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Lettres Ouvertes · Jun 23, 2026

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Amaury Betton · Lettres Ouvertes

J’ai le plaisir de vous annoncer l’organisation, avec un collègue et ami de la Banque de France, d’une séance exceptionnelle de dédicaces autour de nos ouvrages respectifs.

🗓️ Je serai ainsi heureux de vous accueillir avec une coupe de champagne le vendredi 26 juin, de 16h à 20h, à la boutique Napoléon, située au 10 rue de Beaujolais, à côté du Palais-Royal, où vous pourrez repartir avec un exemplaire signé de mon livre De Rome à la Silicon Valley. Un événement qui résonne avec l’actualité, comme je l’explique dans ma lettre aujourd’hui.

Comme vous pouvez l’observer chaque jour, ma thèse autour de la constitution de nouveaux empires technologiques, incarnés par de grandes entreprises privées, semble se confirmer. Ces acteurs sont désormais incontournables dans la géopolitique mondiale, au point de rivaliser avec des États.

Ces dernières semaines ont d’ailleurs offert de nouveaux exemples de ce pouvoir grandissant sur la scène financière et politique.

1️⃣ Première illustration : le 12 juin, nous avons assisté avec SpaceX à l’introduction en Bourse la plus importante de l’histoire, faisant d’Elon Musk le premier homme à atteindre et dépasser les 1 000 milliards de dollars de fortune.

L’entrepreneur, également à la tête de Tesla, possède désormais une fortune équivalente à environ 1/3 du PIB de la France. Plus frappant encore : selon mes estimations, seuls 10 à 13% des nations du monde ont un PIB qui dépasse ce chiffre.

Ces deux statistiques nous imposent de réfléchir aux conséquences d’un tel changement de paradigme.

2️⃣ Deuxième illustration : le 17 juin, nous avons vu des dirigeants des nouvelles entreprises de l’IA assis à la table du G7 d’Évian ; Dario Amodei à côté d’Emmanuel Macron, Sam Altman à côté de Donald Trump.

Ces nouveaux monarques 🤴🏻 sont désormais bien plus audibles que les dirigeants politiques, de plus en plus déconsidérés. Certains diront même plus puissants.

Mais l’actualité est aussi venue rappeler que les gouvernants avaient encore un mot à dire. Le 12 juin, trois jours à peine après leur lancement, l’administration Trump a ordonné la suspension de Fable 5 (la version grand public) et Mythos 5 (réservée à un nombre limité d’entreprises), les deux modèles les plus puissants d’Anthropic, pour tout ressortissant étranger, y compris les employés étrangers de l’entreprise elle-même. Motif invoqué : une faille de sécurité (“jailbreak”).

Ne pouvant distinguer ses utilisateurs américains des autres, Anthropic a dû débrancher son nouveau modèle pour l’ensemble de sa clientèle mondiale. L’entreprise est actuellement en discussion avec la Maison Blanche pour les réactiver.

Mais là encore, on peut se demander qui est réellement à la manœuvre. Car c’est Andy Jassy, le patron d’Amazon, qui aurait alerté le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent des risques de cybersécurité posés par Fable 5, une information confirmée depuis par le Wall Street Journal et d’autres médias.

Sans cette alerte impromptue venue du dirigeant d’un autre empire tech, rien ne se serait sans doute passé, ce qui montre une fois de plus leur rôle décisif sur les évolutions politiques.

S’ils peuvent encore édicter des lois 👨‍⚖️, les responsables politiques font face à des contraintes qui entravent fortement leurs actions. Les institutions, qui agissent lentement, ne parviennent plus à suivre le rythme effréné de l’innovation technologique. Qui plus est, le monde politique manque des ressources nécessaires pour évaluer des modèles complexes, l’empêchant de légiférer de manière adéquate.

Les régulateurs sont-ils réellement en mesure de comprendre ce qu’ils régulent ? C’est une épineuse question.

On peut même considérer que Dario Amodei et Sam Altman sont désormais les vrais régulateurs de l’IA. Ce sont eux qui alertent des risques et proposent des recommandations politiques pour éviter les écueils posés par l’émergence d’une technologie aussi disruptive.

Par exemple, Donald Trump semble souscrire à l’idée d’un fonds public, portée par Sam Altman dans un document 📑 de politique d’OpenAI publié en avril, permettant aux citoyens américains de bénéficier financièrement des gains de l’IA.

“Nous discutons de rendre quelque chose au public, et si nous le faisons, le public deviendra très riche”, a déclaré Donald Trump le 10 juin.

Dans un autre registre, le président libertarien argentin Javier Milei a récemment publié une tribune dans le Financial Times pour proposer l’instauration d’une personnalité juridique effective pour des entreprises entièrement gérées par l’IA.

L’historien Yuval Noah Harari lui a répondu dans les colonnes du même journal, en s’appuyant sur l’exemple de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales, pour expliquer le risque de voir émerger des “États-IA”, de manière analogue aux anciens “États-compagnies”. Différence notable entre les deux : les premiers seraient gouvernés par des entreprises non humaines.

Tous ces exemples, sans cesse plus nombreux, montrent que mon livre arrive à point nommé. C’est d’ailleurs en percevant ce changement brutal, l’été dernier, que j’ai voulu l’écrire ✍️ et me lancer dans cette folle aventure.

Dans De Rome à la Silicon Valley, j’explique comment ces empires tech ont pu se développer, et ce qu’ils changent dans notre manière d’investir, de voter, de nous comporter.

Dans les derniers chapitres, j’explore aussi les thématiques du futur, en m’appuyant sur l’histoire des empires : quel sera l’impact de l’IA sur l’emploi ? Pourrait-elle gouverner à la place des humains ? Les empereurs de la tech vont-ils réellement s’emparer du pouvoir politique (Sam Altman a par exemple songé à devenir gouverneur de Californie, et même président) ? Une IA super-intelligente va-t-elle émerger ?

À la fin du livre, j’essaie de répondre à ma problématique centrale : ces nouveaux empires finiront-ils comme leurs prédécesseurs antiques (apogée, déclin, dissolution) ou vont-ils, au contraire, durablement renforcer leur emprise ?

Le sujet prend une telle ampleur ces derniers jours que je songe déjà à un nouveau livre. Il y a tant à dire.

Mais avant cela, j’espère vous voir à ma séance de dédicaces. Ça me ferait très plaisir de vous rencontrer en chair et en os. Si vous ne pouvez pas venir, vous pouvez toujours commander mon livre à partir de ce lien.

Merci de répondre au sondage ci-dessous pour m’aider à anticiper le nombre de participants.

Et si cette lettre vous a plu, un like 💙, une réaction ou un partage aiderait beaucoup Lettres Ouvertes à gagner en visibilité. Un grand merci pour votre soutien.

Je vous souhaite un très bel été,

Amaury

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