels, auberges, artisans, milieux culinaire, académique et numérique, dans une démarche de co-construction. La région vient de lancer un appel à projets à impact social : toute une innovation! Pôle M - Tourisme Mauricie et MTLab
PROXIMITÉ ET SEGMENTATION DE MARCHÉS
Les nouveaux outils tels que les agents conversationnels (chat box) et la segmentation par marketing numérique permettent d’éviter de promouvoir une offre pour tous. Un meilleur ciblage de visiteurs offre l’opportunité d’explorer des marchés de niche. Et ce, sans aller bien loin en se concentrant dans un rayon pouvant atteindre des clientèles de 50 à 100 km de proximité locale ou régionale.
On peut penser à des cibles comme des propriétaires de deuxième résidence, des résidents temporaires, aux excursionnistes, aux travailleurs autonomes, aux nomades numériques, ou encore identifier des intérêts selon l’âge, les intérêts, le statut (familles en mode partagé, célibataires, etc.). À promouvoir avec des partenaires de promotion touristiques et institutionnels, comme les MRC. Le défi sera d’éviter de reproduire les exemples d’ailleurs en misant sur la créativité et la distinctivité!
LES GRANDS REMOUS 2026
Événement touffu, qui se prête bien au développement du tourisme de proximité, Les Grands Remous 2026 affiche une programmation audacieuse, tant les sujets sont denses et variés. Ça se passe à Québec les 4 et 5 février 2026.
CONCLUSION
Le sujet de ce E-Nouvelles ramène le tourisme culturel et créatif en avant plan, dans un contexte de découvertes à proximité. Comment s’en inspirer?
Merci d’avoir pris le temps de me lire. Vos commentaires sont toujours bienvenus ! Entretemps, n’hésitez pas à partager! Bonne lecture et à bientôt!
Prochain sujet : La créativité !
Marie-Andrée Delisle, PhD Chercheure et analyste - Stratège en développement touristique et culturel https://www.linkedin.com/in/madelisle/
Numéros précédents: https://madelisle.substack.com/archive
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