N’hésitez pas à m’écouter si vous n’avez pas le temps de me lire, j’ai enregistré une version audio pour vous ! J’espère que ce texte vous donnera le sourire au milieu d’un été bien chargé en nouvelles apocalyptiques. Pensée à tous ceux qui fuient leurs lieux de vacances ou leurs maisons pour échapper au feu…
Patienter (verbe intransitif) : Attendre avec patience ; savoir attendre sans s’impatienter. J’ajouterais à cette définition du dictionnaire, Patienter c’est attendre sans buter tout ce qui bouge autour de soi ni se métamorphoser en misanthrope. Patienter procure une sensation aussi agréable qu’une brûlure au troisième degré sur laquelle on viendrait verser de l’acide. Voilà ce que j’ajouterais, dans le dictionnaire, si je devais définir le fait de PA-TIEN-TER. Serais-je légèrement irritée par le fait d’attendre ? Hum comment dire… Depuis quelques mois, la vie me propose de développer une nouvelle compétence. À chaque exercice décliné par le hasard – ou le Cosmos ? – je tente de trouver un raccourci comme on trancherait une tête de l’Hydre. Or toutes mes gesticulations me font revenir à la case initiale du jeu de la vie : « En 2026, la PATIENCE, tu apprendras. Que cela te plaise. OU NON ». Message bien reçu, merci.
Je suis donc installée dans une salle d’attente. J’attends qu’une porte s’ouvre vers le prochain chapitre de ma vie. Je ne suis pas toute seule dans la pièce. Il y a des vieux fantômes et des visages de mon passé, des peurs archaïques et des angoisses oubliées. Parfois, une apparition de l’adolescente que j’étais. Il n’y a pas un magazine à lire et le réseau wifi ne marche pas. Inutile de commencer un roman, mon niveau d’attention est au point zéro. Je suis condamnée à patienter sans distraction ni détournement. Cette sensation est née le 1er janvier 2026. Un compte à rebours s’est enclenché inconsciemment dans mon cerveau. Je suis née en 1976. Le 21 août prochain, j’aurai donc 50 ans. Quatre ans de plus que mon père qui est mort d’un cancer du cerveau à 46 ans. Je devrais donc me sentir chanceuse. Fêter son anniversaire, c’est célébrer du rab de vie à la cantine de l’existence. « Même pas peur » répétais-je mentalement ces dernières années. Je fais du sport, je mange sainement, je prends soin de ma santé, je ne bois pas d’alcool, je ne fume pas, je médite, j’ai toujours plein de projets et j’ai des copines inspirantes qui ont dix ans de plus que moi et qui sont des bombes atomiques. « C’est juste une année de plus, un chiffre insignifiant » disais-je à moi-même lorsque j’étais rattrapée par des pensées fugaces du genre « 50 ans, c’est viiiiiieux quand même ! ». Dans le TGV, l’autre jour, il y avait un groupe de personnes de plus de 85 balais. Dos voutés, difficultés à se déplacer, cheveux parsemés couleur neige et peau mouchetée de taches pigmentaires. Celle qui avait l’air le moins mal en point aidait ses copains à tirer leurs valoches vers le carré familial. Je me suis levée pour filer un coup de main. Les mecs équipés de sonotone m’ont dit fièrement qu’ils avaient 91 ans. Ils étaient hyper mignons tous les quatre mais bien claqués. Et je me suis dit : « Voilà ce qui t’attend. Eux, c’est toi, demain ». Ne jugez pas mes pensées, je sais qu’elles sont aussi mesurées qu’un marseillais parlant des résultats de son club de foot. Parfois, je me fais rire toute seule à les écouter. D’autres jours, je n’ai ni l’humour ni le recul.
J’ai démarré l’année en établissant une liste de ce que j’avais envie de réaliser en 2026 et de mes souhaits… en dehors d’un projet littéraire, je me suis aperçue que j’avais surtout envie de ne plus travailler. Je viens de passer une décennie à donner des cours, à prendre soin des autres, à m’agiter et je me suis dit qu’il était grand temps de passer à une nouvelle expérience : rentière d’un héritage mystérieux. « Oui, Bonjour Madame Barbery, on vous appelle au sujet de la succession. C’est votre arrière-grand-tante dont vous n’avez jamais entendu parler : elle n’avait aucun descendant direct en dehors de vous et a décidé de vous léguer son immense fortune pour que vous n’ayez plus jamais un orteil à lever… » Blague à part, je me suis dit que puisque mes envies professionnelles manquaient de clarté, il me fallait créer du vide dans mon agenda pour laisser la vie me surprendre à nouveau. J’ai commencé par supprimer l’enseignement de mes cours le lundi soir et l’enregistrement chronophage de mes cours sur ma plateforme. J’ai espéré que ma formation Pilates raviverait mon désir d’enseigner. Pas du tout ! J’ai préparé un email pour programmer de nouvelles retraites. J’ai oublié de l’envoyer. Un acte manqué qui m’a fait réaliser que j’avais vraiment besoin d’une pause. En mars 2016, j’ai démissionné sur un coup de tête de mon poste de journaliste à M le magazine du Monde sans avoir établi la moindre stratégie pour mon avenir. Pile dix ans plus tard, j’ai, sans préméditation, rendu mon tablier de prof de yoga. Pour moi, il ne s’agit pas seulement d’un tapis que j’ai roulé et rangé dans un placard. C’est une identité qui m’a fait connaitre. C’est peut-être d’ailleurs grâce à elle que vous me lisez à cet instant. Est-ce que ça me manque de ne plus enseigner ? Non, ce sont mes élèves qui me manquent et la joie de les retrouver. Est-ce que ça me fait peur de laisser partir ce chapitre de ma vie ? Oui, autant que lorsque j’ai quitté la presse écrite. Est-ce que j’ai la certitude que j’ai fait le bon choix même si c’est très inconfortable en ce moment et que je suis coincée dans ma salle d’attente sans savoir quelle porte va s’ouvrir ? Oui, j’en suis convaincue.
En avril, je me suis cogné le pied dans un coin de table et je me suis fracturé mon 4e orteil gauche à quatre endroits. Une partie de ma propre prophétie venait de se réaliser : il ne m’était plus possible de lever mes orteils. Ni de marcher. Ni même d’avoir un drap posé sur ma peau tellement c’était douloureux. « Allo le Cosmos, ici Lili. C’est pourri, c’est pas du tout ce que j’avais demandé, on s’est mal compris. Moi j’ai demandé un héritage avec plein de thunes sans effort, pas un alitement qui me prive de ce que je préfère faire dans la vie ». Zéro réponse mais un alitement forcé qui m’a privé de déplacement pendant trois semaines. Coincée devant mon ordi, j’ai terminé d’écrire le truc que j’essaie de finir depuis trois ans. Puis, j’ai repris la marche à cloche pied et quelques séances de sport. Très vite, des douleurs articulaires sont apparues, simples conséquences de mon déséquilibre. Comme j’en avais ras le cul des sueurs nocturnes, des nuits qui s’interrompent brutalement à 4h du mat et de mon hypersensibilité (les joies de la périménopause), j’ai fini par tester un traitement hormonal de substitution qu’on m’a prescrit il y a six mois « en cas de besoin ». Trop tôt ou trop dosé, les bénéfices ressentis aux premiers jours se sont accompagnés de saignements continus et de douleurs aux seins et j’ai été obligée de stopper illico l’expérimentation in vivo. « Patieeeeeeeeence » ont rugi les Dieux de l’Olympe.
On m’a recommandé de prendre rendez-vous avec une gynécologue experte en péri ménopause et ménopause (à ce stade je n’arrivais toujours pas à bien comprendre la différence, je me suis améliorée depuis !). Délai minimum pour un rencard avec « la ponte » : 4 mois. Allez, c’est mon année de la patience, ajoutez-moi quatre mois coupés en tranches bien fines s’il vous plait. Je me suis dit qu’en attendant, je devais profiter de ce temps pour me concentrer sur la préparation de mes travaux de rénovation de mon appartement. J’ai reçu une ribambelle d’entrepreneurs début juin pour établir des devis. Nous sommes fin juillet, est-ce que j’ai reçu l’ombre d’une fourchette de prix ? PAS DU TOUT ! « Patiiieeeeeeeence on te dit »…
En juin, j’étais pleine d’entrain. J’ai progressivement repris le sport, pas au rythme d’avant ma blessure, mais avec l’espoir que tout allait s’améliorer. Et puis, BIM, on s’est mangé une canicule qui m’a collée au sol, des cubis de glace entre les jambes, un ventilateur dans la tronche. Une connaissance qui n’avait que 57 ans est morte d’un arrêt cardiaque pendant cette vague de chaleur. Deux amies ont été hospitalisées. J’ai ressenti l’urgence de ne plus du tout bouger. Toujours pas d’héritage en vue mais en plus de l’immobilité forcée, j’ai atterri sur une île aussi angoissante que le jeu d’Anne Hathaway dans l’Odyssée de Nolan (que je n’ai pas du tout aimé mais je n’y consacrerai pas une ligne dans cette newsletter, vu que tout le monde a l’air d’adorer). Les fantômes du confinement sont réapparus dans ma salle d’attente : « Hey ça faisait longtemps qu’on n’s’était pas vu Lili, tu te souviens de nous ? Voici « Fin du monde », « extinction de l’humanité », « guerre de l’eau » et « megafeu » ». J’ai demandé à ma fille comment elle vivait son éco anxiété. Elle m’a répondu avec un flegme déconcertant : « Je suis née dans l’éco anxiété, je n’ai pas connu le monde d’avant dont tu parles avec nostalgie, on est sans cesse en train de me rappeler que tout ce que je vis va bientôt disparaitre. Je crois que suis plus adaptée que toi ». Drop the mic.
Je me suis dit que le concert de Bad Bunny allait régler tous mes problèmes. L’effet antidépresseur de cette soirée incroyable a été de courte durée. Je suis descendue dans les Cévennes retrouver ma rivière adorée. 38 degrés à l’ombre, plus de 40 au soleil dans la journée. Impossible de randonner pour aller se baigner en pleine journée. Je venais de quitter la canicule parisienne pour une autre beaucoup plus féroce. Enfermée de 10h à 18h dans une maison calfeutrée sans réseau téléphonique ni internet car le souffle du vent brûlait ma peau, zéro sommeil la nuit, des moustiques affamés trop contents de voir débouler leur garde-manger à 22h. Je suis rentrée plus fatiguée que je ne l’étais au départ, l’épiderme criblé de démangeaisons, mes trois romans embarqués dans ma valise toujours pas lus, avec, en prime, une nouvelle déprime 3000 après avoir vu le niveau de la rivière qui n’a jamais été aussi bas. « Patieeeeeeeence » Oh hé oh, ta gueule les étoiles, j’ai compris le message.
J’ai bien compris, oui, que j’étais en pleine métamorphose. Ou dans une fin de cycle. En mode essorage. J’ai souvent employé la métaphore du papillon avec mes élèves. Je sais, pour l’avoir déjà expérimentée plusieurs fois, qu’il y a toujours une phase très inconfortable entre la chenille qui bouffe alégrement tout ce qu’elle trouve sur son chemin, son indigestion, la création du cocon, la mort de la chenille et la naissance du papillon. Je sais aussi qu’il n’y a pas de changement sans difficulté. Lorsque tout va bien, on n’a aucune raison d’évoluer. Je connais mes ressources et au fond, j’ai confiance en mes capacités à traverser. Mais punaise, que cette période d’attente est loooongue.
De retour de la canicule cévenole, j’ai retrouvé quoi donc ? Une nouvelle canicule parisienne !!! Un peu moins forte que la précédente, mais une belle épreuve du feu quand même. Au sens propre comme au figuré puisque la sublime forêt de Fontainebleau à laquelle je prête une dimension sacrée a flambé sous nos yeux. Lorsque la température s’est rafraichie vendredi dernier, j’ai eu l’impression de retrouver des milliards de neurones égarés ! Lundi matin, je suis allée voir cette fameuse gynéco-endocrino pour faire le point sur mes différents symptômes. Elle connait en effet bien son sujet et m’a semblé très sérieuse à certains égards. Par exemple, elle m’a prescrit un rendez-vous avec un cardiologue. Lorsque j’en avais parlé avec mon médecin traitant il y a quelques mois, il avait rigolé en me parlant du trou de la sécu, il n’en voyait pas l’utilité. Savez-vous que les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez la femme, bien devant le cancer du sein ? Elle m’a aussi prescrit une densitométrie qui permet de détecter une ostéoporose précoce (là encore, Mesdames, cette maladie touche 39% des femmes de 65 ans et 70% à plus de 70 ans donc cet examen est indispensable autour de la cinquantaine pour anticiper et faire de la prévention). Je ne suis pas peu fière de vous annoncer que mon squelette est plus jeune que mon âge biologique et que ma densité osseuse est impeccable ! Évidemment, j’ai eu droit à un bilan sanguin complet qui montre, encore une fois, que je ne suis pas ménopausée. Et c’est là que ça se complique : mes ovaires bossent toujours et je métabolise des hormones en conséquence. Mais il semblerait qu’elles fluctuent. Et c’est cette variation qui engendre des symptômes inconfortables. La fameuse péri ménopause qui peut durer entre 5 et 10 ans !!! Je n’ai pas de bouffées de chaleur mais j’ai chaud tout le temps (pendant la canicule, c’était comment dire… pénible !). D’une femme à l’autre, les symptômes sont différents. Certaines ne ressentent pas de changements. J’espérais évidemment faire partie de ce groupe. Néanmoins, je me méfie de celles qui disent qu’elles n’ont pas DU TOUT vu la ménopause passer. Je parie qu’elles ont aussi accouché sans douleur. Parce qu’en creusant un peu, elles oublient souvent de raconter qu’elles ont fait une énorme dépression à 52 ans et qu’elles sont encore sous Prozac dix ans après, qu’elles ont complètement perdu leur libido ou qu’elles ont démissionné du jour au lendemain, qu’elles ont eu envie de tout plaquer et ont parfois divorcé pile dans cette période et j’en passe… Chez moi, les symptômes qui sont apparus il y a moins d’un an, par vagues, vont du brouillard mental (La créatine serait d’un grand soutien dans ce cas. Malheureusement, au moment où je l’ai testée à petite dose, j’ai fait une énorme rétention d’eau qui s’est arrêtée lorsque j’ai interrompu la prise quotidienne mais je n’ai pas la preuve que c’était un effet secondaire car les dérèglements hormonaux pourraient en être responsables) à l’envie de pleurer sans raison (comparable aux sautes d’humeur quand on est enceinte) en passant par des insomnies vers 4h du mat avec sueurs nocturnes et l’envie plus fréquente de se relever pour aller uriner en pleine nuit (tellement CHIANT). Certains jours, je suis sacrément déprimée et je n’ai plus goût à rien, c’est vraiment fantastique. Je me dis même que ma vie est foutue et que je n’ai plus aucune ambition. D’autres, mon hypophyse se remet au taf et je retrouve ma nature hyperactive. Ah oui et j’ai les yeux secs depuis deux ans d’où un nombre ahurissant d’infections oculaires (je suis traitée depuis avec des larmes artificielles matin et soir et ça fonctionne bien). Je ne connais pas encore le florilège ultra tabou de la sécheresse vaginale et de la baisse vertigineuse de la libido, j’espère y échapper (il existe des traitements adaptés !). Mais je me rends bien compte que mon corps n’a plus les mêmes réactions qu’avant. En arrêtant le sport pendant plusieurs semaines et en continuant à manger normalement, j’ai pris quelques kilos au printemps. Rien de grave mais le retour progressif du sport et de mes bonnes habitudes ne suffit pas tout à fait, cette fois, à déloger ce poids. « PATIEEEEEENCE » me gueule-t-on dans les oreilles en dolby stéréo.
Il y a six mois, le premier gynéco consulté au sujet du traitement hormonal de substitution m’a dit que mes ovaires étaient encore toniques et actifs. J’ai eu l’impression qu’il me décernait une médaille. Lundi matin, pendant l’échographie pelvienne, j’ai eu droit à un « Mouais, bof, restent plus beaucoup de follicules, c’est pas avec ça que vous allez tomber enceinte ! ». Va savoir pourquoi, alors que je n’ai plus du tout envie d’avoir un bébé, j’ai eu l’impression d’être aussi usée que les gants en latex qu’elle a jetés à la poubelle après m’avoir examinée. Périmé-nopause.. PÉRIMÉE tout court. Déjà que l’arrivée des 50 ans me faisait l’effet d’une date de péremption collée sur le front, ça n’a pas arrangé ma déprime passagère. Ensuite, elle m’a expliqué qu’on allait attendre tous mes résultats pour savoir quand commencer le traitement et à quel dosage. Pour l’instant, mon bilan montre que mes ovaires sont encore actifs, ce qui complique beaucoup la médication. On parle de la « ménopause » comme s’il s’agissait du pire climax de la vie des femmes, alors que c’est finalement la période qui précède l’arrêt total de l’activité ovarienne qui est la plus délicate à gérer. D’autant que sur le papier et selon mes derniers bilans, je produis encore plein d’œstrogènes. Il nous faut donc dénicher des praticiens hyper formés (ils ne sont pas si nombreux en France malheureusement), curieux des dernières publications scientifiques, capables de reconnaitre le faisceau de symptômes de la péri ménopause et d’adapter les dosages et leurs réponses en conséquence. Pour l’instant, je n’en ai pas encore rencontré qui soient à la fois forts sur la partie « dosage hormonal », bons en nutrition ET en micronutrition, capables de délivrer des conseils holistiques (sport, sommeil etc) ET HUMBLES ET GENTILS. Nous sommes toutes différentes et il est visiblement impossible de décliner la même recette pour toutes. Parallèlement, je découvre la maltraitance des femmes en péri ménopause qui n’est que le continuum du manque d’intérêt pour les douleurs de règles, la gestion de la grossesse et du post-partum. On ne m’a pas souvent écoutée une fois les mollets posés dans les étriers depuis ma première visite chez le gynéco il y a quelques décennies. Certaines de mes copines âgées entre 45 et 55 ans sont totalement méprisées par leurs médecins parce qu’elles ne veulent pas prendre de traitement de substitution alors que c’est leur droit le plus strict et qu’il existe des accompagnements alternatifs. D’autres qui réclament le THS - car elles ont l’impression de devenir folles - se voient humiliées par des petites phrases du genre « Vous vous êtes crue chez un dealer ? » ou encore « Si vous n’avez pas de bouffées de chaleur, je refuse de vous prescrire ce traitement » ou « tant que vous ne serez pas ménopausée, je ne vous le donnerai pas ». Ces récits sont véridiques, c’est révoltant, d’autant que cela se passe très différemment en Europe et aux États-Unis, encore une exception française... J’avance progressivement dans ma compréhension du bordel et promis je vous livrerai ce qui m’a aidé au fil de mes découvertes comme je l’ai toujours fait. Ces deux derniers jours, j’ai par exemple eu des conversations passionnantes avec la fondatrice de Days of Confidence qui prépare un super projet pour les femmes ménopausées en France ainsi qu’avec la fondatrice du nouveau centre Menocare à Paris. Il y a fort à parier que des réponses créées par des femmes pour les femmes naissent ici et là dans les mois qui viennent.
En attendant, si vous êtes dans mon cas, parlez-en à vos amies qui sont passées par là et demandez-leur ce qui a fonctionné pour elles. Notez tous vos symptômes et la date de leur apparition pour en parler plus facilement avec votre médecin. Consultez des gynécos spécialistes du sujet, la plupart ne sont pas formés ! Mais pas seulement. Exigez un bilan sanguin régulier auprès de votre médecin traitant en checkant votre ferritine en plus de vos hormones (et en vous offrant, un dosage pour vérifier si vous avez une résistance à l’insuline ainsi qu’un dosage en vitamine D qui ne sont plus remboursés par la sécu), surveillez la densité de vos os chez un radiologue avec une densitométrie, demandez un rendez-vous avec un cardiologue pour vérifier votre santé cardiovasculaire. Trouvez une activité physique qui vous fait plaisir et qui peut vous aider à créer du muscle car on en perd progressivement à partir de 40 ans. La masse musculaire est essentielle pour protéger les articulations mais aussi pour permettre à notre métabolisme de maintenir un poids stable. Quant à l’effort physique, c’est un antidépresseur puissant. Pourtant, aucun des médecins consultés ces derniers mois ne m’a demandé si 1) j’avais une activité physique 2) quel sport je pratiquais alors que cela devrait être la première question posée pour prendre soin de ma santé à long terme. Je remarque également que toutes celles qui maintiennent leur poids dans cette traversée ont troqué le cardio intense pour de la marche quotidienne ou un tapis de marche (j’en ai envie depuis des mois, j’hésite sur le modèle à acheter) et se sont mises à la musculation (avec lever de poids). Niveau alimentation, assurez-vous que vous consommez suffisamment de protéines sans diaboliser le reste de votre assiette : ma satiété a complétement changé lorsque je me suis mise à en manger suffisamment. Évidemment si ça vire à l’obsession, faites-vous aider et fuyez les régimes restrictifs qui finissent toujours par faire grossir. La gynéco consultée lundi m’a proposé de supprimer les diners de ma vie (ainsi que les féculents en dehors d’une tranche de pain le matin)… Meilleur moyen pour moi de développer des troubles du comportement alimentaire, cela m’a choquée ! Ne méprisez pas les compléments alimentaires comme le magnésium bisglycinate le soir, les omégas 3 et la vitamine D le matin (sauf si vous en prenez tous les deux mois en ampoules), du fer si votre bilan sanguin montre que vous en manquez. Si vous supportez bien la créatine (et que vous n’avez pas d’insuffisance rénale), je reçois des retours archi positifs de copines ménopausées qui sont musclées sans être gonflées et qui en prennent une dose par jour (avec la mention creapure) car la créatine aurait des bénéfices sur la cognition mentale. On m’a aussi parlé de champignons adaptogènes (ashwagandha), de pollen et de glycine, de la marque Sérélys mais je n’ai pas encore testé tous ces compléments sur de longues périodes et je n’ai pas encore lu les études qui les concernent donc je ne veux pas me prononcer. La ménopause représente un marché gigantesque et il y a un nombre incalculable de gélules qui ne servent à rien sur le marché donc méfiance ! On m’a aussi beaucoup recommandé l’ayurveda. Je n’ai pas d’avis sur ce dernier point.
Vous l’aurez compris : cette histoire de péri-ménopause n’est pas gratos. Elle exige du temps de consultation, des recherches personnelles ainsi que de l’argent (la consultation avec la gynéco de lundi m’a coûté 190 euros ! Je ne m’en remets toujours pas !!! Ce n’est visiblement pas la crise pour tout le monde !). Pour l’instant, on a beau me dire que ça va être génial une fois que j’aurais traversé cette période difficile et que je me prépare à une phase extatique et une libération globale, je trouve surtout qu’on prend cher, nous, les femmes. Si un mec me demandait « dis, tu recommandes la péri ménopause, t’as essayé, ça en vaut la peine ? » Je lui répondrais « euh, reviens me voir dans quelques mois car là j’ai juste envie de te buter avec tes questions à la con ». C’est dire mon niveau de PATIENCE.
N’empêche que dans ma salle d’attente, j’ai retrouvé aussi pas mal d’humour. Je regarde derrière moi et je trouve que j’ai été drôlement sage et sérieuse pendant mes années yoga. J’ai infiniment besoin de me marrer et de me lâcher. J’écris énormément en ce moment. Des trucs que je ne ferai probablement lire à personne dont une nouvelle érotique torride qui a de quoi réveiller les morts. Je m’autorise des territoires inconnus, ça m’amuse. Je m’autorise à exprimer plus facilement – avec des mots ! - ma colère plutôt que de ravaler constamment ma bile. J’évite scrupuleusement ceux qui font semblant d’avoir une vie parfaite car je ne supporte plus l’inauthenticité. Je suis de moins en moins concernée par l’avis des autres. Il me semble que cette liberté fraiche est le premier grand cadeau de mes 50 ans. Et puis, les vraies vacances approchent et je m’en réjouis. Bientôt l’Eden tant attendu. PATIENCE.
Si vous ne savez pas quoi regarder à la télévision en ce moment, allez sur le site de France télévisions et sélectionnez le film norvégien Julie (en 12 chapitres) (The Worst Person in the world) de Joachim Trier qui date de 2021. C’est une petite merveille et l’actrice Renate Reinsve y est époustouflante. D’ailleurs, elle a obtenu le prix de l’interprétation féminine pour son rôle au festival de Cannes. J’ai adoré ce personnage et j’ai beaucoup pleuré. Quelle poésie…

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