Dernière édition avant de passer 10 jours loin de mon ordi.
Il y a 2 ans, une boîte de marketing direct me contacte pour une mission récurrente en copywriting. Ils cherchaient quelqu’un avec une sensibilité en narration.
Dès le jour 1, je remarque qu’ils n’ont ni un problème d’écriture ni d’offre ni de volume. Rien de tout ça. Ils ont un problème d’idée. Ou plutôt : d’absence d’idée.
Rien ne les différencie de leurs concurrents. L’entreprise n’a aucune direction.
Le lien avec l’audience est purement transactionnel. Ce qui fonctionnait durant le Covid quand tout le monde était en ligne et prêt à dépenser de l’argent pour s’occuper.
Ce n’est plus le cas.
Je donne mon point de vue mais comme j’ai été engagé pour écrire - en gros exécuter - ils me font comprendre que je suis bien gentil mais ce ne sont pas mes affaires.
Enfin, ça ressemblait plus à : “oui c’est pas faux, mais on s’en occupera plus tard. On a d’autres priorités. Au travail !”
Travail qui n’aura duré que 3 mois.
Ce qui est cool quand tu as une newsletter, c’est qu’il suffit d’un ou deux mails pour retrouver un client. Mais je m’aperçois aussi que, ironie du sort, je fonctionne comme eux.
Je vends une compétence. C’est du transactionnel.
Je sens qu’avec l’IA, je ne vais pas durer longtemps. D’ailleurs quand je pars, personne ne me remplace. Traduction : remplacé par chatgpt.
Grosse crise identitaire.
Je me replonge dans mes missions passées, me demande ce que mes meilleurs clients faisaient de différent et m’éduque sur le sujet de la stratégie. Je remarque que les grandes marques font tout l’inverse de ce qu’on fait en tant qu’indépendant.
A savoir : commencer par une compétence, la proposer à une audience (le fameux “je fais X pour Y”), puis créer du contenu pour exister et appeler ça personal branding.
Positionnement, stratégie, offre, communication - everything.
Exemples célèbres que j’ai déjà cité mille fois mais comme ça on se comprend…
Nike. Si tu as un corps, tu es un athlète. On ne fabrique plus pour les pro uniquement, mais aussi pour les coureurs du dimanche. Les amateurs. Just do it !
Apple. La technologie devrait servir à exprimer notre personnalité, à créer, et pas juste à produire plus. Think Different.
Autre ironie du sort : c’est exactement ce que je faisais en agence. Mon métier était concepteur-rédacteur. Je trouvais des concepts, donc des idées, et je les racontais.
Les créatifs savent créer pour tout le monde sauf eux-mêmes.
Mieux, je m’aperçois que…
Les références de leur domaine ont basé toute leur réputation sur UNE idée.
D’autres exemples connus…
Marie Kondo. Idée : on trie ses affaires non pas selon leur utilité ou ancienneté, mais en se demandant si elles nous mettent en joie. Spark Joy.
Seth Godin. Le marketing d’interruption est mort, ce qui fonctionne c’est de demander la permission. Permission marketing.
Donald Miller. Idée : la marque n’est pas le héros mais le guide, seul le client est le héros. StoryBrand.
Dans Avatar, Jake disait que parfois toute une vie se résume à un geste fou.
Pas une compétence, pas une expertise. Marie Kondo range sans doute bien, comme plein d’autres personnes.
Donald Miller n’est pas le seul à proposer un message clair.
Ensuite, tout le business est construit autour de ce point de vue. Nike qui invente une nouvelle semelle révolutionnaire. Ce n’est pas l’innovation qui est intéressante en soi, mais le fait qu’elle matérialise un point de vue.
Apple qui injecte du style dans ses produits.
Dans le service, on matérialise un point de vue par une méthode, un process. La méthode KonMarie, le StoryBrand framework, etc.
Bon, ça c’est le next step.
Ma première idée était assez abstraite et au début personne ne comprenait : le récit est la stratégie. Mais elle venait de mon vécu. Quand je racontais une bonne histoire sur le futur, elle devenait toute la direction de la boîte. Parfois, de nouveaux produits étaient même créés.
Je me suis dit, c’est étrange.
Durant les 2 premiers mois, personne n’a compris. C’était pas la plus facile à saisir. Mais un jour un fondateur d’une agence de conseil prend un rdv sur mon Calendly. Il me dit adorer ma perspective et qu’il a lui aussi besoin d’un narratif.
Alors que mes devis précédents plafonnaient à 3K, je signe ma première mission à +20K.
Pour la première fois, moi le créatif, je suis invité à la table des décideurs, on écoute tous mes conseils. Mes compétences sont restées les mêmes, le volume de travail aussi, mais on vient d’abord pour mes idées.
Aujourd’hui, je ne sais pas si je suis copywriter, narrateur, stratège, email marketer, je m’en tape. Personne ne vient vers moi en cherchant un copy.
Les prospects viennent parce qu’ils adhèrent à ma manière d’aborder un problème et ils veulent travailler avec moi.
L’idée que je défends aujourd’hui, parce que je l’ai vécue dans ma chair, est la suivante :
Next step : fais-en un framework ou une méthode, puis raconte-la.
C’est ce que je transmets aux 10 membres de StoryClub ou dans mes accompagnements 1:1 avec des consultants, coachs ou créatifs.
Si tu veux nous rejoindre en août et préparer la rentrée, je prends quelques calls lundi avant de partir en vacances. On en discute avec plaisir, juste ce n’est pas pour les débutants.
Bref, je sais qu’on trouve nos meilleures idées loin de notre ordi donc peut-être que tu seras aussi sur une petite île entre la Corse et la Sardaigne. Ou ailleurs.
Allongé sur un transat’, un Limoncello Spritz dans une main, un roman dans l’autre, laisse ton inconscient répondre à la question : pour quelle idée je veux être connu ?
Quelle idée suis-je prêt à défendre publiquement ? Quelle phrase je pourrais imprimer sur mon t-shirt et en faire ma photo de profil ?
En attendant, je te souhaite de belles vacances. Bien reposantes.
De mon côté, c’est la première fois que je pars avec mes deux enfants, je crois que je me reposerai à mon retour :)
Loris
P.S. - Campari Spritz c’est ok aussi.
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